mercredi , 21 août 2019
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Alzheimer : faire souvent la sieste, un mauvais signe ?


Une sieste quotidienne est un réflexe bénéfique qui aide à chasser la fatigue, à être plus performant au travail et plus heureux au quotidien… Mais quand ces petits sommes virent au leitmotiv trop fréquent, cela pourrait devenir problématique. Pour des chercheurs de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF aux Etats-Unis), des siestes diurnes excessives pourraient constituer un signe prédictif de la maladie d’Alzheimer. Ce symptôme surviendrait bien avant l’apparition des troubles de la mémoire associés à cette démence, ce qui pourrait permettre un dépistage précoce de la pathologie, assurent les experts.

Des études ont soutenu par le passé que les siestes diurnes fréquentes compensaient par exemple le manque de sommeil nocturne lié à la maladie d’Alzheimer dans les régions du cerveau favorisant le sommeil. Les chercheurs américains apportent une nouvelle explication biologique à ce phénomène des siestes diurnes. Selon eux, la maladie d’Alzheimer attaque directement les régions du cerveau qui maintiennent éveillé dans la journée.

Ces zones cérébrales sont les premières victimes de la neuro-dégénérescence associée à la maladie d’Alzheimer, estiment-ils. Les siestes diurnes excessives – en particulier lorsqu’elles surviennent en l’absence de troubles graves du sommeil nocturne – pourraient alors servir de signe d’alerte précoce de la maladie.

"Nos travaux montrent des preuves concluantes que les zones du cerveau favorisant l’éveil dégénèrent en raison de l’accumulation de la protéine tau – et non de protéine amyloïde – dès les premiers stades de la maladie", observe l’auteure principale de l’étude, Lea T. Grinberg, professeur associé à neurologie et pathologie au Centre de mémoire et de vieillissement de l’UCSF.

Le réseau cérébral associé à la veille plus vulnérable à Alzheimer

Les chercheurs ont mesuré le taux de protéine tau et le nombre de neurones dans trois régions du cerveau impliquées dans l’état de veille. Ils ont analysé le cerveau de 13 patients décédés d’Alzheimer et celui de sept patients en bonne santé. Les cerveaux des patients atteints de la maladie d’Alzheimer ont présenté une accumulation importante de protéine tau dans les trois centres cérébraux favorisant la veille et ces mêmes régions ont perdu jusqu’à 75% de leurs neurones. "Le réseau cérébral impliqué dans la veille semble particulièrement vulnérable dans la maladie d’Alzheimer", souligne Jun Oh, co-auteur de l’étude. "Comprendre les raisons de ce phénomène est quelque chose sur lequel nous devons travailler dans nos prochaines recherches", conclut-il.

L’étude a été publiée le 12 août dans la revue Alzheimer’s & Dementia.

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