mercredi , 17 juillet 2019
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Connaissez-vous les troubles bipolaires et leurs conséquences ?

Classé parmi les dix pathologies les plus invalidantes selon l’Organisation mondiale de la santé, le trouble bipolaire nécessite une prise en charge tout au long de la vie. A l’occasion de la Journée mondiale des troubles bipolaires, la Fondation FondaMental a mené un sondage pour mieux identifier les actions prioritaires à mener afin d’améliorer la prise en charge des personnes vivant avec cette maladie psychiatrique.


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Maladie mentale chronique, les troubles bipolaires alternent des épisodes maniaques (agitation, élévation de l’humeur, idées de grandeur) et des épisodes dépressifs avec des moments de rémission. Ces derniers touchent entre 1 et 2,5 % de la population, soit entre 650 000  et 1 650 000 personnes en France. L’Organisation mondiale de la santé les place au 6e rang mondial des handicaps, les malades présentant une espérance de vie réduite de 10 ans en moyenne par rapport à la population. A l’occasion de la Journée mondiale des troubles bipolaires le 30 mars, la Fondation FondaMental dévoile les résultats d’une enquête sur la connaissance des Français mais aussi des médecins sur le sujet.

Les résultats montrent que la quasi-totalité des Français (94%) connaît au moins de nom la maladie, une proportion stable depuis 10 ans. Mais en y regardant de plus près, seuls 35% d’entre eux sont capables de la décrire et 59% ne la connaissant que de nom. Par ailleurs, plus de 80% des sondés évaluent de façon correcte la prévalence des troubles bipolaires, le risque de suicide associé ainsi que la nécessité de prendre un traitement à vie. A noter que selon la Haute Autorité de santé (HAS), le trouble bipolaire est l’une des pathologies psychiatriques les plus graves, qui conduit à des tentatives de suicide : un malade sur deux fera au moins une tentative de suicide dans sa vie et 15 % décèderont par suicide.

L’emploi, première préoccupation des Français

Malgré ce bon niveau général de connaissances, une zone d’ombre perdure : le lien entre troubles bipolaires et maladies cardiovasculaires reste très méconnu. En effet, 79% des Français et 68% des médecins généralistes l’ignorent, tout comme une majorité de patients et les aidants, à respectivement 62,9% et 61,9%. « Nous avons montré que la prévalence du syndrome métabolique est deux fois plus importante chez les patients qu’en population générale. Ces anomalies métaboliques (diabète, glycémie, hypertension…) prédisposent aux maladies cardiovasculaires qui sont la première cause de mortalité de nos patients », explique Marion Leboyer, directrice de la Fondation FondaMental.

A l’instar de nombreux autres sondages sur la qualité de vie des patients souffrant de maladies chroniques, 52% des Français, 69,9% des patients et 65,1% des aidants estiment que le maintien ou le retour à l’emploi constitue le premier des défis auxquels sont confrontés les malades. Les réponses montrent en revanche des variations selon les populations interrogées quant aux deux autres défis principaux : pour les patients, la tolérance aux effets secondaires est une préoccupation forte (50%) après l’emploi, juste avant le fait d’avoir une vie de couple (48%). Pour les aidants, 60% identifient le fait de prendre son traitement et d’avoir une bonne hygiène de vie comme les deux autres défis prioritaires.

Les médecins généralistes, acteurs incontournables du repérage

Le diagnostic du trouble bipolaire est complexe pour plusieurs raisons, notamment parce que les épisodes de manie peuvent passer inaperçus pour le médecin comme pour le patient lui-même. Dans ce domaine, les patients et aidants consultent davantage leur généraliste que la population générale (respectivement 84% et 76% vs 68% dans les six derniers mois) et évoquent plus facilement leur état psychologique avec lui. Toutefois la réticence à évoquer ce sujet très précis est plus forte chez les Français et touche spécifiquement les jeunes : 53% des sondés, parmi lesquels 60% des 18-24 ans et 64% des 25-34 ans, déclarent ne pas s’ouvrir facilement sur leur état psychologique à leur médecin généraliste.

Or, ce silence peut constituer un frein au repérage précoce. « Cette situation est d’autant plus dommageable que les généralistes ont bonne connaissance des signaux d’alerte évoquant un trouble bipolaire. », ajoute la Fondation. Ainsi, la suspicion d’un trouble bipolaire est envisagée par les praticiens à 91% devant des éléments évocateurs d’une crise maniaque, à 84% face à un épisode dépressif récidivant et à 81% en cas d’antécédents familiaux. Devant des signes évocateurs d’un trouble bipolaire, 70% des généralistes mettent en place un suivi conjoint avec un psychiatre, il n’empêche que 90% d’entre eux trouvent ces patients difficiles à soigner et 86% leur consacrent plus de temps qu’aux autres patients.

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