lundi , 22 juillet 2019
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Enfin publié, le rapport Mueller n’est « pas en mesure » d’exonérer Trump des soupçons d’entrave à la justice


Vingt-deux mois d’enquête, plus de 400 pages et de nombreuses controverses. Le rapport du procureur spécial Robert Mueller, chargé d’enquêter sur les soupçons de collusion entre la Russie et l’équipe de campagne de Donald Trump pendant la présidentielle américaine de 2016, a été rendu public ce jeudi. 

Mis en ligne par le ministère américain de la Justice, il a été expurgé de ses données confidentielles. Alors que le ministre Bill Barr a déclaré quelques instants plus tôt que Donald Trump n’avait pas « coopéré » avec l’ingérence russe et qu’il n’avait pas cherché à entraver l’enquête, le rapport fait état d’autres conclusions pour la deuxième partie. 

« Si nous étions sûrs, après une enquête rigoureuse, que le président n’a clairement pas commis d’entrave à la justice, nous le dirions. Sur la base des faits et des standards légaux applicables, nous ne sommes pas en mesure de prononcer ce jugement », a écrit le procureur Mueller dans son rapport. 

  • Pas d’entrave à la justice car l’entourage de Trump « a refusé d’obéir »

Si Robert Mueller n’a pas été en mesure de constater formellement une entrave à la justice de la part du président Trump, c’est surtout car son entourage a refusé d’exécuter certains de ses ordres, écrit-il dans son rapport publié ce jeudi. 

« Les efforts du président pour influencer l’enquête n’ont généralement pas porté leurs fruits, mais c’est surtout car les personnes autour du président ont refusé d’exécuter ses ordres ou d’accéder à ses requêtes », estime le procureur spécial, qui cite notamment James Comey, Don McGahn ou Corey Lewandowski. 

Robert Mueller estime in fine que ce n’est pas à lui de se prononcer sur une éventuelle entrave à la justice de Donald Trump et laisse cela au Congrès. Il refuse en revanche d’exonérer le président américain et donne dix exemples concrets de ses interférences dans l’enquête. 

  • Trump a cherché à limoger Mueller

Par exemple, le texte révèle que Donald Trump a cherché à limoger l’auteur du rapport. Le 17 juin 2017, le président américain a « ordonné » au chef des services juridiques de la Maison Blanche, Don McGahn, d’accuser Robert Mueller de « conflits d’intérêt » et de demander « sa révocation ». Don McGahn a refusé de s’y plier, écrit le procureur spécial. 

  • L’équipe de campagne savait qu’elle bénéficierait de l’ingérence russe 

Sur l’interférence russe dans la présidentielle américaine, largement étayée par le rapport, le texte établit qu’il y a eu « de nombreux contacts » entre l’équipe du candidat Trump et la Russie, mais pas d’accord formel de coopération.

L’équipe de campagne savait qu’elle bénéficierait des tentatives d’ingérence depuis la Russie – tout comme le gouvernement russe estimait qu’il bénéficierait de l’élection de Trump – mais ne s’est pas engagée dans des actions illégales pour favoriser cette ingérence, souligne le rapport épluché par CNN. 

Néanmoins, des membres de l’entourage de Donald Trump ont rencontré des Russes le 9 juin 2016 dans l’espoir qu’ils « aident » sa campagne. « La campagne s’attendait à recevoir des informations de la Russie qui pourrait aider le candidat Trump dans son entreprise électorale », écrit le procureur spécial Robert Mueller. Mais leurs interlocuteurs russes « n’ont pas fourni de telles informations ».

  • Une citation à comparaître de Trump aurait ralenti l’enquête

Le conseil spécial chargé d’enquêter s’estimait en mesure de citer Donald Trump à comparaître mais a décidé de ne pas le faire de peur que cela ne retarde l’enquête, apprend-t-on également à la lecture du rapport. 

  • Pas de révélation spectaculaire mais pas de « fake news »

Les 400 pages de conclusions de l’enquête de Robert Mueller ne contiennent pas de grande révélation. Toutefois, elles confirment avec toute l’autorité morale d’un ancien chef du FBI, républicain de surcroît, tout ce que les médias ont révélé depuis des mois et que Donald Trump a dénoncé comme « fake news ». 

Le rapport décrit aussi, avec force détails, le mode de fonctionnement d’une Maison Blanche qui a établi le mensonge et la menace comme modes de gouvernement. Si la Justice et le Congrès ne feront probablement rien, les électeurs de 2020 jugeront. 




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