mercredi , 20 mars 2019
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Donald Trump va déclarer « l’urgence nationale » pour construire son mur



C’était sa grande promesse de campagne: « Construisez le mur ». Après deux ans à la Maison Blanche, Donald Trump est sur le point d’y parvenir. Le président américain a annoncé jeudi vouloir déclarer « l’urgence nationale » pour construire ce mur à la frontière mexicaine. 

Le président veut « mettre fin à la crise de sécurité nationale et humanitaire à la frontière », a justifié Sarah Sanders, porte-parole de la Maison Blanche. « Une nouvelle fois, le président tient sa promesse de construire le mur, de protéger la frontière et d’assurer la sécurité de notre grand pays ».

Dans le même temps, le milliardaire a accepté de signer un compromis budgétaire obtenu de haute lutte au Congrès, après d’intenses tractations entre républicains et démocrates, pour éviter une paralysie des administrations. Si aucun accord n’était trouvé avant vendredi, minuit, le pays aurait pu faire face à un deuxième « shutdown » en moins de deux mois.

1,4 milliard de dollars

La loi de financement née de ce compromis a été approuvée jeudi à une large majorité au Sénat, contrôlé par les républicains, puis à la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates. Elle n’attend plus que la promulgation du président.

Mais ce texte ne comprend qu’un quart du budget réclamé par Donald Trump pour construire le mur (1,4 milliard de dollars contre 5,7 milliards demandés) et ne mentionne pas le mot « mur », préférant « barrière » ou « clôture ». Tout en signant le texte, Donald Trump déclarera donc l' »urgence nationale ».

Le chef de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell a dit soutenir la décision du président de déclarer l' »urgence nationale ». Mais cette procédure exceptionnelle, autorisant le président des Etats-Unis à contourner le Congrès pour mobiliser des fonds, hérisse de nombreux parlementaires, y compris dans les rangs républicains. 

« Déclarer l’urgence nationale dans ce cas serait une erreur », a réagi la sénatrice républicaine Susan Collins. 

De possibles recours en justice

« Un grave abus de pouvoir », « une tentative désespérée de détourner l’attention du fait que le président n’a pas tenu sa promesse fondamentale que le Mexique payerait pour son mur »: chez les démocrates, l’indignation règne.

« Il n’y a pas d’urgence à la frontière » avec le Mexique, a asséné Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants. « Nous allons passer nos options en revue et nous serons préparés à y répondre de façon appropriée ».

Si un blocage de cette déclaration par le Congrès paraît difficile, compte tenu de l’équilibre des forces, des poursuites judiciaires pourraient être lancées.

« Honte à tout membre du Congrès qui ne s’opposera pas clairement et vigoureusement à cette invocation illégitime » d’une urgence nationale, a tonné la puissante organisation américaine de défense des droits civiques, ACLU.

Une loi votée en 1976, le « National Emergencies Act », autorise le président des Etats-Unis à invoquer une « urgence » nationale pour activer des pouvoirs extraordinaires, qui permettraient à Donald Trump de contourner le Congrès en s’appuyant par exemple sur l’armée pour faire ériger le fameux mur.




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