vendredi , 21 février 2020
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Trump s’emporte contre son ex-conseiller: « si je l’écoutais, on en serait à la 6e guerre mondiale »

Carlos Barria / Reuters

Donald Trump, ici le 13 mai 2019 à la Maison blanche, s’est emporté contre John Bolton (dans le fond) sur Twitter.

ÉTATS-UNIS – Comme à son habitude, Donald Trump a entamé sa journée par quelques tweets. Et il était furieux. Le président américain s’est déchaîné ce mercredi 29 janvier contre son ancien conseiller John Bolton, dont les confidences dans un livre compliquent les appels du président américain à clore au plus vite son procès en destitution par un acquittement.

Avant que les sénateurs chargés de le juger entament un exercice de questions-réponses très codifié, le locataire de la Maison blanche a taxé d’ingratitude son ex-conseiller à la sécurité nationale, l’accusant d’avoir multiplié les “erreurs de jugement”.

Il “m’a ‘supplié’ pour que je lui donne” ce poste et “il s’est fait virer parce que franchement, si je l’écoutais, on en serait à la Sixième guerre mondiale”, a asséné Donald Trump dans un tweet. “Il s’en va et immédiatement il écrit un livre faux et méchant”, s’est-il encore indigné.

 

Des allégations au cœur du dossier ukrainien

Limogé en septembre, John Bolton, un néoconservateur connu pour ses positions belliqueuses, s’apprête à publier un livre-témoignage qui met à mal l’une des principales lignes de défense du 45e président des États-Unis.

Dans cet ouvrage, il affirme que Donald Trump lui a dit en août ne pas vouloir débloquer une aide destinée à l’Ukraine tant que ce pays n’enquêterait pas sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de l’élection présidentielle du 3 novembre.

Ces allégations, rendues publiques dimanche soir, ont fait l’effet d’une bombe car elles touchent au cœur du dossier d’accusation contre le président, jugé pour “abus de pouvoir” et “entrave au travail du Congrès”.

Elles ont également renforcé les démocrates, qui réclament depuis des semaines la convocation de plusieurs hauts responsables de la Maison blanche devant les sénateurs. John Bolton a fait savoir qu’il était prêt à témoigner si le Sénat lui adressait une assignation à comparaître.

Les révélations de Bolton font bouger les lignes

L’opposition sait qu’elle n’a quasiment aucune chance d’obtenir la destitution du président, la Constitution imposant une majorité des deux tiers (soit 67 voix) pour y parvenir. À moins de 300 jours du scrutin présidentiel, elle espère toutefois obtenir des informations embarrassantes contre le candidat à sa réélection.

Pour éviter un déballage dangereux, Donald Trump et ses partisans s’opposent eux avec vigueur à la convocation de nouveaux témoins. En conclusion de leur plaidoirie, les avocats du président ont demandé mardi aux cent élus de la chambre haute du Congrès de l’acquitter “aussi vite que possible”. “Il est temps d’en finir”, a estimé Pat Cipollone.

Les 53 sénateurs républicains ont jusqu’ici fait bloc autour de leur président, mais les révélations de John Bolton ont fait bouger les lignes et leur leader Mitch McConnell a reconnu mardi ne pas avoir suffisamment de voix à l’heure actuelle pour bloquer la demande de témoins.

Il reste trois jours à ce stratège expérimenté pour essayer de faire rentrer dans le rang les quelques sénateurs républicains modérés, dont Mitt Romney, Susan Collins ou encore Lisa Murkowski, susceptibles d’apporter leur soutien aux 47 sénateurs de la minorité lors d’un vote vendredi en fin de journée.

Les sénateurs vont pouvoir poser leurs questions

“Républicains, rappelez-vous que les démocrates ont déjà eu 17 témoins et nous AUCUN!”, leur a lancé mercredi Donald Trump. “Ne laissez pas les démocrates se jouer de vous”, a-t-il encore tweeté.

En écho, le sénateur républicain John Cornyn a jugé “inutile” de convoquer plus de témoins. “Cela paralyserait le Sénat pour un temps indéfini avec des batailles judiciaires sur les privilèges du pouvoir exécutif”, a-t-il mis en garde, laissant entendre que la Maison blanche s’opposerait à l’audition de ses conseillers au nom de la confidentialité des échanges en son sein.

En attendant de se prononcer sur le sujet, les sénateurs, contraints depuis huit jours de suivre les débats sans intervenir, vont pouvoir poser mercredi et jeudi leurs questions à l’accusation et à la défense.

Selon les règles strictes du Sénat, ils devront formuler leurs demandes par écrit et elles seront lues par le président de la Cour suprême John Roberts qui préside ce procès exceptionnel. Celui-ci a souhaité mardi que les parties ne prennent pas plus de 5 minutes pour répondre, mais rien ne leur impose de s’y tenir.

Lors du procès en destitution de Bill Clinton, jugé en 1999 pour avoir menti sur sa liaison avec la stagiaire de la Maison blanche Monica Lewinsky, les sénateurs avaient posé plus de 150 questions.




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