vendredi , 22 mars 2019
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Au Venezuela, Maduro fait croire que le black-out vient des Etats-Unis, c’est faux


Depuis jeudi 17 heures dans la capitale vénézuélienne, il n’y a plus une ampoule qui s’allume, aucun téléphone qui sonne et aucune information qui circule: le « black-out » est total. À Caracas, comme dans le reste du pays, l’obscurité est devenue la loi.

La situation peut paraître davantage invraisemblable pour un pays pétrolier, naguère pionnier en termes d’énergie électrique dans la région, meneur jusqu’à très récemment de très ambitieux projets énergétiques dans le cadre de « petrocaribe » et investisseur principal dans de très onéreuses centrales électriques, comme ce fût le cas à Cuba et au Nicaragua; le Venezuela montrait au monde la robustesse de sa politique énergétique. Alors comment est-il possible que le Venezuela se retrouve aujourd’hui dans le noir?

Pour les Vénézuéliens, il n’y a rien de nouveau dans cette histoire: les coupures énergétiques existent depuis très longtemps et, bien que la capitale soit en général à l’abri de la crise électrique, le reste du pays souffre quotidiennement de l’impitoyable obscurité.

Ce dernier « black-out » empire considérablement la situation qui était déjà dans un état critique. Les nouveaux dégâts infligés à un système électrique qui s’affaiblit depuis des années mettent en situation de risque mortel des milliers de patients dans les hôpitaux dépourvus de moyens pour y faire face.

Pour mieux comprendre la situation vénézuélienne en matière énergétique, voyons quelques précisions historiques.

Depuis 2009, le Venezuela se trouve dans une situation « d’urgence électrique », décrétée par le président Hugo Chavez. Ce décret est intervenu après la sécheresse liée au phénomène météorologique connu comme « el niño ». Ce dernier a fait décroître les niveaux d’eau du barrage de Guri, où se trouve la centrale hydroélectrique qui fournit l’électricité à l’ensemble du territoire national. Les Vénézuéliens ont alors expérimenté des coupures électriques temporaires pour rationner la consommation d’électricité, et pour solutionner la crise. Des sommes d’argent colossales ont été accordées par l’administration chaviste afin de moderniser le réseau électrique national. Cependant, ces modernisations n’ont jamais vu le jour.

En 2013, le Venezuela a subi une autre crise énergétique liée également à la sécheresse. Nicolas Maduro poursuit avec l’urgence électrique et destine encore des milliers de dollars à la modernisation du système électrique national. De plus, craignant qu’il y ait des saboteurs au sein de la société d’électricité nationale (corpoelec), il donne des ordres pour militariser les centrales électriques du pays et nomme le général Motta Domínguez à la tête du ministère de l’énergie. Mais même après tout cela, le système continuait à se faner graduellement, à s’affaiblir, jusqu’à ce qu’il en arrive à une situation critique du fait du manque d’entretien et de la modernisation qui n’est jamais venue, laissant ainsi un pays avec un réseau électrique trop centralisé et extrêmement archaïque. À titre d’exemple, en 2018, l’association « el comité de los afectados por los apagones (comité des gens affectés par les coupures électriques) a dénoncé plus de 16.000 coupures électriques pour cette seule année.

Les Vénézuéliens connaissent bien les origines de cette crise énergétique, qui dure déjà depuis plus d’une décennie. Le fait que Maduro essaye de faire croire au monde que le Venezuela est victime d’attaques cybernétiques venues des États-Unis est simplement pitoyable. La crise humanitaire et énergétique que connaît le pays est simplement la suite logique des politiques désastreuses et de la corruption généralisée de la révolution Bolivarienne.

Si le Venezuela a perdu l’électricité pour l’instant, espérons que, bientôt, il récupérera sa lumière.

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