dimanche , 18 août 2019
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Comment bien choisir son chocolat? Les conseils d’une nutritionniste

NUTRITION – Que ce soit pour l’après-midi de Pâques ou par simple gourmandise, le chocolat s’est imposé dans le foyer des Français. Pour Pâques par exemple, ce ne sont pas moins de 14.500 tonnes de cacao qui son engloutis chaque année, selon une étude du Syndicat du Chocolat.

Oui, mais attention: entre appellations trompeuses et flirt avec les réglementations, ce que l’on prend parfois pour du chocolat s’avère être une simple gourmandise beaucoup trop sucrée. 

De nombreux produits vendus en supermarchés et ressemblant à du chocolat ne correspondent pas, en réalité, à la loi en vigueur pour l’Europe: pour qu’un chocolat soit considéré comme tel, il doit être composé d’au moins 35 % de cacao et au minimum 18 % de beurre de cacao (une législation qui varie selon les types de chocolat). Ce qui aboutit souvent à des appellations trompeuses, telles que “lapin au chocolat”, “confiserie recouverte de chocolat”, “enrobage chocolat” ou encore “garnitures de Pâques”, qu’il serait judicieux d’éviter pendant son shopping.

Des considérations à prendre en compte, mais même parmi les “vrais” chocolats correspondant aux normes, nombreux sont les confiseries qui contiennent en réalité plus de sucre et de graisse que de cacao.

Bien choisir son chocolat

Florence Foucaut, nutritionniste à Paris, interrogée par Le 4Suisse, conseille d’emblée de se tourner vers du chocolat à la qualification minimum de “70% de cacao”. “C’est le cacao l’ingrédient le plus intéressant nutritionnellement parlant, il est riche en fer, en magnésium”, énumère la spécialiste, qui prévient toutefois: “plus il y a de cacao, plus le produit va être gras. Mais je préfère largement conseiller un chocolat noir, qui contiendra certes du gras [le beurre de cacao, NDLR], mais aussi des fibres ou encore du polyphénol, un très bon anti-oxydant”, continue-t-elle.

Côté liste des ingrédients, c’est donc le cacao qui doit arriver en premier, et de préférence dans cet ordre là: “pâte (ou masse) de cacao”, puis “beurre de cacao”. La première est réalisée en écrasant des fèves de cacao jusqu’à l’obtention d’un liquide qui se solidifie rapidement, devenant donc la pâte de cacao. Celle-ci est toujours composée à moitié de matière grasse, le beurre de cacao, qui peut lui être séparé de la pâte. 

Ces informations sont donc à garder en tête lors de ses achats, mais la graisse du cacao n’est pas le seul souci: pour casser l’amertume du cacao, les fabricants ont tendance à rajouter du sucre, et ce, en bien trop grandes quantités.

Les chocolats de Pâques les plus populaires vus par une nutritionniste

Puisque Pâques reste la fête du chocolat par excellence, c’est sur ses best-sellers que Le 4Suisse s’est penché, en se basant sur des chiffres dévoilés par Kantar Média lors d’une étude réalisé en 2018.

Le célèbre Lapin de Lindt par exemple, star de tous les supermarchés et invité d’honneur à Pâques, précise sur son emballage qu’il est au “chocolat au lait”. Certes, mais le premier ingrédient présent dans la recette n’est rien d’autre que du sucre: 55 grammes pour 100 grammes, soit 100 grammes de sucre dans un seul lapin. Et donc… 22 carrés de sucre, indique Florence Foucaut. “De plus, les 20 grammes d’acides gras saturés correspondent tout de même à 2 cuillères à soupe de graisse”, note-t-elle.

Quant au maxi-œuf de Kinder, il est précisé qu’il s’agit d’une “confiserie enrobée de chocolat”. À juste titre: si, sur l’étiquette le premier ingrédient est du “chocolat au lait”, les ingrédients entre parenthèses affichent bien “sucre” en tant que composant principal, présent à 53,6 grammes pour 100, sachant qu’un œuf équivaut à 150 grammes.

À noter que du côté de Ferrero Rocher, la troisième marque privilégiée des Français, les friandises sont aussi grasses (environ 21 grammes d’acides gras saturés), mais moins sucrées: exemple avec le “Grand Ferrero Rocher” qui ne contient “que” 39 g de sucre pour une portion de 100 grammes.

S’il ne s’agit pas de s’interdire complètement ces friandises, il faut en consommer “avec parcimonie”, prévient Florence Foucaut. Le risque étant de surcharger son foie, surtout dans une période de fête et de repas trop gras et trop sucré en général. L’association foodwatch conseillait au 4Suisse de se contenter d’une portion de 50 grammes de ces confiseries… Soit environ un quart du célèbre lapin Or de Lindt. Plus facile à dire qu’à faire.

Des alternatives au chocolat plus saines que les confiseries traditionnelles

Le chocolat n’est par essence, pas vraiment un aliment “sain”, mais sa consommation reste un vrai plaisir, et à petites doses il peut même avoir de vrais bienfaits. Si vous choisissez de craquer en supermarché, veillez à surveiller les éléments cités plus haut et à bien choisir du “vrai” chocolat. 

L’idéal sera de se tourner vers des artisans chocolatiers, plus réglementés, et dont le cacao est le cœur de métier. C’est par exemple le cas des chocolatiers Les Chevaliers d’Argouge, dont le lapin au chocolat noir est une excellente alternative à celui de Lindt.  

Avec 72% de chocolat, la pâte de cacao arrive en premier dans les ingrédients avant le sucre. Ce qui revient à seulement 26 grammes de sucres pour 100 grammes, sachant que le lapin lui-même n’en pèse que 70. En revanche, les acides gras saturés sont là bien présents, avec une teneur de 26,4 pour 100. 

Tous les produits de l’artisan au chocolat noir sont exemplaires, en plus d’être bio et issus du commerce équitable. 

Vendu chez Monoprix, ce produit de Motta a une très bonne composition avec ses 74% de cacao: de la masse [pâte] de cacao, puis du sucre (25 pour 100g), du beurre de cacao et de la vanille en poudre. Sa forte teneur en cacao en fait un produit gras (27g d’acides gras saturés pour 100g).

Enfin, pourquoi ne pas opter tout simplement pour une très bonne tablette de chocolat noir à plus de 70%? Chez des artisans chocolatiers, ou tout simplement en se tournant vers l’une des marques les plus plébiscitées des Français:

Ce chocolat bio de chez Côté d’Or contient 70% de cacao, et seulement 29 grammes de sucre pour 100, avec 25 grammes d’acides gras saturés.

Les tablettes de chocolat cuisinie de Nestlé se déclinent aussi en version “absolu”, avec tout juste 70% de cacao, en faisant un chocolat idéal pour vos préparations ou simplement à croquer. 

Et pour ceux qui apprécient (vraiment) l’amertume, de nombreux chocolatiers proposent désormais des produits à plus de 90% de cacao. Un produit garanti certes, un peu plus gras et très amer, mais très peu sucré à l’image de celui de chez Lindt. 

Avec seulement 7% de sucres, ce chocolat fera le bonheur des palais les plus exigeants.

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