jeudi , 22 août 2019
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Donald Trump relance la guerre commerciale, les bourses dévissent


Donald Trump remet une pièce dans la machine. Dans l’une de ses habituelles séries de tweets, le président américain a annoncé jeudi qu’il s’apprêtait à étendre des droits de douane supplémentaires à toutes les importations en provenance de Chine.

À compter du 1er septembre, « de petits droits de douane supplémentaires de 10% » seront infligés aux 300 milliards de dollars d’importations chinoises jusque-là épargnées dont, et c’est une première, des produits de consommation. De quoi provoquer une hausse des prix payés par les consommateurs. Washington et Pékin avaient pourtant, la veille, évoqué des discussions « productives » pour tenter de mettre fin à leur guerre commerciale.

L’annonce a fait l’effet d’une bombe sur les marchés. Les principaux indices boursiers à Wall Street, inquiets de l’impact sur l’économie américaine, ont fini dans le rouge. De l’autre côté du Pacifique, à l’ouverture, la Bourse de Tokyo perdait plus de 2%, tandis que Shanghai et Hong Kong cédaient respectivement 1,63% et 2,32%. En Europe, Paris a ouvert en fort recul (-2,34%), de même que Londres (-1,50%) et Francfort (-2,03%). « Je ne suis pas inquiet […]. Je m’y attendais », a rétorqué Donald Trump devant des journalistes.

Menace de représailles

Donald Trump, qui ne cesse de souffler le chaud et le froid depuis le début du conflit commercial, a prévenu qu’il pourrait augmenter encore les tarifs douaniers sur les produits chinois si Pékin n’acceptait pas les exigences américaines – et évoqué la possibilité d’aller « bien au-delà de 25% », soit la totalité des importations chinoises. « Imposer des droits de douane n’est en aucune façon une manière constructive de résoudre les frictions économiques et commerciales », a rapidement réagi le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi.

La Chine a promis vendredi de prendre de « nécessaires mesures de représailles » si le président américain Donald Trump met à exécution sa menace d’étendre ses droits de douane punitifs à l’ensemble des produits chinois importés.
    
Les Etats-Unis ont « gravement enfreint » la trêve conclue en juin entre le locataire de la Maison Blanche et le chef d’Etat chinois Xi Jinping à Osaka lors du sommet du G20, a indiqué le ministère chinois du Commerce dans un communiqué. 

Les négociations avaient pourtant semblé reprendre dans un climat relativement apaisé cette semaine. Pour le président américain, qui affirme que les discussions vont se poursuivre comme prévu « début septembre », la Chine n’a pas tenu deux engagements très importants : les achats massifs de produits agricoles américains et l’arrêt des ventes de fentanyl, un opiacé très puissant qui fait des ravages aux Etats-Unis et dont la Chine est l’un des principaux producteurs. Pékin avait assuré le même jour avoir acheté ces dernières semaines davantage de produits agricoles américains.

Affaiblir le dollar ?

Comment interpréter cette nouvelle poussée de fièvre ? « Malheureusement le président Trump ne suit pas les schémas classiques », commente Michael. Hewson, analyste chez CMC Markets, et son geste d’hier soir, bien que susceptible de mettre le feu aux poudres, « pourrait aussi lui donner le dollar plus faible qu’il cherche clairement ». Et de fait, le dollar baissait ce vendredi après avoir flambé mercredi après les annonces de la Fed.
    
Les nouveaux droits de douane pourraient être un coup rendu à la Fed de la part de Donald Trump, qui estimait que sa politique « n’était pas assez accommodante et ainsi créer de l’incertitude et des tensions supplémentaires qui (la) pousserait à baisser davantage ses taux lors de la prochaine réunion ? », s’est également interrogé Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

« Chine et Etats-Unis sont entrés dans ce qui s’apparente à une guerre de position. Le second pays lance une offensive dans ce cadre. Sera-t-elle efficace ? Sans doute pas. Il faut cependant comprendre que tant Pékin que Washington ont réorienté les politiques économiques dans le sens du soutien à la croissance ; dans le but que l’économie tienne sur la durée, voire permette d’encaisser le choc induit par les initiatives prises en vue à la fois d’affaiblir la partie adverse et de renforcer le positionnement de l’exécutif « à la manœuvre » face à son opinion publique. Faire preuve de fermeté par rapport au « rival stratégique » doit être « payant », politiquement parlant », commente de son côté Hervé Goulletquer , stratégiste à la Banque Postale Asset Management. 




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