dimanche , 16 juin 2019
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Dans « Vernon Subutex », Céline Sallette vole la vedette à Romain Duris

SÉRIE – « Il a tous ses cheveux, son blouson, et le rock »: « Vernon Subutex », la nouvelle création originale de Canal+ débarquera sur vos écrans à partir du lundi 8 avril. Inspirée de la trilogie littéraire de Virginie Despentes parue entre 2015 et 2017 et acclamée par le public, la série a été réalisée par Cathy Verney (« Hard », « Fais pas ci, fais pas ça ») et suit « un roman et demi », avait précisé Romain Duris à Allociné.

Composée de 9 épisodes de près de 40 minutes que nous avons pu voir en avant-première, elle narre essentiellement l’histoire de Vernon Subutex (Romain Duris), ou plutôt de sa chute. Ancien disquaire en faillite face à l’essor du CD et du numérique, il se retrouve au sein d’une affaire judiciaire avec en sa possession des cassettes compromettantes que certaines personnes convoitent… Mais aux côtés du anti-héros de Romain Duris, c’est le personnage incarné par Céline Sallette qui a retenu toute notre attention.

La Hyène se transforme dans « Vernon Subutex »

Certes, Romain Duris tient le rôle principal et l’évolution de la précarité de son personnage est le fil conducteur de la série. Mais ni Romain Duris, ni Vernon Subutex ne sont vraiment les stars du show. Comme dans le roman, la galerie de personnages imaginée par Virginie Despentes rend d’autres coups de cœur possible, un en particulier. Il y a de grande chance pour que le téléspectateur soit impressionné par « La Hyène », enquêtrice freelance et un brin violente incarnée par Céline Sallette. Personnage clé dans « Vernon Subutex », La Hyène était surtout connue des lecteurs de Despentes pour son propre roman « Apocalypse Bébé » paru en 2010, qui avait d’ailleurs remporté le prix Renaudot.

La Hyène est une ancienne détective privée reconvertie dans la traque sur les réseaux sociaux. « C’est une lesbienne un peu acariâtre, un peu comme si Clint Eatswood était lesbienne », rapporte Virginie Despentes dans une interview accordée à LCP en juin 2015. « Elle est drôle à manipuler parce que tout ce qu’elle dit, c’est quelque chose que je n’oserai pas faire dans ma vie », ajoute l’auteure. C’est aussi le personnage qui évolue le plus dans la série: violente et manipulatrice en début de saison, elle finit par s’attendrir et cherche la rédemption.

Payée par le grand producteur Laurent Dopalet (Laurent Lucas) pour récupérer les cassettes compromettantes, elle va être profondément transformée par cette aventure humaine, de sa relation avec Anaïs (la chanteuse et musicienne rock Fishbach qui fait une première apparition réussie dans l’univers du cinéma et des séries) à sa rencontre avec Aïcha (Iman Amara- Korba) et toutes les personnes qui entourent Vernon.

Si ce personnage provoque autant d’engouement, la prestation de Céline Sallette y est pour beaucoup. Après être passée par les planches du théâtre, elle a conquis au fur et à mesure le cinéma français. Révélée dans « L’Apollonide: Souvenirs de la maison close » réalisé par Bertrand Bonello en 2011 qui lui a valu une nomination pour le César du meilleur espoir féminin, l’actrice de 38 ans enchaîne les projets: elle apparaît dans « De rouille et d’os » (2012) de Jacques Audiard, « Nos années folles » (2017) d’André Téchiné ou encore dans « Un peuple et son roi » (2018) de Pierre Schoeller.

Céline Sallette est aussi familière avec l’univers de la série: elle a incarné Julie Meyer dans « Les Revenants » (2012-2015), une autre création originale de Canal+ réalisée par Fabrice Gobert. Pour ce nouveau rôle dans « Vernon Subutex », l’actrice s’est littéralement métamorphosée: coupe à la garçonne, tatouages, elle confère au personnage un charisme et un sex-appeal sans faille.

Une satire de la société française contemporaine

La particularité de « Vernon Subutex », c’est aussi cette « cartographie » de la société française contemporaine. Dans le tome un, Virginie Despentes dresse en effet une série de portraits d’une multitudes de personnages appartenant à des milieux différents: le rock, la mode, la musique, la finance, le cinéma, ou encore la pornographie.

Dans la série, cette galerie de personnages est impossible à reproduire en seulement neuf épisodes. Globalement, chaque partie se concentre sur un personnage et ils tous ont un point commun: la détresse. Car il est bien là l’enjeu de « Vernon Subutex »: construire une satire sociale en retraçant l’histoire d’une génération qui a mal vécu la fin du rock et qui s’est fait dévorer par un système capitaliste. Et dans ce sombre tableau, La Hyène de Céline Sallette attire tous les regards.


Première apparition

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