mercredi , 29 janvier 2020
Accueil » Développement Personnel » Enquête : le recrutement et la recherche d’emploi en 2019

Enquête : le recrutement et la recherche d’emploi en 2019


Marché de l’emploi

Par Stéphanie Davalo | Publié le 14/11/2019 – Mis à jour le 19/11/2019


Comme chaque année, notre grande enquête a livré ses conclusions sur le process de recrutement, du côté des pros comme de celui des candidats. Comment recrute-t-on en 2019 ? A qui revient le luxe de pouvoir choisir ? Qu’est-ce qui distingue une bonne candidature d’une mauvaise ? Les réponses nous permettent de mieux comprendre ce qui se joue derrière une offre d’emploi ou un CV.

Enquête : le recrutement et la recherche d'emploi en 2019


Un recruteur sur deux estime que les recrutements sont plus compliqués en 2019 qu’en 2018

Pour plus d’un recruteur sur deux, les recrutements des 12 derniers mois sont plus compliqués que l’année précédente. En cause : des candidats plus sollicités (67%) et un vivier de candidats moins important (55%). 40% mentionnent aussi des exigences plus importantes côté candidats. Seulement 3% jugent le recrutement plus facile en 2019 qu’en 2018, quand 44% le jugent ni plus simple, ni plus compliqué.

Des recruteurs plus exigeants aux yeux des candidats

De leur côté, 44% des candidats trouvent que chercher un emploi actuellement est plus compliqué que lors de leur précédente recherche, quand 14% pensent le contraire. Ils estiment que les recruteurs sont plus exigeants sur les compétences et qu’eux-mêmes sont plus exigeants sur le poste recherché, qu’il y a moins d’offres et qu’elles sont moins attractives. Parmi les facteurs de simplification, ils citent en majorité une augmentation du nombre d’outils disponibles, l’augmentation du nombre d’offres et des recruteurs plus ouverts à leurs profils.

Près d’un recruteur sur deux utilise un ATS

Les sites internet d’offres d’emploi restent de loin les outils les plus utilisés par les recruteurs comme par les candidats. Pour compléter sa panoplie, un recruteur sur deux fait déjà appel aux ATS et aux solutions de multidiffusion.

Le mobile, pour candidater aussi

Les candidats sont toujours plus nombreux à utiliser leur mobile dans leur recherche d’emploi. En 2018, 76% disaient l’utiliser pour postuler, ils sont 81% en 2019. Les candidats aux profils les moins digitaux se laissent eux aussi convaincre. 61% des sondés accèdent d’ailleurs à leur CV depuis leur mobile

Les offres augmentées répondent aux attentes des candidats

Au-delà des informations incontournables (poste, salaire…), les offres d’emploi s’enrichissent désormais de contenus photos et vidéos qui donnent au candidat un premier aperçu du quotidien au sein des entreprises qui recrutent. Aujourd’hui, 2/3 des recruteurs utilisent les possibilités de ces offres augmentées ou ont l’intention de le faire. Si l’annonce augmentée ne suffit pas toujours à elle-seule à convaincre les candidats, elle reste un argument sérieux : près d’un sur deux (46%) passe plus de temps sur une annonce quand elle comprend des photos ou des vidéos de l’entreprise qui recrute. 1/3 se dit même plus enclin à postuler si l’offre est augmentée.

Les candidats refusent un temps de transport trop long

Dur de trouver l’offre parfaite : il faut parfois faire des concessions quand on postule, mais pas sur tout : 45% des candidats ne sont pas flexibles sur la rémunération, 46% ne le sont pas sur la distance à leur domicile.

L’équilibre vie pro/vie perso au premier rang

Dans le package proposé par les entreprises, les candidats plébiscitent les horaires flexibles (52%), le 13e mois (45%), la prime de participation aux bénéfices (35%), les avantages liés à la mutuelle (27%) et le télétravail (25%). Les tickets restaurant (13%), le séminaire annuel (5%) ou le téléphone de fonction (3%) arrivent loin derrière.

Les recruteurs n’hésitent pas à repêcher un CV

70% des recruteurs éliminent plus d’un CV sur deux en première phase de sélection. Mais deux sur trois repêchent parfois un CV recalé lors de la première phase de sélection, d’où l’intérêt pour les candidats de bien faire le suivi de leurs candidatures et de relancer les entreprises.

