samedi , 20 juillet 2019
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Affaire Ghosn, G20, Iran… le programme chargé de Macron au Japon


Les relations avec le Japon ont toujours été bonnes, pour Emmanuel Macron. Mais récemment, c’est un allié avec qui a été un peu secoué par les frictions entre Renault et Nissan et l’affaire Ghosn.

Pour le chef de l’Etat, c’est la toute première visite comme président de la République au Japon. Et Tokyo réserve un accueil impérial à Emmanuel Macron, qui aura jeudi l’honneur d’être le deuxième dirigeant étranger, après Donald Trump, à être reçu par le nouvel empereur Naruhito dans son palais, le « Kokyo », en plein coeur de la capitale.
    
Avant cette réception en présence de son épouse Brigitte, Emmanuel Macron aura des entretiens mercredi avec le Premier ministre Shinzo Abe et rencontrera des entrepreneurs et des Français installés au Japon. Il fera le lendemain une escapade culturelle à Kyoto sur la route d’Osaka, où s’ouvre vendredi le sommet annuel du G20.

Discrétion sur l’affaire Goshn

Pour Paris comme Tokyo, cette visite est l’occasion d' »ouvrir un nouvel horizon dans nos relations de partenaires privilégiés », a expliqué Yasutoshi Nishimura, un porte-parole du gouvernement japonais. Sera ainsi scellé un nouveau plan d’action à cinq ans destiné à faire progresser les coopérations dans les domaines économique, sécuritaire et culturel entre les deux pays, après celui signé par François Hollande en 2013.
    
Mais cette ambition est désormais considérée à l’aune des différences d’approche qu’a mis à jour le bras de fer ayant fait tanguer l’alliance Renault-Nissan, symbole depuis 20 ans de la coopération industrielle entre les deux pays.
    
A Tokyo, Emmanuel Macron devrait réaffirmer « l’attachement fort de la France à l’alliance » et « la volonté qu’elle puisse aller plus loin », en trouvant « plus de synergies » et « de projets en communs », a indiqué l’Elysée. 
    
« On ne peut faire utilement fonctionner cette alliance qu’en étant soi-même un partenaire fiable, constant, et on le sera », a assuré la présidence. Tout en formulant le souhait que « du côté de Nissan et de la partie japonaise, il y ait une expression la plus favorable possible à la poursuite et à la consolidation de cette alliance ».

Paris et Tokyo en harmonie

Les propos d’Emmanuel Macron seront suivis avec attention par les responsables nippons, méfiants sur le rôle que joue l’Etat français (qui contrôle 15% de Renault), notamment lorsqu’a été envisagé un projet de fusion entre Renault et le groupe Fiat Chrysler.
    
Le chef de l’Etat devrait en revanche rester discret sur le cas personnel de l’ex-PDG Carlos Ghosn qui, accusé de malversations financières, est assigné à résidence à Tokyo dans l’attente de son procès.
    
Pour Emmanuel Macron et Shinzo Abe, la priorité est aussi de se coordonner sur les grands dossiers internationaux alors que le Japon préside cette année le G20 et la France le G7.

Visite à Kyoto

Paris et Tokyo sont en harmonie en défendant une approche multilatérale dans la recherche d’une solution aux deux crises qui vont s’imposer au sommet d’Osaka: le bras de fer militaire entre les Etats-Unis et l’Iran, et les tensions commerciales entre Washington et Pékin qui font peser un risque sur la croissance mondiale.
    
Se posant en médiateur, Shinzo Abe s’est récemment rendu à Téhéran, mais sans réussir à convaincre le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, de discuter avec le président américain Donald Trump.
    
A Kyoto, où il se rendra par le train rapide Shinkansen, Emmanuel Macron aura l’occasion de célébrer la fascination que partagent Français et Japonais pour leur art de vivre et leur culture, que ce soit dans la mode, la gastronomie ou le cinéma. Il visitera l’atelier d’un « trésor national vivant » du Japon, Kunihiko Moriguchi, peintre réputé de kimonos. Avant de dîner avec des architectes japonais, qui ont la cote depuis des années dans l’Hexagone.
    
Dans cette visite, le chef de l’Etat sera accompagné des ministres Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères), Bruno Le Maire (Economie) et Frédérique Vidal (Recherche), de dirigeants de grandes institutions comme le CEA ou le CNRS, de patrons de groupes (Renault, EDF), de PME et de start-up.




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