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depuis le référendum de 2016, un long divorce semé d’embûches



Un vote décisif doit intervenir mardi soir au Parlement britannique sur l’accord de Brexit. Retour sur deux ans et demi d’un parcours laborieux et plein de surprises depuis le référendum du 23 juin 2016.

  • 23 juin 2016 : référendum sur le Brexit

Après 43 ans d’appartenance à la communauté européenne, les électeurs britanniques se prononcent par référendum à près de 52 % pour une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

David Cameron, le Premier ministre conservateur qui a organisé cette consultation et fait campagne pour le maintien dans l’UE, annonce sa démission. Le 13 juillet, il cède sa place à sa ministre de l’Intérieur, Theresa May.

  • 17 janvier 2017 : discours de Theresa May, partisane du Brexit dur

Devant des diplomates étrangers et les négociateurs britanniques du Brexit réunis à Lancaster House, là même où Margaret Thatcher avait annoncé en 1988 le soutien britannique au marché unique, Theresa May annonce que le Royaume-Uni quittera le marché unique européen en même temps que l’Union européenne.

« Pas d’appartenance partielle à l’Union européenne, pas de statut de membre associé de l’UE, rien qui nous laisse à moitié dehors, à moitié dedans. Nous ne cherchons pas à adopter un modèle dont bénéficient déjà d’autres pays », annonce-t-elle. « Même si je suis sûre qu’un accord positif peut être trouvé, je suis également claire pour dire qu’aucun accord pour la Grande-Bretagne vaut mieux qu’un mauvais accord », ajoute-t-elle.

Neuf mois après le vote des Britanniques, May enclenche formellement la procédure de divorce en activant dans une lettre au président du Conseil européen, Donald Tusk, l’article 50 du Traité européen de Lisbonne.

Le texte prévoit que « tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union » et fixe un délai de deux ans pour négocier les modalités du divorce. Le Brexit devra être négocié et ratifié d’ici au 29 mars 2019 à 23h00 GMT.

>> À lire : Theresa May signe sa lettre de rupture avec l’Union européenne

  • 31 mars 2017 : première phase de négociations

Donald Tusk répond à Londres et présente la feuille de route des Européens pour les discussions à venir, avec une première phase portant sur les modalités du divorce. Dans un deuxième temps seulement, une éventuelle période de transition et des futures relations commerciales entre Londres et les Européens sera négociée. Parmi leurs exigences, les Vingt-Sept réclament le règlement des engagements financiers existants pris par Londres – la facture doit se chiffrer en dizaines de milliards d’euros – et l’octroi d’un permis de résidence aux 3 millions de ressortissants européens vivant en Grande-Bretagne. Il s’agit aussi d’éviter le retour d’une frontière « physique » entre la république d’Irlande et l’Irlande du Nord. Le Brexit , la procédure de divorce avec l’UE, est officiellement lancée.

>> À lire : Le Brexit, et après ? Petit passage en revue des conséquences possibles

  • 8 juin 2017 : échec aux législatives

Les élections législatives anticipées ordonnées par Theresa May pour asseoir son autorité tournent au cauchemar pour la Première ministre : son Parti conservateur perd sa majorité absolue à la Chambre des communes. Theresa May est contrainte de faire alliance avec les dix élus nord-irlandais du Parti unioniste démocratique d’Ulster (DUP), si elle veut gouverner. Sa position est fragilisée avant même le lancement officiel des négociations avec Bruxelles.

  • 8 décembre 2017 : premier accord de principe

« Fumée blanche » à Bruxelles où le Royaume-Uni et l’Union européenne annoncent à l’aube un accord de principe sur les modalités de leur divorce, ce qui va leur permettre de passer à la seconde phase des négociations.

  • 15 décembre 2017 : clause de « backstop » pour l’Irlande du Nord

Réunie en sommet à Bruxelles, l’Union européenne valide l’ouverture de la deuxième phase des négociations sur la sortie du Royaume-Uni tout en mettant en garde contre la difficulté des discussions à venir.

Theresa May, sur la question irlandaise, donne son accord de principe à une solution dite de « backstop », une clause de sauvegarde qui s’appliquerait en dernier recours – si Londres et Bruxelles ne parviennent pas à s’entendre sur une solution – pour éviter le retour de contrôles douaniers entre l’Irlande et l’Irlande du Nord en maintenant la province britannique au sein de l’union douanière et du marché unique.

  • 19 mars 2018 : période de transition validée

Un accord est conclu à Bruxelles entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne sur la période de transition post-Brexit qui devrait courir jusqu’au 31 décembre 2020. Des détails restent toutefois à discuter sur le dossier de la frontière irlandaise, indique Barnier.

