vendredi , 23 août 2019
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Bien vieillir, c’est possible! – Planete sante

Il n’y a pas si longtemps, l’âge de la retraite rimait avec dos voûté, sédentarité et souvenirs. Aujourd’hui, on ne compte plus les seniors actifs qui voyagent, sortent et profitent d’une seconde jeunesse. Les statistiques le confirment: l’espérance de vie des Suisses ne cesse d’augmenter. Elle est en moyenne de 81,5 ans pour les hommes et 85,3 pour les femmes. L’augmentation du nombre de centenaires est même exponentielle. «C’est essentiellement lié à l’évolution de notre style de vie, commente le Pr Karl-Heinz Krause, spécialiste en biologie du vieillissement aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG). Depuis les 150 dernières années, l’accès à de bonnes conditions sanitaires et à une alimentation équilibrée s’est nettement amélioré». Les progrès de la médecine jouent également un rôle, mais il ne faut pas surestimer leur impact. «Le centenaire typique est celui qui n’a jamais consulté de sa vie», ajoute le spécialiste.

Ce que dit la biologie

Tôt ou tard, l’organisme de chacun d’entre nous commence toutefois à montrer certaines faiblesses. D’un point de vue purement biologique, le vieillissement ne correspond pas à un mécanisme clair et net. C’est même un phénomène très complexe, qui regroupe une centaine de processus différents. En résumé, en prenant de l’âge, tous les éléments de l’organisme fonctionnent un peu moins bien. Si un seul élément du corps est touché, on parle alors de maladie. Mais lorsque la dégradation concerne tout le système, c’est le vieillissement qui est à l’œuvre.

Les spécialistes en gériatrie distinguent en général deux manières de prendre de l’âge: «On considère le vieillissement « réussi » lorsque la personne reste en bonne santé, indépendante et autonome malgré quelques dysfonctionnements mineurs, explique le Dr Pierre Guillemin, chef de service en gériatrie et réadaptation à l’hôpital Riviera Chablais. Il devient pathologique lorsqu’il est accompagné d’une accumulation de problèmes d’origine multifactorielle. Ces répercussions fonctionnelles engendrent une perte d’indépendance au quotidien (par exemple pour la toilette, s’habiller, se lever seul d’une chaise, etc.)». Certaines maladies fréquentes chez les personnes âgées, comme la BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive) ou le diabète, ont des répercussions sur le fonctionnement de certains organes du corps. Elles réduisent la mobilité et induisent alors un cercle vicieux: moins une personne utilise son organisme, plus il risque de se dégrader. «C’est un peu comme une voiture que vous laissez au garage, illustre le Pr Karl-Heinz Krause. Si vous ne l’utilisez pas, elle va finir par s’abîmer».

De la prévention avant tout

Les médecins semblent donc unanimes: pour un vieillissement «réussi», il faut continuer d’être actif. Mais pas uniquement! Afin de mettre toutes les chances de son côté, c’est l’hygiène de vie en général qui doit être soignée. «Cinq facteurs, que j’appelle les « Big five », sont particulièrement importants pour rester jeune: ne pas fumer, être physiquement actif, éviter l’obésité, se nourrir sainement et avoir une vie sociale riche», détaille le Pr Karl-Heinz Krause. La «recette» pour bien vieillir passe donc avant tout par la prévention. Dès l’âge adulte, être attentif à respecter ces «Big Five» ne peut être que bénéfique.

Lorsque les problèmes de santé liés au vieillissement commencent à apparaître, il faut également veiller à maintenir une médication équilibrée. «Chaque médecin spécialiste a tendance à prescrire un médicament et le patient se retrouve parfois avec des dizaines de pilules à prendre chaque jour, avertit le Dr Pierre Guillemin. Or, ces médicaments peuvent avoir des interactions entre eux et faire plus de mal que de bien. Idéalement, il ne faudrait pas consommer plus de cinq médicaments différents». Au-delà de ce chiffre, n’hésitez donc pas à prendre rendez-vous avec votre généraliste ou un spécialiste en gériatrie, afin de faire un tri et équilibrer votre traitement.

Si la pilule magique anti-âge n’existe pas encore, le Dr Pierre Guillemin relève néanmoins un point commun à tous ses patients centenaires: «Ce sont des gens résolument positifs et optimistes». Raison de plus pour sourire à la vie, et ce à n’importe quel âge.

«L’année dernière, j’ai fait plus de 6000 kilomètres à vélo»

Hans-Martin, 79 ans

«Je suis né à Davos aux Grisons, dans les montagnes. Là-bas, il n’y avait pas beaucoup d’activités sportives à choix: on faisait soit du ski, soit du patin à glace. Comme j’ai toujours eu un fort esprit de compétition, j’ai très vite pris goût au hockey. J’ai ensuite eu la chance de jouer en ligue nationale A avec le HC Davos, puis le Genève Servette HC. A l’époque, il faut dire que nous n’étions pas professionnels, je faisais ça à côté de mon travail dans la finance. A 29 ans, j’ai dû arrêter le hockey pour faire progresser ma carrière. Mais dès que j’étais un peu stressé au travail, j’ai remarqué que le sport m’aidait à trouver des solutions. J’ai alors commencé à faire beaucoup de vélo, pour m’évader. Et je n’ai jamais arrêté! Encore aujourd’hui, je fais du cyclisme quatre fois par semaine. L’année dernière, au total, j’ai parcouru plus de 6000 kilomètres et je suis même allé jusqu’à Rotterdam. Le sport m’apporte aussi beaucoup socialement parlant. Avec un groupe d’amis, nous faisons une sortie à vélo tous les samedis matin, puis nous allons manger ensemble sur une terrasse. Ce sont des moments qui me procurent beaucoup de plaisir. J’adore être dans la nature et je ressens une grande satisfaction après l’effort. En plus, ça m’aide à bien m’endormir le soir. Que du positif! Ma recette pour bien vieillir? Me laisser vivre et faire ce dont j’ai envie. Je suis persuadé que les soucis et les conflits accélèrent le vieillissement. Alors continuer de prendre des initiatives et savoir se faire plaisir, c’est la clé.»

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Publié dans le supplément «Votre santé» de La Côte Hebdo en novembre 2018.


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