mardi , 16 juillet 2019
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Cinq indépendantistes catalans libérés pour prêter serment au Parlement espagnol


Première publication :

Emprisonnés depuis plus d’un an, Oriol Junqueras, Jordi Sanchez, Jordi Turull, Josep Rull, élus députés, et Raül Romeva, élu sénateur lors des élections générales du 28 avril, ont été autorisés à quitter la prison pour prêter serment mardi.

C’est une permission « exceptionnelle » qui leur a été accordée par la Cour suprême. Emprisonnés depuis un an, Oriol Junqueras, Jordi Sanchez, Jordi Turull, Josep Rull et Raül Romeva, élus députés ou sénateurs lors des élections régionales du 28 avril, ont été autorisés à quitter quelques heures la prison, mardi 21 mai, pour prêter serment lors de la session inaugurale du parlement espagnol.

Encadrés par la police, les cinq nouveaux élus devront notamment jurer de respecter la Constitution espagnole, celle-là même qu’ils sont accusés d’avoir violée dans leur marche vers l’indépendance. Les leaders indépendantistes catalans sont accusés depuis février d’avoir tenté de faire sécession de l’Espagne en octobre 2017.

Oriol Junqueras : « Les urnes nous ont redonné de la voix »

Le leader de Gauche Républicaine de Catalogne (ERC), Oriol Junqueras, estime avoir « vaincu la répression » par la force des urnes, dans un entretien écrit avec l’AFP. « On veut nous faire taire et nous marginaliser, et les urnes nous ont redonné voix », s’est félicité l’ancien vice-président du gouvernement régional catalan.

Il est également candidat d’ERC aux éléctions européennes dimanche. Depuis 2017, les séparatistes placent en tête de liste leurs dirigeants en détention ou exilés, comme l’ancien président régional Carles Puigdemont, pour dénoncer leur situation ou tenter de les faire libérer.

Quid des autres sessions parlementaires ?

La Cour suprême a toutefois refusé de mettre fin à leur détention provisoire comme le réclamaient les avocats des cinq indépendantistes, estimant que leurs droits à la liberté d’expression et d’opinion n’étaient pas compromis. Elle ne s’est pas prononcée explicitement sur la possibilité d’accorder d’autres permissions pour assister aux sessions parlementaires.

Leur éventuelle absence pourrait avoir de lourdes conséquences politiques pour Pedro Sanchez, qui a remporté les élections sans majorité absolue. Si les députés indépendantistes en détention ne peuvent pas voter le jour de son investiture, leur vote sera alors assimilé à une abstention, ce qui abaissera automatiquement le seuil de la majorité. Pedro Sanchez n’aura alors pas besoin des partis séparatistes catalans pour être réélu à la tête du gouvernement espagnol.

Pedro Sanchez, qui a renversé en juin 2018 le conservateur Mariano Rajoy, parie sur le « dialogue » avec les Catalans malgré les difficultés. La droite continue elle de tirer à boulets rouges sur ses tentatives de rapprochement, réclamant la suspension de l’autonomie de la Catalogne, toujours dirigée par les séparatistes.

Recours du PP et de Ciudadanos

Ces derniers, qui considèrent leurs dirigeants emprisonnés comme des « prisonniers politiques », soufflent le chaud et le froid. ERC se dit ouvert à négocier mais persiste à réclamer un référendum d’autodétermination, condition inacceptable pour Madrid.

Les conservateurs du Parti populaire (PP) et les libéraux de Ciudadanos ont annoncé leur intention de déposer des recours pour priver les indépendantistes de leur siège. « La démocratie espagnole doit aussi être défendue hors des tribunaux face à ceux qui veulent en finir avec elle », a justifié le leader du PP, Pablo Casado.

Les deux chambres seront chargées de trancher la question de l’éventuelle suspension de ces cinq élus actuellement jugés et incarcérés.

Avec AFP


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