lundi , 22 juillet 2019
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Du dioxyde de titane retrouvé dans deux tiers des dentifrices

Associated Press

Le dioxyde de titane contient des nanoparticules et est suspecté d’être cancérigène.

SANTÉ – Le dioxyde de titane, controversé car il contient des nanoparticules, est largement présent dans les dentifrices, dénonce ce jeudi 28 mars l’association Agir pour l’environnement, qui demande que ce produit ne soit plus utilisé dans les dentifrices et les médicaments.

L’association a étudié 408 dentifrices dont 59 pour enfants vendus dans les grandes surfaces, pharmacies, parapharmacies et magasins bio.

Il en ressort que “deux tiers des dentifrices (271 dentifrices sur 408) contiennent du dioxyde de titane” “un dentifrice pour enfants sur deux en contient (29 dentifrices sur 59)” et “aucun des 271 dentifrices ne précise sur son emballage si le dioxyde de titane présent est à l’état nanoparticulaire”, selon un communiqué de l’association.

Cette substance contient des nanoparticules – d’une taille inférieure à 100 nanomètres facilitant leur pénétration dans l’organisme – et est suspectée d’être cancérigène, ce qui soulève l’inquiétude depuis plusieurs années des associations de défense des consommateurs et de l’environnement. 

En effet, en janvier 2017 l’INRA (institut national de la recherche agronomique) a réalisé une étude pour savoir si le dioxyde titane est cancérigène lorsqu’il est avalé, en le testant sur des animaux. L’INRA en a conclu que cette substance est à l’origine de stades précoces du cancer colorectal. Toutefois, ces résultats ne peuvent pas être appliqués à l’Homme.

Cependant, lorsqu’il est inhalé, l’ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a classé le dioxyde de titane comme cancérigène avéré.

Une substance présente dans 4000 médicaments

 En mai dernier, la secrétaire d’Etat à la Transition écologique Brune Poirson avait annoncé la suspension de l’utilisation du dioxyde de titane (indiqué sur les étiquettes comme TiO2 ou E171) dans les produits alimentaires d’ici fin 2018 – suspension et non interdiction qui dépend de l’Union européenne.

Mais le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait refusé de signer l’arrêté de suspension, mettant en avant des ”évaluations différentes” sur la dangerosité potentielle du produit. Il aurait ensuite fait machine arrière, selon des associations, et se serait engagé à suspendre cette substance à la mi-avril.

Agir pour l’environnement, qui doit être reçue jeudi après-midi par le cabinet de Bruno Le Maire, demande “l’élargissement de l’arrêté de suspension du dioxyde de titane à tous les produits qui peuvent être totalement ou partiellement ingérés: dentifrices et médicaments (le TiO2 est présent dans les excipients de 4.000 médicaments)”.

L’association réclame aussi “une enquête de la DGCCRF (direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) pour vérifier si l’absence de la mention +nano+ sur l’étiquetage des dentifrices est justifiée, ainsi que des sanctions dissuasives pour les fraudeurs”.

Elle a mis en place un site dédié où vous pouvez découvrir la liste des dentifrices contenant du dioxyde de titane.


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