lundi , 28 septembre 2020
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5 applications pour vous aider à mettre de l’argent de côté sans y penser

Les Français n’ont jamais autant épargné. Confinement oblige, avec les commerces et restaurants fermés, ils ont mis de côté pas moins de 55 milliards d’euros en seulement deux mois. En intégrant les 20 milliards supplémentaires économisés pendant le déconfinement qui a suivi, on atteint un total de « 75 milliards en l’espace de 16 semaines », selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). La Banque de France estime que l’épargne des Français pourrait atteindre les 100 milliards d’euros d’ici à la fin de l’année.

Mais avec la reprise des différentes activités économiques, beaucoup de ménages ont commencé à reprendre leurs dépenses comme avant. Ils ne subissent plus cette « épargne forcée » par le confinement et la crise sanitaire. Reste que la montée du chômage et des incertitudes invitent à rester prudent. Si le gouvernement incite les Français à dépenser leur argent pour relancer l’économie, se constituer un bas de laine semble pour le moins utile.

Pour ceux qui peinent encore à épargner, plusieurs applications existent pour mettre de l’argent de côté, facilement, presque sans s’en rendre compte. Un moyen d’anticiper les coups durs, mais aussi de parvenir à financer de futurs projets. Voici cinq applications en France facilitant l’épargne, disponibles sur Android comme iOS :

Yeeld, une appli pour les jeunes actifs qui se veut ludique

Lancée en mars 2019, l’application Yeeld cible en priorité les jeunes actifs, qui représentent 80% de sa clientèle. Son mode de fonctionnement est simple : elle propose d’arrondir chacun de vos achats à l’euro supérieur, lors de vos dépenses avec votre carte bancaire, pour mettre cette somme de côté sur votre compte Yeeld. « Nous proposons d’autres règles d’épargne automatique, on est beaucoup dans la gamification », précise Nagib Beydoun, le patron de l’entreprise. L’une d’entre elles, celle du « pile ou face », consiste à trouver la réponse à une question — qui sera le gagnant de tel jeu télévisé jeudi soir par exemple — avec une somme mise de côté en cas de mauvaise réponse.

L’argent économisé est stocké sur un compte Yeeld, pour lequel vous possédez un IBAN et une carte physique ou virtuelle pour réaliser des dépenses. Si vous faites des achats sur Amazon, vous disposez de 4% offerts sur le site d’e-commerce, de telle sorte que 100 euros épargnés sur Yeeld permet de bénéficier de 104 euros sur Amazon. Mais l’application reste toutefois payante. Des frais de 2 euros s’appliquent à chaque fois que vous retirez de l’argent de votre compte Yeeld, et ce quel que soit le montant. Il existe sinon deux formules mensuelles offrant diverses fonctionnalités, l’une à 4,99 euros l’autre à 9,99 euros, sans frais supplémentaires pour les retraits.

La startup, qui n’a jamais levé de fonds, revendique déjà 100 000 comptes ouverts chez elle, pour un montant total d’environ 20 millions d’euros épargnés. Elle vise à terme un million d’utilisateurs en France, malgré l’existence de plusieurs acteurs comparables à cette application. « Il y a de la place pour beaucoup de monde, le marché est profond », assure Nagib Beydoun.

Bruno, l’appli qui se voit comme un ‘coach sportif’ de l’épargne pour les petits budgets

Lancée initialement sur Facebook Messenger, en février 2018, l’application Bruno peut être téléchargée sur iOS et Android depuis septembre 2019. Connectée à votre compte courant, elle analyse vos transactions hebdomadaires pour déterminer quel petit montant vous pouvez mettre de côté chaque semaine, grâce à un algorithme sophistiqué. L’argent est ensuite automatiquement transféré sur votre compte Bruno.

L’application doit aider à trouver des poches d’épargne. En revanche, lors des mois difficiles, il peut arriver qu’aucune somme ne soit économisée. Et en cas de dépense imprévue, comme une grosse amende, Bruno peut aller jusqu’à vous proposer de retirer de l’argent de l’appli afin d’éviter un solde négatif à la fin du mois sur votre compte courant. La startup entend favoriser les bonnes pratiques. « On ne fonctionne pas à l’arrondi (comme le font d’autres appli, ndlr). C’est contre-intuitif, ça signifie que plus vous dépensez, plus vous allez épargner », estime Florent Robert, co-fondateur et patron de Bruno.

L’application revient à 3 euros par mois, « sans aucun autre frais ». Elle se voit comme un assistant à vos côtés, « un peu comme un coach sportif », précise Florent Robert. Avec la possibilité de régler des objectifs d’épargne. Ses utilisateurs mettent en moyenne 100 à 150 euros de côté par mois. « On s’adresse plutôt à des gens qui n’ont pas de grands moyens financiers et cherchent par exemple à financer leurs dépenses pour la rentrée ou leurs vacances. »

Les utilisateurs de Bruno sont âgés en moyenne de 28-30 ans, « mais il y a aussi des moins jeunes », ajoute son co-fondateur. L’application revendique un peu plus de 100 000 téléchargements, pour 10 millions d’euros épargnés au total.