La recommandation d’un CV en une page toujours d’actualité

62% des recruteurs préfèrent les CV en une seule page. Ils peuvent à la rigueur ne pas avoir de préférence (35%) mais ils ne sont que 3% à préférer un CV en plusieurs pages. Dans le doute, les candidats ont donc tout intérêt à opter pour le CV en une seule page.

A la poubelle, la lettre de motivation ?

Plus de la moitié des recruteurs ne lisent pas systématiquement les lettres de motivation, un recruteur sur deux la juge pourtant importante ou très importante. Le CV reste le document roi d’une candidature et quand il ne convainc pas les recruteurs, la lecture de la lettre de motivation ne se fait pas.

Dans un deuxième temps, la lettre de motivation garde pourtant toute son importance pour compléter un « bon » CV ou pour éliminer un doute. Une bonne raison pour ne pas la négliger, si elle n’est pas un élément central de la sélection, elle peut faire pencher la balance.

Ce qui distingue un bon CV d’un mauvais

Les recruteurs éliminent en priorité les CV qu’ils jugent trop brouillons ou pas assez lisibles (78%) et ceux avec des fautes (71%). Une exigence de lisibilité plutôt logique quand on sait que les recruteurs accordent 30 secondes à chaque CV pour faire un premier tri.

A l’inverse, ils favorisent les CV qui présentent des expériences détaillées et chiffrées (87%) et apprécient un CV bien designé (moderne, clair, esthétique) pour 50%. Pour autant, un CV au design fantaisiste ne les rebute pas (ils sont seulement 8% à pénaliser un design trop fantaisiste).

Candidatures : les entreprises face à leur attractivité

Pour un poste ouvert, le nombre de candidatures reçues est très variable d’une entreprise à l’autre. 15% des recruteurs interrogés disent recevoir en moyenne moins de 5 candidatures, la même proportion en annonce plus de 50.

Deux entretiens, un minimum pour faire son choix

Pour 55% des recruteurs, il faut deux entretiens avant d’être convaincu de la pertinence d’une candidature. Lors de l’entretien, les recruteurs se font accompagner au cas par cas : pour certains (26%), c’est à partir du deuxième entretien, pour d’autres seulement sur certains postes. Pour un tiers d’entre eux, l’entretien à plusieurs est systématique, notamment pour juger de la future intégration d’un candidat dans son équipe.

Les soft skills sont non négociables

Les soft skills sont jugées très importantes ou importantes par 87% des recruteurs. Et le résultat est le même quand on demande aux candidats de juger de leur importance aux yeux des recruteurs.

Quelles soft skills en particulier ? Pour les recruteurs, c’est l’esprit d’équipe (57%), le respect (40%) et l’autonomie (32%). Les candidats cernent bien les soft skills les plus importantes aux yeux du recruteurs en citant l’esprit d’équipe (45%), l’autonomie (44%) et l’organisation (39%). Le respect reste absent du podium proposé par les candidats, comme en 2018.

Pour convaincre le recruteur, trouver la bonne posture

En entretien, les recruteurs auront du mal à se laisser convaincre par un candidat trop nonchalant (70%), arrogant et trop sûr de lui (69%) ou souffrant d’un manque d’hygiène (62%). Ils attendent également des candidats qu’ils soient capables de répondre à leurs questions et qu’ils soient préparés, avec une bonne connaissance de l’entreprise et de son métier.

La question piège des uns n’est pas celle des autres

73% des recruteurs ne posent jamais de questions pièges en entretien. Pour un quart d’entre eux, c’est parfois et ils ne sont que 3% à le faire systématiquement.

44% des candidats disent pourtant qu’on leur pose des questions pièges en entretien (toujours ou parfois) et 41% que cela arrive, mais rarement. La raison du décalage avec les recruteurs ? Les questions pièges des recruteurs ne sont semble-t-il pas celles des candidats, qui citent la question de la rémunération comme une question piège là où les recruteurs pensent plutôt à des énigmes ou des questions du type « si vous étiez un animal… ».

 

Moins de trois mois pour trouver le bon candidat

Pour l’écrasante majorité des recruteurs, un recrutement se fait en moins de 3 mois, de la réception des candidatures au choix du candidat définitif parmi une short list composée de 3 profils.

 

Des points de vue différents  sur le marché du recrutement

La réponse à cette question résume bien les tensions sur le marché du recrutement. Quand on leur demande qui est en position de choisir actuellement, les candidats et les recruteurs se rejettent ce luxe. 65% des candidats jugent ainsi que ce sont les recruteurs qui sont en position de force, quand 70% des recruteurs affirment le contraire.