>> À lire : Theresa May entrevoit quelques « dures réalités » suite au Brexit

  • Un été 2018 mouvementé

Le 6 juillet, Theresa May réunit son gouvernement en séminaire à Chequers, sa résidence officielle au nord de Londres, pour définir un Livre blanc sur le Brexit. Le 9 juillet, David Davis, ministre du Brexit, et Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères, démissionnent coup sur coup pour protester contre ce texte, qui est rendu public trois jours plus tard. Le 19 juillet, la Commission européenne publie un document expliquant aux Vingt-Sept la marche à suivre en cas d’absence d’accord avec Londres et leur demandant d’accélérer les préparatifs en vue d’une « sortie sèche ».

« Si l’accord de retrait n’est pas ratifié avant le 30 mars 2019, il n’y aura pas de période de transition et le droit de l’UE cessera de s’appliquer au Royaume-Uni à partir du 30 mars 2019. Il s’agit là du scénario du ‘no deal’ ou de la ‘rupture brutale' », prévient la Commission.

Le 3 août, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, indique que le risque que la Grande-Bretagne quitte l’UE sans deal est « désagréablement élevé ». « Chacun doit se préparer à la possibilité d’un Brexit chaotique sans accord », a prévenu par la suite le nouveau chef de la diplomatie, Jeremy Hunt.

>> À lire : Déjà trop tard pour bien faire ?

  • 19-20 septembre 2018 : achoppement sur l’Irlande de Nord

Au Conseil européen informel de Salzbourg, la question de la frontière irlandaise demeure un obstacle infranchissable. La dirigeante britannique répète que son projet de Chequers est la seule solution viable. « C’est mon accord ou pas d’accord du tout », met en garde Theresa May. Une opinion que ne partage pas ses interlocuteurs. Donald Tusk, président du Conseil européen, estime que Chequers ne fonctionnera pas, tandis qu’Emmanuel Macron évoque un projet inacceptable en l’état.

  • 18 octobre 2018 : impasse

Le Conseil européen de Bruxelles fait une nouvelle fois le constat d’une impasse. Theresa May et d’autres dirigeants européens expriment cependant leur confiance dans leur capacité d’éviter un Brexit sans accord. Mais la Première ministre britannique devra pour cela surmonter le désordre au sein de sa propre majorité, préviennent plusieurs de ses partenaires européens.

  • 20 octobre 2018 : un second référendum ?

Des centaines de milliers de partisans du maintien du Royaume-Uni au sein de l’UE défilent dans les rues de Londres pour réclamer un second référendum sur le Brexit. Les organisateurs chiffrent à 700 000 le nombre de manifestants, du jamais vu en Grande-Bretagne depuis une manifestation contre la guerre en Irak en 2003.

  • 13 novembre 2018 : accord approuvé à Londres, démissions à la chaîne

À la suite de fuites dans les médias irlandais et britanniques, le gouvernement britannique confirme que les négociateurs de l’Union européenne et de la Grande-Bretagne ont fini par s’entendre sur un projet technique d’accord.

Réunis par Theresa May, les principaux ministres britanniques appuient l’accord technique et recommandent qu’il soit approuvé par le gouvernement. À Bruxelles, Barnier salue une étape décisive.

Mécontents des termes de l’accord négocié, plusieurs de ses ministres démissionnent, y compris son ministre du Brexit, Dominic Raab.

  • 12 décembre 2018 : échec du vote de défiance

Par 200 voix contre 117, Theresa May survit à un vote de défiance déclenché par ses rivaux au sein du Parti conservateur. Theresa May, maintenue, est toujours aussi contestée au Parlement

  • 13-14 décembre 2018 : lassitude à Bruxelles

Venue à Bruxelles pour tenter d’arracher, à l’occasion d’un énième sommet européen dominé par le Brexit, des éléments susceptibles de favoriser l’adoption à Londres de l’accord négocié, Theresa May se heurte à l’intransigeance des dirigeants européens gagnés par la lassitude.

Le président du Conseil européen souligne que le « backstop » n’est qu’une assurance et que dans l’éventualité où il devrait entrer en vigueur, l’UE négocierait rapidement avec Londres pour parvenir à un accord commercial large qui le remplacerait.

>> À lire : Theresa May écarte à nouveau l’idée d’un second référendum sur le Brexit

  • 9 janvier 2019 : nouveau camouflet pour Theresa May

Reprise des débats à la Chambre des communes après la pause de Noël. Theresa May y subit un revers. Le Parlement inflige un nouveau camouflet à May en cherchant à réduire de façon drastique le délai laissé au gouvernement pour présenter un « plan B » de sortie de l’Union européenne en cas de rejet du projet actuel lors du vote fixé au le 15 janvier.

Avec AFP


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