Moka, la nouvelle venue qui propose de multiplier les arrondis

L’application Moka a été lancée en juillet 2020 en France. Moka

C’est la nouvelle dans l’univers des applis spécialisées dans l’aide à l’épargne. Mylo, devenue Moka, a débarqué le 20 juillet seulement en France, mais elle existait depuis 2017 au Canada. Comme Yeeld, elle fonctionne notamment à l’arrondi à l’euro supérieur lors des dépenses. Elle propose en plus de mettre en place un multiplicateur d’arrondi, allant jusqu’à huit. Un café à 1,50 euro entraînera par exemple un arrondi à 2 euros. En multipliant par huit les 0,50 centimes mis de côté, vous épargnerez 4 euros au total.

Vous pouvez très bien effectuer en plus des dépôts ponctuels ou récurrents sur l’application. Et vous avez la possibilité de relier votre épargne à des objectifs concrets, à court ou long terme, comme acheter un vélo, partir en voyage ou devenir propriétaire. De plus, une offre d’investissement socialement responsable vers laquelle flécher vos économies doit être lancée dans quelques semaines, annonce Hélène Cazalières, porte-parole de l’application en France. « Moka offre un service client humain dispo 7 jours sur 7 », ajoute-t-elle.

Pour les utilisateurs, l’application est gratuite les 30 premiers jours, puis elle passe à 2,99 euros par mois pour l’ensemble de ses services. Moka cible notamment les jeunes de 18 à 35 ans, quels que soient leurs moyens et leurs connaissances en finance. Au Canada, ses utilisateurs — qui dépassent le demi-million —affichent une moyenne d’âge d’environ 30 ans. L’appli propose dans le pays des offres de cashback (remises) auprès d’e-commerçants partenaires. Ce n’est pas encore le cas en France, où Hélène Cazalières voit la concurrence comme « quelque chose de très positif », montrant qu’il y a un vrai besoin de services pour épargner.

L’Hexagone, où Moka compte déjà quelques milliers d’utilisateurs, permet à la startup de mettre un pied en Europe avant de s’exporter ailleurs sur le continent. « Nous sommes dans une stratégie de masse pour réaliser des économies d’échelle et atteindre plus rapidement la rentabilité », précise la porte-parole.

Cashbee, une appli qui veut rendre votre épargne ‘plus intelligible’

Lancée en septembre 2019, Cashbee est reconnu comme un établissement de paiement, supervisé par la Banque de France. Plutôt que de laisser dormir vos économies sur un compte courant non rémunéré, l’application propose de le connecter sur un autre compte qui lui offre une rémunération de 2% pendant deux mois, puis de 0,6% par mois. Des transferts sont opérés d’un compte à l’autre à « des moments opportuns », précise Marc Tempelman, co-fondateur de la startup. Ils ont lieu lorsque le système informatique de l’appli détecte que le solde de votre compte le permet, au regard vos dépenses.

Cashbee propose ensuite un historique de votre épargne, avec un code couleur : du vert affiché pour les périodes où vous avez réussi à bien économiser, sinon du orange, voire du rouge lorsque vous n’avez pas ou très peu épargné. « Il y a une compréhension de l’importance de l’épargne, mais des difficultés en pratique pour épargner. Notre objectif est de rendre l’épargne plus intelligible et plus intelligente », explique Marc Tempelman.

Cashbee travaille en partenariat avec My Money Bank, auprès de qui votre deuxième compte rémunéré est ouvert et peut accueillir jusqu’à un million d’euros. La banque en ligne rémunère de son côté la startup en échange des encours qu’elle lui apporte. L’application reste elle entièrement gratuite pour les utilisateurs, contrairement à ses concurrentes. Cashbee cible des actifs qui disposent déjà d’une certaine capacité d’épargne, avec une moyenne d’âge s’approchant de la quarantaine.

Elle revendique un peu plus de 13 000 utilisateurs pour 20 millions d’euros économisés au total, avec une nette accélération des sommes épargnées depuis début 2020 et la crise sanitaire. Cashbee ambitionne également de s’exporter ailleurs en Europe et devrait lancer prochainement une solution pour que votre épargne aide à financer l’économie réelle.

Birdycent, la tirelire virtuelle pour financer des petits projets

Lancée dès 2015 et rachetée en mars 2020 par la fintech Treezor, filiale de la Société Générale, Birdycent propose également d’épargner en arrondissant vos transactions quotidiennes à l’euro supérieur. Vous pouvez aussi gonfler les montants mis de côté en appliquant un arrondi directement à la dizaine d’euros supérieure. Le tout est ensuite stocké dans une tirelire virtuelle, correspondant à un projet que vous souhaitez financer. « L’utilisateur pourra, à tout moment, casser sa tirelire pour récupérer son épargne par simple virement bancaire », précise Julien Mortuaire, directeur de la technologie (CTO) et co-fondateur de Birdycent.

« L’application est prévue pour de la ‘petite épargne’, c’est-à-dire de l’épargne de précaution à hauteur d’environ 1000 euros par an », ajoute-t-il. Pour remplir votre tirelire, il est également possible de réaliser des versements libres, jusqu’à 49 euros par jours. Birdycent permet aussi de mettre en place des tirelires partagées, afin d’épargner à plusieurs dessus et de disposer ainsi d’une cagnotte. « Cette fonctionnalité est, par exemple, très appréciée pour financer un budget de vacances en commun », souligne Julien Mortuaire.

L’application est gratuite pour les utilisateurs. Birdycent se rémunère uniquement en vendant ses solutions technologiques aux acteurs de la banque et de l’assurance, pour leur permettre de tester des fonctionnalités d’épargne sur une population d’utilisateurs. L’appli mobile devrait atteindre un total de 25 000 inscrits à la fin septembre 2020, selon Julien Mortuaire.

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