dimanche , 18 août 2019
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Dépistage du cancer du col de l’utérus : plaidoyer pour le test HPV

Le dépistage du cancer du col de l’utérus est basé en France sur le frottis cervico-utérin. Un collectif de biologistes, de médecins et de patientes réclame d’urgence l’utilisation d’un test plus fiable, comme le font déjà d’autres pays. 

« Le cancer du col de l’utérus, à la différence d’autres cancers, est totalement évitable. Quand nous sommes confrontés à un cancer du col invasif, c’est un échec complet », rappelle le Dr Joseph Monsonego, gynécologue, qui plaide en faveur d’un dépistage plus efficace de cette maladie. Rappelons que le cancer du col frappe 3 000 femmes chaque année en France et en tue plus d’un millier. 

La stratégie française de dépistage est basée sur le frottis cervico-utérin. Des cellules sont prélevées sur le col de l’utérus de la patiente, mises en culture et examinées au microscope par un biologiste. Mais, dans 30% des cas, ce test ne permet pas de détecter la présence de lésions précancéreuses.

Un autre test, plus spécifique, cible plus particulièrement les papillomavirus (HPV) responsables du cancer du col. Il est très fiable puisqu’il repère les virus HPV dans 99 % des cas. Dans de nombreux pays, ce test est utilisé en première intention (Pays-Bas, Suède, Norvège, Royaume-Uni, Turquie, Italie, Australie, Belgique, Irlande ; l’Allemagne et les Etats-Unis pratiquant le cotesting). Si le résultat est positif, cela ne signifie pas automatiquement que la patiente est atteinte d’un cancer. Pour le vérifier, on pratique alors un frottis classique – donc une analyse des cellules – pour repérer des signes précurseurs.  

Dans un appel lancé le 18 avril 2019, un collectif de biologistes, gynécologues, patientes et leur famille, réclame que la France modifie au plus vite sa stratégie de dépistage. 

« La logique médicale et scientifique veut qu’on utilise le test HPV en premier et le frottis pour signer la cancérisation », explique Richard Fabre, biologiste médical et porte-parole du collectif « HPV maintenant ! ».

« Avec le test HPV, on dépiste 3,2 femmes en plus pour 1 000 tests », argumente à son tour le Dr Geneviève Ferret, biologiste. 

Le collectif préconise qu’un kit d’autoprélèvement comprenant ce test HPV soit adressé en priorité aux femmes les plus défavorisées, celles qui ne se font pas habituellement dépister. Concrètement, le test se présente comme un tampon à introduire dans le vagin. Il est ensuite envoyé en laboratoire pour analyse. Des études ont montré l’efficacité d’un tel dispositif. Ce serait une façon d’amorcer le changement. 

Actuellement, le test HPV coûte 27 € et il n’est pas remboursé. Le frottis, lui, coûte 17 € et il est pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale.

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