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Un pas important vers une politique moderne de la famille


Un congé paternité de dix jours donnerait à tous les pères des droits égaux et réduirait les risques pour la carrière professionnelle des mères. C’est pourquoi la sénatrice écologiste Maya Graf soutient dira «oui» à ce congé pour les pères lors des votations fédérales du 27 septembre.

Ce contenu a été publié le 20 août 2020 – 10:17

Maya Graf, sénatrice au Conseil des Etats pour les Verts, membre de la Commission de sécurité sociale et de la santé publique, coprésidente d’Alliance F.

Le congé paternité est une adaptation urgente de la politique familiale aux besoins d’une société moderne. En Europe, la Suisse est le seul pays sans congé paternité inscrit dans la loi. Les deux partenaires peuvent dès le début être présents pour s’occuper des enfants, les mères sont davantage incitées à continuer à travailler et les tâches domestiques et la garde des enfants peuvent être réparties équitablement.

Mais le congé paternité peut aussi contrer le manque de main-d’œuvre qualifiée, car le cursus professionnel des femmes ne doit pas être interrompu pour créer une famille.

Les déséquilibres dans la société ne peuvent plus être tolérés — la majorité est d’accord

L’histoire du congé paternité en Suisse est longue et semée d’embûches, presque autant que celle de l’assurance maternité. Cela ne fait que quinze ans que la Suisse a finalement instauré un congé maternité de quatorze semaines.

Le législateur a rejeté à plusieurs reprises le congé paternité, le considérant inutile. Dans le même temps, les besoins de la société ont changé. Aujourd’hui, 80% de la population suisse souhaite une base juridique pour le congé paternité.

L’initiative populaire fédérale «Pour un congé paternité raisonnable — en faveur de toute la famille», qui demandait un congé payé de quatre semaines, a été présentée en 2017.

Le Parlement a élaboré un contre-projet au niveau législatif qui prévoit deux semaines de congé de paternité payé dans les six premiers mois qui suivent la naissance d’un enfant. Le comité d’initiative a donc retiré son initiative.

Cependant, certains milieux bourgeois ont lancé un référendum, raison pour laquelle il appartiendra maintenant au peuple de se prononcer sur le contre-projet, le 27 septembre. La proposition bénéficie d’un large soutien: des associations de jeunes à celles de personnes âgées, des sages-femmes aux pédiatres, des employés à l’association des entrepreneurs du bâtiment et dans tous les partis représentés au Parlement.

Un pas vers une politique moderne pour la famille

En cas d’acceptation, les pères, qu’ils soient salariés ou indépendants, recevront 80% de leur revenu brut pendant deux semaines. Le congé paternité est financé de la même manière que le congé maternité, par le biais de l’indemnité pour perte de gain.

Les coûts sont estimés à 229 millions de francs par an. Cela équivaut à une augmentation de 0,06% des cotisations salariales, dont la moitié est payée par l’employeur et l’autre par le salarié. Ce système offre aux petites et moyennes entreprises (PME) les mêmes conditions qu’aux grandes entreprises, qui peuvent déjà se permettre un congé paternité.

Jusqu’à présent, il n’y avait pratiquement que les femmes qui risquaient leur carrière professionnelle pour fonder une famille. Les dix jours de congé paternité ne peuvent donc être qu’un premier pas vers un rattrapage en matière de politique familiale. Mais au moins, cela crée la possibilité légale pour un couple de répartir plus équitablement le travail rémunéré et la prise en charge d’un enfant immédiatement après la naissance.

Une famille se porte mieux si le père ne doit pas se précipiter au travail au plus tard le deuxième jour après l’accouchement, alors que la femme devrait récupérer. Cela n’a pas beaucoup de sens, non seulement en termes de politique de santé et d’égalité, mais aussi d’un point de vue économique. Au contraire, la répartition du travail de prise en charge d’un enfant sur un plus grand nombre d’épaules est une incitation importante pour renforcer la continuité de l’emploi des femmes, même dans une phase de la vie marquée par la maternité.

La crise du coronavirus, en particulier, a montré que des familles et des services de garde d’enfants qui fonctionnent sont l’épine dorsale de notre société. Le congé paternité contribue à la stabilité des structures familiales.

La période qui suit immédiatement la naissance façonne toute la vie familiale ultérieure. Les pères veulent assumer leur part de responsabilité. Un oui au congé paternité est un oui aux familles, à l’économie et à notre avenir social.

L’opinion exprimée dans cette tribune est celle de son auteur. Il ne s’agit pas d’une prise de position de swissinfo.ch.

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