samedi , 25 janvier 2020
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Un mois de grève dans les transports franciliens…et plus de vie sociale

GRÈVES – La mobilisation contre la réforme des retraites dure depuis le 5 décembre. Elle est entrée cette semaine dans son deuxième mois, devenant ainsi il y a quelques jours le plus long blocage des transports qu’a connu la France en plus de trente ans.

Et si certains sont inquiets pour leurs futures retraites, d’autres -surtout en Île-de-Francevoient aussi les conséquences à court terme et regrettent leurs vies sociales. Avec des horaires de trains et de RER restreints, les lignes de métro qui ne rouvrent pas leurs portes, sans véhicule ni les moyens pour prendre un taxi, cela devient compliqué de rester boire un verre après le travail, voire de sortir le week-end surtout au beau milieu de l’hiver.

La déprime s’installe

“Tout ce que je veux pour Noël, c’est des métros” chantait une internaute parisienne qui avait totalement réécrit “All I Want for Christmas” de Mariah Carey en décembre. Son souhait n’a pas été entendu et elle n’est pas la seule à être déçue.

Comme d’autres, Justin, habitant de l’Essonne de 24 ans, ne peut plus plus voir ses amis lors de son temps libre. Il raconte: “heureusement que je vis en colocation, ça me permet de voir d’autres personnes, parce que sans RER et avec le peu de métros disponibles je n’ai réussi à voir personne depuis le début de la grève.” Le jeune homme raconte qu’il n’a pas pu rentrer chez lui pour le jour de Noël. “Encore une fois, heureusement que mes colocs étaient là!” ajoute-t-il.

Et pour ceux qui ne partagent pas leur appartement, ils a fallu trouver d’autres solutions pour combattre la solitude. Comme Justin, Laure, parisienne de 21 ans a du mal à sortir quand elle n’est pas en classe la semaine. “La plupart de mes amis vivent en banlieue et je n’ai pas pu les voir depuis un mois. Si on sort le soir et qu’ils doivent rentrer en taxi, cela revient trop cher…” explique l’étudiante en diététique. Alors pour ne pas rester seule dans un 10 mètres carrés, la jeune femme a décidé de s’installer chez son copain le temps de la grève. “Comme il a une voiture au moins on peut sortir” confie-t-elle.

Pour les vingtenaires, le facteur financier est souvent mentionné comme un frein pendant cette grève. Mais Alexandre, 32 ans, explique que même avec plus de moyens, ce paramètre reste un problème: “on a pas forcément envie d’investir dans un moyen de transport alternatif, c’est difficile de revoir son budget” explique-t-il. Pour éviter la solitude, Alexandre raconte tenter d’inviter des amis chez lui, “mais forcément, ils ne peuvent pas venir”. La solution pour ce trentenaire est de prendre son mal en patience et de se concentrer sur le travail “et ses séries !” plaisante-t-il.

Sur les réseaux sociaux également, les internautes racontent moins sortir depuis le début de la grève.

Des changements positifs

À plus de 30 jours du début de la grève, certains préfèrent voir les bons côtés des choses. Des heures de marche qui permettent de faire du sport, le télétravail qui est autorisé, mais aussi les horaires qui sont respectés explique Gweanële, 28 ans, au Huffpost. “Comme je sais qu’une longue marche m’attend, je pars à l’heure du bureau. Mais je suis contente de prendre l’air et de marcher à travers Paris!” raconte la jeune femme.

Elle ajoute que pour elle et ses amies proches, cette grève a été l’occasion de se rapprocher: “on retrouve le goût des soirées pyjama entre copines, on reste dormir les unes chez les autres quand c’est plus pratique pour éviter les longs trajets, ça donne une dimension assez sympa à cette période!”

C’est finalement un rythme de vie totalement différent pour une majorité des Parisiens. La plupart ont l’habitude de se déplacer sur de grandes distances à travers la ville, c’est ce qu’explique Clara, 26 ans: “avec la grève on est passé à un rythme de vie plus raisonnable. Tout le monde est dans le même panier alors dans la vie professionnelle, les choses sont plus calmes. On a moins de rendez-vous et ça fait du bien”. Pour cette jeune journaliste freelance, la grève force aussi à rester dans son périmètre: “depuis qu’il y a moins de transport, je reste forcément aux alentours de chez moi, j’ai découvert des endroits sympas” conclut-elle.




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