jeudi , 22 août 2019
Accueil » Santé et Remise en forme » Des cellules de cerveaux de porcs morts réactivées après le décès

Des cellules de cerveaux de porcs morts réactivées après le décès

Des chercheurs en neurosciences sont parvenus à rétablir la circulation sanguine et l’activité cellulaire dans le cerveau de porcs décédés quatre heures auparavant. Une expérience qui floute un peu plus la frontière entre le mort et le vivant.


© istock

Dans une étude parue le 17 avril dans la revue Nature, des neuroscientifiques de la Yale School of Medicine de New Haven (Connecticut, États-Unis) rapportent avoir réussi à rétablir certaines fonctions neuronales dans le cerveau de porcs alors que ceux-ci étaient décédés plusieurs heures auparavant.

Jusqu’alors, il était admis que la mort des cellules était quasiment instantanée après le décès d’un individu. Cette expérience laisse entendre que les cellules cérébrales et la circulation sanguine pourraient reprendre une activité après la mort.

Le cerveau intact d’un grand mammifère conserve une capacité de restauration de la circulation et de certaines activités moléculaires et cellulaires plusieurs heures après un arrêt circulatoire, qui avait été sous-estimée jusqu’alors”, a résumé Nenad Sestan, auteur principal de cette étude.

Cependant, les chercheurs précisent que le cerveau ainsi “réveillé” n’a présenté aucun signal électrique associé à une fonction cérébrale normale. Autrement dit, si la circulation sanguine et la vie cellulaire a pu reprendre, aucune communication n’a eu lieu entre neurones.

Nous n’avons à aucun moment observé le type d’activité électrique organisée associée à la perception et à la conscience”, a déclaré Zvonimir Vrselja, coauteur de l’étude. “Cliniquement parlant, il ne s’agit pas d’un cerveau vivant, mais d’un cerveau actif sur le plan cellulaire”, a-t-il nuancé.

Ce que cette étude indique, c’est simplement que la détérioration des cellules neuronales après l’arrêt du flux sanguin pourrait être un processus long, et non immédiat ou presque comme on a pu le penser.

Conscients des questions éthiques que peut soulever une telle expérience, les chercheurs affirment que “la restauration de la conscience n’a jamais été l’objectif de cette recherche”, et que l’équipe s’était tenue prête à tout arrêter si une activité électrique neuronale s’était remise en place, ce qui n’a pas eu lieu.

Pour les auteurs, cette expérience pourrait constituer une nouvelle voie d’expérimentation pour mieux comprendre et traiter les affections cérébrales telles que les hémorragies et autres AVC.

Source : Science Daily

À lire aussi


Première apparition

A lire aussi: