vendredi , 23 août 2019
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Européennes: les conditions drastiques exigées de Hamon pour un prêt bancaire

POLITIQUE – Le financement des campagnes électorales vire encore un peu plus au casse-tête. L’Opinion.fr dresse ce jeudi 28 mars le tableau des partis politiques qui souffrent encore aujourd’hui de ne pas avoir obtenu de prêt bancaire pour pouvoir mener campagne. C’est le cas notamment de l’UDI de Jean-Christophe Lagarde qui a dû raboter son budget pour financer, sur fonds propres, sa course aux européennes.

Marine Le Pen, habituée à ce genre de difficultés, est également dans cette situation. Tout comme le (relativement) nouveau parti Générations qui peine à gagner la confiance des banques et n’a pas réussi à obtenir les 400.000 euros demandés pour mener campagne.

Le Crédit coopératif -l’établissement qui accompagne l’ex-candidat socialiste à la présidentielle depuis la primaire de janvier 2017- est la seule banque à avoir accepté d’ouvrir des discussions. Mais elle a finalement opposé une fin de non-recevoir à la requête du mouvement de gauche, faute de garanties suffisantes. “On est toujours en discussions avec eux pour obtenir un prêt moins important”, précise toutefois le trésorier du mouvement, Bastien Recher, au 4Suisse.  

Hamon refuse d’engager sa responsabilité sur ses biens personnels

Une solution de repli pour la formation de Benoît Hamon qui s’était vu opposer des conditions particulièrement drastiques pour obtenir le prêt initial de 400.000 euros. En guise de garantie, la banque demandait aux cadres de Générations de lui fournir “trois sondages consécutifs qui [nous] placent à plus de 7% d’intentions de vote”, explique Bastien Recher. Problème? La liste soutenue par l’ancien ministre socialiste n’a jamais atteint ce chiffre dans les différents sondages effectués en vue des européennes. 

Son équipe a bien envoyé un dossier contenant son score à la primaire puis à la présidentielle 2017 ainsi que leur meilleur sondage à 5% d’intentions de vote pour ces européennes, sans obtenir de résultat probant. La banque a ainsi refusé d’accorder le prêt demandé à la formation de Benoît Hamon après le choix de l’ancien socialiste de ne pas engager sa responsabilité sur ses biens personnels.

Une situation que dénonce le trésorier du parti, d’autant qu’une formation politique ne doit obtenir que 3% des suffrages pour être remboursée par l’État. “Ce qui se passe, c’est que le secteur bancaire se désengage. Et même une banque qui est censée soutenir les associations a décidé de se mettre de côté”, déplore Bastien Recher auprès du 4Suisse.

“Déséquilibre démocratique” et cercle vicieux

“Les banques s’organisent en spécialiste des sondages”, ajoute-t-il avant de reconnaître que la conjoncture politique héritée de la dernière élection présidentielle n’est pas propice à la sérénité et peut rebuter les établissements bancaires. “Comme il y a eu 2017, l’émergence de la France insoumise et d’Emmanuel Macron, les crashs comme le nôtre ou celui de François Fillon, les incertitudes politiques sont de plus en plus fortes”, estime-t-il. 

Et le responsable de pointer le système global de financement des partis politiques français, calqué en grande partie sur les élections législatives. En résumé, chaque parlementaire rapporte 37.731 euros par an à la famille à laquelle il est rattaché. “Si vous n’êtes pas présent aux législatives, vous l’avez dans l’os”, cingle Bastien Recher dont la formation politique était encore en construction lors des législatives 2017.

De réelles difficultés qui viennent s’ajouter, selon les cadres de la formation, à une sous-représentation médiatique qui peut entretenir un certain cercle vicieux. Peu représentés dans les médias, les candidats du mouvement ne peuvent ainsi se démarquer aux yeux des Français et stagnent dans les sondages. Sondages qui servent désormais de garanties à certains établissements bancaires pour financer les campagnes et donc gagner de la visibilité et… des intentions de vote. De quoi engendrer un “déséquilibre démocratique”, dénonce encore le trésorier du parti. 


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