vendredi , 25 septembre 2020
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Carrefour et Monoprix répondent à l’attaque de l’ONG Foodwatch sur les emballages


Un paquet de céréales à moitié plein, un flacon de basilic pas très rempli, un sachet de thé vert à 43% vide… L’organisation non gouvernementale (ONG) Foodwatch, qui milite pour le droit des consommateurs à manger des aliments de qualité et dont la composition est transparente, lance une pétition jeudi 17 septembre pour dénoncer les emballages « démesurés » et « plein de vides » de certains produits commercialisés dans nos supermarchés français. Suite à la sollicitations de consommateurs sur le sujet, l’ONG s’est rendue en magasin pour évaluer le pourcentage de « vide » présent dans une sélection d’articles.

Et elle cible sept produits qui sont pour elle représentatifs du problème : par exemple, des dés de saumon « ronde des mers » vendus par E.Leclerc pour lesquels l’emballage serait à 68% vide, des céréales au quinoa de la marque Barilla avec un paquet à 60% vide, ou encore un taboulé bio de Léa Nature vide aussi à 58%, toujours selon l’association. L’ONG dénonce une « arnaque sur l’étiquette bien répandue dans les rayons des supermarchés » . Si elle concède que le vide peut parfois s’expliquer (protection des aliments, meilleure conservation…), Foodwatch assure que ces sept produits sont « remplis d’un vide inutile » et que le « suremballage » qui en résulte « vise surtout à attirer l’œil en rayons ».

L’ONG dénonce donc à la fois un impact négatif pour l’environnement, mais aussi une astuce marketing : ces emballages induiraient le consommateur en erreur, ce dernier pensant acheter plus de produit qu’il n’y en a vraiment à l’intérieur.

Incriminée par foodwatch, Monoprix rappelle ses engagements

Business Insider France a contacté l’enseigne Monoprix, montrée du doigt par Foodwatch avec l’exemple d’un pot de basilic séché en plastique qui contiendrait 35% de vide, pour avoir sa réaction. La direction de Monoprix explique que ce produit est proposé au sein d’une même gamme comprenant 10 références dont des épices, des mélanges, du poivre et donc une herbe séchée, le basilic. « C’est la seule plante. Aussi, la densité peut être très différente d’une récolte à l’autre (herbes plus ou moins sèches, taille de la coupe), ce qui peut expliquer des variations de remplissage dans le pot. » Mais elle précise : « tout en restant sur un grammage identique ».

La direction de Monoprix précise également être « une enseigne particulièrement engagée dans la réduction du plastique dans ses emballages », avançant le chiffre de 26 tonnes de plastiques économisées en 2019. Comment ? En révisant notamment le packaging de 117 produits vendus sous marque propre Monoprix. Le distributeur travaillerait particulièrement sur la suppression des emballages inutiles : il aurait par exemple supprimé le plastique autour des concombres, ou encore les étuis en carton autour des dentifrices Monoprix.

Le groupe Casino, dont Monoprix fait partie, rappelle également son engagement pour l’environnement en mettant en avec la signature du Pacte national sur les emballages plastiques avec le ministère de la Transition écologique et solidaire. Un de ses objectifs principaux : réduire de 60% les emballages plastiques d’ici 2022.

Carrefour souhaite supprimer 10 000 tonnes d’emballages d’ici 2025

Une autre enseigne de la grande distribution est elle aussi incriminée par l’ONG Foodwatch sur le sujet : Carrefour, avec ses céréales « crunchy » qui contiendraient 50% de vide. Contacté par Business Insider France, le distributeur concède que tout n’est pas encore parfait : « nous avons bien conscience qu’il reste des efforts à faire en travaillant avec nos partenaires fournisseurs de produits Carrefour ».

Plus spécifiquement sur le produit montré du doigt par l’association, les céréales « crunchy au chocolat noir », Carrefour confirme : « nous travaillons actuellement avec le fournisseur pour réduire son emballage, notamment en le rendant plus étroit, tout en faisant en sorte que le produit reste compact et ne s’émiette pas ».

L’enseigne tient également à rappeler ses « très forts engagements sur la réduction des emballages » avec l’objectif de « supprimer 10 000 tonnes d’emballages avant 2025 ». Selon elle, « ce sont 5 000 tonnes d’emballages qui ont d’ores et déjà été supprimés depuis 2018 ».

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