mercredi , 17 juillet 2019
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Donald Trump est-il menacé de destitution après les révélations de Michael Cohen devant le Congrès?


Une procédure de destitution à l’encontre de Donald Trump est-elle envisageable, à la lumière des révélations fracassantes de son ancien avocat devant la commission de la Chambre des représentants, ce mercredi? 

Michael Cohen n’a pas mâché ses mots à l’encontre du président américain, qu’il « soupçonne » d’être impliqué dans des faits d’ingérence avec la Russie lors de la campagne électorale de 2016, alors que l’enquête sur le sujet menée par le procureur spécial Robert Mueller suit son cours.

L’audition qui fait trembler Trump?

Et la liste des motifs pour lesquels Donald Trump pourrait être inquiété ne s’arrête pas là. L’ancien homme de confiance du président américain a livré un portrait d’une rare dureté, et enchaîné les accusations embarrassantes pour son ancien client, que ce soit sur les Wikileaks, ses relations extra-conjugales, ou encore « son racisme ». Cohen évoque aussi « d’autres actes répréhensibles ou illégaux impliquant le président américain ».

Cependant, Michael Cohen a livré, devant la Chambre des représentants, « beaucoup d’impressions et se base principalement sur des appréciations personnellement et très peu sur des éléments factuels », explique à BFMTV.com Corentin Sellin, auteur et professeur agrégé d’histoire en classe préparatoire. 

« Ce qui est important, c’est de savoir si Cohen a été témoin et a des preuves d’un crime commis par Donald Trump, et ça, on y est pas tout-à-fait », fait valoir pour sa part Jean-Bernard Cadier, notre correspondant à Washington.

Michael Cohen a effectivement amené au Congrès une preuve matérielle (la copie d’un chèque) que Donald Trump avait illégalement payé d’anciennes maîtresses, deux actrices pornographiques, afin qu’elles taisent leur relation avec lui pendant la campagne présidentielle. Mais pas plus. Sur la question centrale de l’ingérence russe, il martèle avoir des « soupçons » mais n’apporte « aucune preuve ».  

« De plus, Cohen apparaît extrêmement hésitant dans ses déclarations, même sur les questions les plus bienveillantes des députés à son égard, et il est évidemment fragilisé par le fait qu’il ait déjà menti devant le Congrès et qu’il a été condamné pour blanchiment d’argent qui n’ont rien à voir avec Trump », détaille Corentin Sellin.

« Pas assez pour lancer un ‘impeachment' »

Une procédure de destitution d’un président en exercice doit nécessairement être lancée par le Congrès américain (soit la Chambre des représentants et le Sénat). Si la majorité de la Chambre des représentants estime que les preuves sont suffisantes pour enclencher le 2e amendement de la Constitution américaine, un procès est lancé devant le Sénat.

Or depuis janvier dernier, les démocrates ont repris la main à la Chambre des représentants, et se feraient donc un malin plaisir à lancer une procédure d' »impeachment » (destitution) contre le président républicain. Seulement, le Sénat reste, lui, républicain. « Il paraît donc difficile, dans de telles conditions, qu’un processus de destitution puisse aboutir, car il est dur d’envisager que les sénateurs, aux deux tiers républicains, fassent le procès de Donald Trump », juge Corentin Sellin.

Pour que la procédure aille à son terme, « il faut deux choses: un crime avéré, et une opportunité politique. Or il n’y a donc dans la situation actuelle pas de crime suffisamment matérialisé, et pas d’opportunité politique ‘idéale' », poursuit le professeur agrégé d’histoire.

En somme, « ce grand déballage, retransmis sur toutes les chaînes de télévision américaines, est indéniablement mauvais pour l’image de Donald Trump et sa campagne de réélection en 2020 ». Mais d’ici là, il n’y a « pas assez (d’éléments tangibles) pour permettre un ‘impeachment' », comme le conclut Jean-Bernard Cadier




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