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Vue du ciel, la Suisse n’a jamais été aussi nette

La différence est frappante: en haut, le Palais fédéral (parlement) par Swisstopo, en bas par Google Maps. Swisstopo/Google Maps

Oubliez Google Maps. Du moins si vous voulez voir la Suisse d’en haut. Swisstopo, l’Office fédéral de topographie, offre désormais une vue haute résolution de l’ensemble du pays.

Ce contenu a été publié le 06 septembre 2020 – 11:00

Plus nettes et détaillées que jamais. Les nouvelles photographies aériennes de tout le territoire suisse peuvent facilement tenir cette promesse. Car elles n’ont pas été prises à partir de satellites, comme c’est le cas pour beaucoup d’autres vues, mais depuis un avion volant à basse altitude.

La comparaison avec Google Maps est similaire à celle entre une image de télévision analogique et une image en HD (haute définition). Swisstopo, l’Office fédéral de topographie, a commencé à prendre ces photographies aériennes à haute résolution en 2017 – désormais, et pour la première fois, toute la Suisse a été photographiée.

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«Les nouvelles photographies aériennes fournissent de précieuses informations sur le paysage», déclare Sandrine Klötzli, porte-parole de l’Office fédéral de topographie. Elles sont particulièrement importantes pour les experts (aménagement du territoire, archéologie, évolution des glaciers, exploitation agricole et forestière) mais aussi pour le public.

De cette manière, les risques naturels devraient également être mieux identifiés. «En cas d’éboulement, on peut observer des anomalies au niveau du terrain», explique Sandrine Klötzli. Cependant, elle souligne que les images «ne sont pas le résultat d’un survol immédiat. Les données sont généralement celles de l’année précédente. En comparant les données des images aériennes dans le temps, on peut toutefois observer l’évolution du terrain et les éventuels changements».

Cela profite aussi à la recherche, notamment à l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage. Selon Sandrine Klötzli, l’Office fédéral de la statistique (OFS) utilise également les vues pour ses statistiques régionales. Et les cantons s’appuient sur les photographies aériennes pour de nombreuses applications.

Des randonnées plus facilement planifiables

«Le tourisme appréciera certainement aussi ces images de haute qualité et pourra les utiliser pour montrer des clichés détaillés», relève Sandrine Klötzli. En outre, de nombreuses personnes souhaitent voir leur maison ou leur quartier vu du ciel, «ou explorer de plus près une destination touristique bien connue en Suisse». D’autant plus que l’épidémie de coronavirus a forcé de nombreuses personnes à passer leurs vacances en Suisse cette année.

Bon à savoir également pour les randonneurs: dans la dernière version, vous pouvez afficher quels sentiers de randonnée, pistes cyclables ou parcours VTT sont fermés ou déviés. Du moins si ces situations durent au moins une semaine. Les données sont mises à jour quotidiennement, selon le communiqué.

Les photos haute résolution ont été prises depuis cet avion de type «Twin Otter». © Keystone / Anthony Anex

Une technologie dérivée de l’industrie spatiale

De 2017 à 2019, les avions ont survolé chacun un tiers du pays, divisé par cantons. Ces données d’une netteté exceptionnelle couvrent désormais tout le territoire suisse. «Grâce à ce découpage, les communes et les cantons ont toujours des données complètes de la même année de vol sur l’ensemble de leur étendue», peut-on lire sur le site de Swisstopo.

La technologie de pointe utilisée est dérivée de l’industrie spatiale. «Ainsi, même l’état de la chaussée, le type de végétation ou encore les détails des bâtiments tels que les fenêtres de toit ou les panneaux solaires sont reconnaissables», déclare l’office fédéral.

Dans les régions les plus peuplées de Suisse, la résolution au sol est de 10 centimètres. Il s’agit du plateau, du Jura et des deux vallées alpines principales (celle du Rhône en aval de Brigue et celle du Rhin en aval de Coire). A cette fin, l’avion survole les territoires à environ 2400 mètres d’altitude. Dans les Alpes, en raison du terrain accidenté, l’avion effectue des survols à une altitude d’environ 6000 mètres, ce qui limite la résolution au sol à 25 centimètres.

Swisstopo acquiert ses images aériennes avec la caméra ADS100 de Leica Geosystems, aussi utilisée dans l’industrie spatiale. © Keystone / Anthony Anex

Une résolution en constante amélioration

Des images aériennes, il en existe depuis le milieu des années 1920. Elles étaient d’abord en noir et blanc, puis sont passées à la couleur, et enfin la résolution s’est faite de plus en plus nette. Depuis 2005, l’acquisition des images se fait de manière numérique, et leur résolution a été multipliée par 25, selon Swisstopo.

Les nouveaux capteurs sont en mesure de scanner une bande de territoire allant jusqu’à 100 kilomètres. Pour ce faire, l’avion survole une région d’est en ouest.

Pour assurer une couverture optimale, les images sont prises avec un recouvrement latéral d’au minimum 30%. Chaque bande d’image est prise sous trois angles: au nadir, vers l’avant et vers l’arrière. Ces différents angles de vue permettent d’obtenir un modèle en trois dimensions de la scène photographiée.

Les espions peuvent-ils désormais profiter eux aussi d’images aériennes plus nettes? Sandrine Klötzli fait la moue: «Si la publication des images entrave la sécurité nationale ou le bon fonctionnement du pays, par exemple, des restrictions d’accès peuvent être imposées.»

Traduit de l’allemand par Emilie Ridard


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