lundi , 6 juillet 2020
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Bernard Arnault s’empare d’un quart du capital de Lagardère


Bernard Arnault renforce un peu plus son emprise sur la presse dans l’Hexagone. Sa holding Groupe Arnault, actionnaire majoritaire du groupe de luxe LVMH, va détenir « environ un quart » du capital de la holding personnelle d’Arnaud Lagardère après une augmentation de capital et des achats de titres, ont annoncé les deux parties lundi 25 ami. « Les familles Arnault et Lagardère sont convenues de se rapprocher (… ). À l’issue d’une augmentation de capital et de l’achat de titres, Groupe Arnault détiendra une participation d’environ un quart du capital » de Lagardère Capital & Management (LC&M), selon un communiqué qui ne précise pas les détails financiers de l’opération.

Le montant de la transaction serait inférieur à 100 millions d’euros, selon Les Echos. LC&M contrôlera la société Arjil Commanditée — Arco, gérant commandité du groupe Lagardère SCA, ainsi que l’actuelle participation de 7,26% d’Arnaud Lagardère dans le groupe d’édition, de distribution et de médias. Le statut atypique du groupe en commandite par actions (SCA), permet à Arnaud Lagardère (associé-commandité) de conserver le contrôle du groupe qui porte son nom avec seulement quelque 7% des parts.

« Ce rapprochement va permettre de renforcer la structure et les capacités financières de LC&M. Les groupes familiaux de MM. Bernard Arnault et Arnaud Lagardère agiront de concert vis-à-vis de Lagardère SCA », précise d’ailleurs le communiqué. L’opération est bien accueillie en Bourse puisque l’action du groupe Lagardère décolle de près de 12% à 13h50 ce lundi.

Une dette de 164 M€

Les comptes de la holding personnelle d’Arnaud Lagardère font l’objet de spéculations diverses depuis l’arrêt de leur publication en 2009. Le fonds d’investissement activiste Amber Capital, aujourd’hui premier actionnaire du groupe Lagardère, avait ainsi obtenu en octobre du tribunal de commerce de Paris la publication des comptes de LC&M.

Il souhaitait notamment vérifier son niveau d’endettement, alors qu’un associé commandité est responsable indéfiniment des dettes de l’entreprise sur ses biens propres, et s’interrogeait sur l’utilisation et la destination des fonds versés par Lagardère à LC&M. La participation d’Arnaud Lagardère dans le groupe Lagardère sert en effet de garantie pour le remboursement des dettes contractées par sa holding.

Arnaud Lagardère n’avait pas obtempéré, mais le groupe Lagardère avait indiqué mi-janvier à l’AFP, confirmant des informations du Point, que LC&M était endetté à hauteur de 164 millions d’euros en 2019, soit une dette inférieure de 22 millions d’euros à la valeur des actions d’Arnaud Lagardère dans le groupe à la même date et divisée par près de trois depuis 2008.

Déjà Vivendi au capital

Arnaud Lagardère a récemment remporté, lors d’une assemblée générale du groupe, le bras de fer qui l’opposait à son premier actionnaire, Amber Capital, qui souhaitait renouveler la quasi-totalité du conseil de surveillance du groupe puis écarter son gérant. Pour déjouer ce projet, il avait dû s’entourer de poids-lourds de la Bourse : le financier Marc Ladreit de Lacharrière, dont la holding Fimalac est cependant restée sous la barre des 5% du capital de Lagardère SCA, et Vincent Bolloré, l’homme fort de Vivendi, groupe de médias et édition qui a acquis plus de 10% de Lagardère.

Auxquels s’ajoute désormais, via la holding LC&M, l’appui de Bernard Arnault. « J’ai reçu favorablement la proposition d’Arnaud Lagardère de nous associer à lui. Mon amitié avec (son père) Jean-Luc Lagardère a lié nos familles et j’ai le plus grand respect pour le groupe qu’il a construit », a commenté ce dernier. Le milliardaire possède déjà les quotidiens Les Echos et Le Parisien via son groupe LVMH.

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