lundi , 13 juillet 2020
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La BCE veut à tout prix éviter que les marchés craignent une explosion de la zone euro


Les craintes de sorties de l’euro des pays les plus lourdement endettés du fait de l’impact du nouveau coronavirus risquent de croître sur les marchés si des mesures pour limiter le fardeau ne sont pas prises, a mis en garde mardi la BCE.

« Si les mesures prises au niveau national ou européen étaient jugées insuffisantes pour préserver la viabilité de la dette (dans certains pays), l’évaluation par le marché du risque de redénomination (soit de sortie de l’euro, NDLR) pourrait encore augmenter », indique un rapport semestriel de l’institution sur la stabilité financière.

Les niveaux d’endettement dans les pays de la zone euro devraient augmenter de manière significative, entre 7 et 22 points de pourcentage environ, en 2020, poussant la proportion de dette publique par rapport au Produit intérieur brut (PIB) de la région de 86% en 2019 à près de 103% en 2020, explique l’institution.

La limite des 60% du PIB largement dépassée

En temps normal, la zone euro vise un niveau maximum de 60% du PIB. Cette règle, figurant dans le Pacte de stabilité européen, a été toutefois suspendue du fait de la pandémie.

Durement touchés après deux mois de confinement mettant leurs économies au ralenti, les pays européens ont dévoilé ces dernières semaines des programmes d’aide se comptant en centaines de milliards d’euros, qui seront pour l’essentiel financés par le recours à l’emprunt.

La BCE ne remet pas en cause ces plans de soutien. Elle reconnaît que sans ces mesures, « le coût économique et l’impact sur le marché (…) aurait probablement été plus sévère ».

Calmer des marchés nerveux

En parallèle, l’institut monétaire a lui aussi massivement mis la main au portefeuille face à la pandémie. Il a décidé d’augmenter ses rachats de dette publique et de lancer un plan d’urgence face à la pandémie, pour un volume de plus de 1.000 milliards d’euros rien qu’en 2020.

Cela a déjà permis « d’empêcher le creusement d’écarts sur les taux » d’intérêt pour la dette publique au sein de la zone euro, entre celui de l’Allemagne, qui fait référence, et ceux des autres pays, comme l’Italie par exemple. 

La BCE se devait de calmer des marchés rendus nerveux face à la forte baisse de l’activité couplée au creusement du déficit budgétaire en Italie et en Espagne notamment. Problème: une contraction économique plus longue que prévu en zone euro ferait que le ratio de la dette publique rapportée au PIB se retrouverait « sur une trajectoire insoutenable dans des pays endettés », prévient l’institution.

Plan de relance de 1.000 milliards

Avec comme corollaire des difficultés pour ces pays de se financer sur le marché « si les investisseurs estiment que la viabilité de (leur) dette publique s’est détériorée » et exigent de ce fait des rendements plus élevés.

Le rapport de la BCE intervient alors que la Commission européenne va proposer mercredi un plan de relance pouvant atteindre 1.000 milliards d’euros pour surmonter la crise engendrée par le coronavirus.

Les négociations s’annoncent toutefois difficiles entre des Européens divisés sur la solidarité financière : Berlin et Paris défendent leur projet visant à éviter l’envol des taux de la dette italienne et espagnole, en protégeant ces pays derrière le bouclier d’un emprunt européen, tandis que quatre pays dont l’Autriche et le Pays-Bas restent hostiles à toute mutualisation de la dette.   




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