mercredi , 23 septembre 2020
Accueil » Actualité » sur Twitter, Donald Trump publie de faux chiffres des morts du coronavirus

sur Twitter, Donald Trump publie de faux chiffres des morts du coronavirus

Plusieurs messages expliquant que 94% des morts américains recensés ne sont pas directement liés au coronavirus ont été effacés par Twitter.

L’affaire a fait grand bruit aux États-Unis, alors que le bilan lié au coronavirus a dépassé les 6 millions de contaminés pour 183.000 morts outre-Atlantique. Le week-end dernier, Donald Trump a partagé sur Twitter deux messages affirmant, à tort, que le Centers for Disease Control and Prevention (CDC), l’agence fédérale en charge de la protection de la santé publique, a revu à la baisse le nombre de morts liés au Covid-19 à 9210 dans le pays, soit une baisse de 94% par rapport aux chiffres officiels.

La capture d’écran du message retweeté par Donald Trump © Twitter

Comme le révèle un article de factchecking de l’AFP, plusieurs messages publiés sur les réseaux américains partageaient ces chiffres erronés, et ont été partagés avec des milliers de retweets. Ils étaient accompagnés de plusieurs tableaux censé illustrer ces chiffres.

« Cette semaine, le CDC a discrètement mis à jour le nombre de Covid pour admettre que seulement 6% des 153.504 décès enregistrés sont réellement décédés du Covid. Soit 9210 décès. Les 94% restants avaient 2 à 3 autres maladies graves et l’écrasante majorité était d’un âge très avancé », pouvait-on lire dans des messages depuis supprimés par Twitter pour violation des règles du réseau social.

Comorbidités

Quelques heures plus tard, ce même CDC a été forcé de réagir et de tirer la situation au clair. En réalité, les certificats de décès sont au coeur du problème: dans le décompte de l’agence fédérale, sur 6% de ces derniers est uniquement indiqué le Covid-19 comme raison de la mort des patients.

Interrogé par l’AFP, Bob Anderson, chef des statistiques de mortalité du NCHS (National Center for Health Statistics, division du CDC), justifie ces classifications. « Il s’agit essentiellement de tabuler chacune des conditions qui sont également signalées avec Covid-19 », et ainsi de recenser les comorbidités dont étaient atteintes les autres victimes du coronavirus.

« Ces données proviennent des certificats de décès, et le certificat de décès est conçu pour capturer uniquement des informations sur les causes de décès. » De fait, le Covid-19 n’est pas toujours enregistré comme l’un des facteurs majeurs. Bob Anderson a ainsi pris comme exemple un patient mort d’une pneumonie, contractée à cause du coronavirus. Si les deux maladies sont bel et bien recensées, le décès n’est compté qu’une seule fois dans les données nationales.

« C’est un peu ridicule, car s’ils prenaient le temps de simplement lire, ils comprendraient un peu mieux ce qui se passe ici », ajoute-t-il, taclant ainsi les réseaux sociaux. « Le Covid-19 est la cause sous-jacente du décès, car il a provoqué une pneumonie, qui a entraîné la mort de la personne », précise-t-il encore.

Dans les données du CDC, le Covid-19 est bel et bien indiqué comme cause sous-jacente de la mort.

Les chiffres de mortalité aux États-Unis du CDC
Les chiffres de mortalité aux États-Unis du CDC © CDC

L’ombre de QAnon?

Comme le signale de son côté USA Today, cette action sur les réseaux sociaux intervient alors que de plus en plus de conspirationnistes, appartenant à un groupe appelé QAnon, se font entendre ces dernières semaines. De plus, l’internaute dont le tweet a été repris par Donald Trump a été identifié par plusieurs médias américains comme étant un proche de cette organisation.

Fin août, Facebook avait pris la décision de punir de nombreux membres de QAnon, réputés comme d’extrême-droite et fervents soutiens à Donald Trump.

« Nous avons vu croître des mouvements qui, même s’ils n’organisent pas directement de violences, célèbrent des actes violents, montrent qu’ils ont des armes et suggèrent qu’ils vont les utiliser, ou ont des fans susceptibles de comportements violents », avait alors expliqué le réseau social.


Retrouvez cet article sur : BFM-TV