mardi , 25 juin 2019
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De l’intégration au décret anti-migrants, le nouveau visage de Milan

Première publication :

Depuis l’entrée en vigueur en 2018 d’un décret-loi anti-migrants, les conditions d’accueil des demandeurs d’asile ont bien changé à Milan, ville natale de Matteo Salvini et de la Ligue du Nord. Reportage de nos envoyés spéciaux.

Gare centrale de Milan, porte d’accès à l’Europe pour des milliers de migrants en quête d’un avenir meilleur. C’est le cas de Boubacar, demandeur d’asile qui a quitté la Guinée en 2017, qui dit avoir perdu ses parents dans de violentes manifestations.

Arrivé avec son épouse enceinte à l’époque, ils ont été pris en charge dans un centre d’accueil. Tous n’ont pas cette chance. La plupart sont livrés à eux-mêmes. Avec le décret anti-migrants du ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, les contrôles de police ont été renforcés, la demande de Boubacar a été rejetée. À tout moment, il risque l’expulsion.

Gift, elle, a fui le Nigeria il y a plus de trois ans. Elle vit en colocation dans un appartement mis à disposition par l’organisation catholique Caritas. Comme 12 000 autres personnes, elle détient un permis humanitaire et a ainsi pu suivre une formation dans la restauration. Un parcours désormais impossible : le permis humanitaire a été supprimé, remplacé par des titres de séjours plus courts.

Avenir incertain pour les ONG

Avec la nouvelle loi, les petites structures s’inquiètent aussi pour leur avenir. Les 146 000 demandeurs d’asile seront bientôt regroupés dans des centres plus grands et les allocations réduites de 35 à 18 euros par jour par personne. À Milan, 5 000 demandeurs d’asile sont accompagnés et logés dans ces centres. Pour l’opposition de centre gauche, le décret Salvini pousse des milliers de personnes dans la clandestinité.

Plus de contrôles, moins de dépenses et priorité aux Italiens : la majorité d’extrême-droite dit vouloir en finir avec le laxisme du passé. L’Italie de Salvini entend repousser les migrants en mer Méditerranée et réclame un meilleur traitement des demandes d’asile entre les 27.

>> À voir aussi : L’Italie sous pression populiste

Nombre d’habitants* : 60,8 millions
Nombre de votants* : 46 604 925 électeurs
Nombre de députés à élire* : 76 députés (dont trois nouveaux)
Date d’entrée dans l’UE* : 1957
Date d’entrée dans l’euro* : 1er janvier 1999
Majorité actuelle au gouvernement : coalition de l’extrême droite (Ligue) et du parti populiste Mouvement 5 étoiles (M5S)
Mode de scrutin** : Les eurodéputés italiens sont élus au scrutin proportionnel de listes (circonscriptions régionales), et les sièges sont répartis entre les listes ayant dépassé 4 % des suffrages exprimés.

Sources : *Eurostat et **Fondation Robert Schuman


Retrouvez cet article sur : AFP

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