lundi , 28 septembre 2020
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Université d’été du PS: Olivier Faure au défi de convaincre les « boomers » du parti

LUDOVIC MARIN via Getty Images

Olivier Faure photographié à Matignon le 7 mai. 

POLITIQUE – C’est un terme que le premier secrétaire du Parti socialiste répète à chaque interview: “rassembler”. Unir la gauche en vue de l’élection présidentielle de 2022 afin de ne pas laisser s’installer le duel annoncé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Et pour y parvenir, Olivier Faure plaide pour que les autres formations -écologistes en tête- s’allient “avec” le PS, et non plus “derrière” le parti à la rose, comme c’était le cas par le passé.

“Aujourd’hui, tout le monde évoque le rassemblement comme impératif, mais trop en parlent en l’imaginant exclusivement derrière eux. C’est absurde de chercher à obtenir la reddition de ses partenaires, c’est l’assurance de casser toute dynamique collective”, explique l’intéressé dans une interview au Monde, plaidant pour un “projet de coalition qui respecte chacun et permette de gouverner ensemble”. 

Un message que le député de Seine-et-Marne entend marteler ce week-end, à l’occasion de l’université d’été du PS à Blois, où tous les ténors du parti ne partagent pas cette stratégie. “Ce n’est pas l’alliance qui fait la victoire, c’est le projet”, grinçait la semaine dernière Stéphane Le Foll dans Le Télégramme, ne cachant pas son inquiétude de voir Europe écologie les Verts doubler le PS: “Les Verts veulent aujourd’hui prendre le leadership de la gauche, et plus largement de l’opposition. Il faut un débat car pour le moment, il n’y a pas d’adhésion populaire à leur ligne telle qu’elle est conçue de manière générale”. 

Un scepticisme partagé par François Rebsamen. “Il n’y aura pas de victoire si le rassemblement ne se fait pas autour du Parti socialiste”, a déclaré vendredi 28 août le maire de Dijon en ouverture de l’université d’été, dénonçant “certains écologistes” porteurs à ses yeux d’une “vision radicale, obscurantiste” de la cause environnementale. 

“Nostalgie”

Au sein du parti, on souligne en réponse que la position d’Olivier Faure n’a, en réalité, rien de nouveau. “C’est la ligne depuis le Congrès d’Aubervilliers et c’est à la fois l’enseignement des municipales. Il s’agit donc de poursuivre cette dynamique”, explique Gabrielle Siry-Houari, porte-parole du PS. Selon elle, ces réserves sont à mettre sur le compte de “la nostalgie” du temps où le parti occupait une position hégémonique à gauche. “Mais la réalité aujourd’hui, c’est qu’aucune force à gauche ne pourra gagner seule. Comme aucune force de gauche ne pourra gagner sans le PS”, poursuit-elle. 

Mais il n’y a pas que sur la forme qu’Olivier Faure aura à convaincre. Voulant faire de cette rentrée le laboratoire de “la gauche d’après”, le premier des socialistes entend aussi débattre des orientations programmatiques. Et là encore, le clivage générationnel risque de s’exprimer. Notamment sur la question du productivisme, au menu des discussions de ce samedi.

″Ça va fritter mais on veut de l’effervescence à gauche”, prédit un cadre socialiste cité par l’AFP, alors que la question du modèle de développement est sans doute l’une des questions qui crispe le plus à gauche et qui conditionnera le succès (ou l’échec) d’une large alliance en 2022. Alors que plusieurs au PS partagent l’aspiration des écologistes à aller vers une société plus sobre, certains éléphants bondissent. “Ce n’est pas le concept de croissance qu’il faut remettre en cause, mais le type de croissance. Lutter pour une croissance sûre est la seule voie”, plaidait dès vendredi Stéphane Le Foll. “La sobriété heureuse est un concept qui va bien aux classes supérieures qui ont beaucoup profité et qui souhaitent imposer leur vision de l’écologie aux plus défavorisés”, a-t-il ajouté. 

Pour Gabrielle Siry-Houari, par ailleurs experte en finance durable, le parti ne peut pas faire l’impasse sur ce débat. “Une question centrale est celle de la réduction des inégalités dans un contexte où on ne retrouvera plus la croissance des 30 glorieuses. La question écologique impose en outre une remise en question profonde de la mondialisation libérale, qui précarise aussi de nombreux métiers”, souligne-t-elle. Les “boomers” du PS sont prévenus. 

 

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