vendredi , 24 janvier 2020
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Avec 86% de croissance prévue en 2020, le Guyana fait rêver le FMI


Tous les regards sont tournés vers le Guyana. Ce petit pays d’Amérique du Sud situé entre le Brésil, le Venezuela et le Surinam pourrait bien observer une croissance de 86% de son PIB en 2020. C’est en tous cas ce sur quoi table le FMI. Une prévision de croissance colossale qui se révèle 14 fois supérieure à celle de la Chine et qui dépasse également largement le PIB de pays pourtant considérés comme on ne peut plus dynamiques. C’est le cas de l’Ethiopie ou du Ghana dont les taux de croissance oscillent entre 7 et 10%.

De fait, si l’instance monétaire se dit si persuadée du potentiel de ce pays de 780.000 habitants, dont le PIB 2019 estimé à 4 milliards de dollars se révèle très modeste, c’est bien parce qu’elle a de sérieuses raisons de penser que la croissance du Guyana va exploser en 2020.

Naturellement attractif

Riche de filons d’or, de diamants et de bauxite, le pays dispose en effet d’importantes ressources naturelles qu’il n’était – faute de technologies et de réseaux routiers dignes de ce nom – jusqu’à présent pas en mesure d’exploiter efficacement. Mais ça, c’était avant…

Dès 2020 – et pas plus tard que la semaine prochaine – le Guyana va accéder au titre de puissance pétrolière. En un an, Exxon Mobil, la plus grosse compagnie pétrolière américaine, y a découvert pas moins de 13 gisements particulièrement prometteurs situés au large des côtes du Guyana, dans le champ pétrolifère « Stabroek ».

Des découvertes qui, pour certaines, remontent même à 2015 et qu’Exxon Mobil compte bien exploiter à partir du mois prochain aux côtés du chinois CNOOC. Grâce à ces gisements, le Guyana pourrait atteindre des sommets et se hisser sur la plus haute marche du podium des pays disposant de la plus grande quantité de pétrole par habitant au monde. A titre d’exemple, l’Arabie saoudite possède actuellement 1.900 barils par personne, contre 3.900 pour le Guyana.

4 à 15 milliards de dollars de PIB d’ici 2024

Parce qu’un heureux présage n’arrive jamais seul, au-delà de remplir les caisses du Guyana, cette nouvelle manne pourrait, en outre, permettre au gouvernement d’ouvrir un fonds souverain qui devrait servir à moderniser les infrastructures et les routes du pays et accélérer, ainsi, la production des autres matières premières.

Selon les projections du FMI, le PIB du Guyana pourrait, d’ici 2024, ainsi passer de 4 à 15 milliards de dollars. De quoi permettre au pays de devenir une mini-puissance sur le marché des matières premières. En somme, d’incarner un véritable îlot de croissance au sein d’une zone sud-américaine contrainte, depuis plusieurs années, de se serrer la ceinture pour pallier la chute des prix de ses matières premières, son économie en berne et ses tensions géopolitiques.

Pour autant et malgré ces heureux présages, le FMI n’en demeure pas moins prudent et n’hésite pas à mettre en garde l’ancienne colonie britannique. Une croissance économique concentrée sur le secteur pétrolier uniquement pouvant, selon l’instance monétaire, se révéler dangereuse à long terme. Notamment parce que cette concentration pourrait complexifier l’exportation d’autres produits, rendre le pays d’autant plus dépendant à l’exportation de l’or noir et affaiblir, in fine, son économie globale.




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