mardi , 21 janvier 2020
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Vladimir Poutine annonce des réformes constitutionnelles et change de Premier ministre


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Le patron du fisc russe, Mikhaïl Michoustine, a été nommé Premier ministre de la Russie, mercredi, par Vladimir Poutine. Cette décision intervient quelques heures après la démission de l’actuel chef du gouvernement Dmitri Medvedev, et l’annonce par le président Poutine d’une réforme de la Constitution. 

Inconnu du grand public, le patron du fisc russe Mikhaïl Michoustine devrait devenir le nouveau Premier ministre de la Fédération de Russie. Il a été nommé à ce poste, mercredi 15 janvier, par le président Vladimir Poutine, après la démission surprise de Dmitri Medvedev. Des changements qui sont intervenus après un discours du chef de l’État annonçant une réforme de la Constitution, qui sera soumise à référendum.

Le président russe « a présenté la candidature de M. Michoustine à la Douma », chambre basse du Parlement, qui doit désormais la valider.

Dmitri Medvedev au Conseil de sécurité russe

« Nous, en tant que gouvernement de la Fédération de Russie, devons donner au président de notre pays les moyens de prendre toutes les mesures qui s’imposent. C’est pour cela (…) que le gouvernement dans son ensemble donne sa démission », avait déclaré quelques heures plus tôt, le Premier ministre démissionnaire Dmitri Medvedev.

Le président a remercié son Premier ministre sortant et ses ministres, leur demandant d’expédier les affaires courantes jusqu’à la nomination d’une nouvelle équipe. Il a indiqué proposer à son fidèle collaborateur le poste de vice-président du Conseil de sécurité russe, un organe que le chef de l’État préside.

Dmitri Medvedev, proche parmi les proches de Vladimir Poutine, a expliqué démissionner à la suite de la décision du président d’apporter des « changement fondamentaux à la Constitution » russe, des réformes qui modifient, selon lui, « l’équilibre des pouvoirs » exécutif, législatif et judiciaire.

Le rôle du Parlement renforcé dans la formation du gouvernement

Vladimir Poutine a proposé mercredi une série de réformes de la Constitution russe devant renforcer les pouvoirs du Parlement, tout en préservant le caractère présidentiel du système politique qu’il pilote depuis 20 ans.

La principale mesure annoncée vise à renforcer le rôle du Parlement dans la formation du gouvernement, lui donnant la prérogative d’élire le Premier ministre que le président sera alors « obligé de nommer ».

Selon Vladimir Poutine, il s’agit d’un changement « significatif » pour lequel il a jugé la Russie assez « mûre ». Les deux chambres du Parlement sont aujourd’hui dominées par des forces pro-Poutine et ne s’opposent jamais aux volontés du Kremlin.

La réforme constitutionnelle soumise à référendum

Le président russe a proposé la tenue d’un référendum pour valider la série de réformes de la Constitution. « Le référendum n’est pas dans la tradition politique russe. La doctrine de Vladimir Poutine est plutôt la verticale. On sent là une volonté de rafraîchir son image, de donner une apparence d’alternance politique », analyse Elena Volochine, correspondante de France 24 à Moscou.

« Il y aura sans doute un contrôle de ces processus par le Kremlin. Ces mouvements en apparence démocratique sont très contrôlés », ajoute la journaliste.

Une stratégie pour rester au pouvoir ?

Au pouvoir depuis 1999, que ce soit en tant que président ou Premier ministre, Vladimir Poutine n’aura pas le droit de se représenter en 2024, la Constitution interdisant l’exercice de plus de deux mandats présidentiels consécutifs. Il a d’ailleurs démenti mercredi toute intention de briguer une nouvelle fois la présidence.

Mais les annonces intervenues mercredi ont nourri les interrogations quant à son avenir après 2024, alors qu’il n’a jamais mis en avant de successeur ni exprimé ses intentions.

Ses adversaires pensent que Vladimir Poutine n’a nullement l’intention de renoncer au pouvoir et qu’il pourrait être tenté d’élargir les prérogatives du Parlement et du Premier ministre avant d’endosser en 2024 les fonctions de chef du gouvernement.

Avec AFP et Reuters


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