vendredi , 11 décembre 2020
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La fusion des réseaux de Société Générale et Crédit du Nord va entraîner la fermeture de 600 agences


Un grand chantier s’ouvre chez la Société Générale. Le groupe bancaire a annoncé lundi 7 décembre vouloir fusionner ses réseaux de détail Société Générale et Crédit du Nord, un projet qui va passer par la fermeture de 600 agences en vue de créer un nouvel ensemble servant 10 millions de clients.

« Avec ce rapprochement et le déploiement de ce nouveau modèle, le groupe entend être plus offensif en matière commerciale en capitalisant sur les forces respectives des deux enseignes sur ses clientèles cœur, en développant pour ses clients une approche plus personnalisée en matière de produits et de services, et en renforçant ses partenariats et ses initiatives commerciales en matière d’épargne et d’assurance », a-t-il fait savoir dans un communiqué.

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Ce nouveau modèle devrait devenir opérationnel au premier semestre 2023. Le groupe précise qu’il entend préserver la même empreinte territoriale tout en réduisant le nombre d’agences grâce à la grande proximité géographique des agences des deux enseignes dans une même ville. Le dispositif passera ainsi d’environ 2 100 agences à fin 2020 à environ 1 500 à fin 2025.

‘Aucun licenciement, aucun départ contraint’

« Nous ne sommes qu’au début du projet. Nous avons toutefois indiqué qu’il n’y aura aucun licenciement, aucun départ contraint », a déclaré Sébastien Proto, directeur général adjoint du groupe, dans un entretien accordé à l’AFP. « Nous avons sur la période qui s’ouvre d’importants départs naturels, notamment les départs à la retraite avec un rythme d’environ 1 500 par an au total dans les deux enseignes. Ces départs naturels vont nous permettre largement de gérer ce projet de rapprochement, tout en continuant à recruter », assure le dirigeant.

Et d’ajouter : « Nous allons augmenter le budget de formation de nos collaborateurs de 40%, nous allons mettre en place une cellule ressources humaines totalement dédiée au projet de rapprochement. »

Le nouvel ensemble « réunira la meilleure combinaison entre l’expertise de l’humain et la force du digital. Grâce à des investissements informatiques concentrés sur un seul système et non plus sur deux, les capacités digitales seront renforcées pour donner la possibilité à nos clients de disposer des réponses à leurs besoins bancaires les plus simples de la manière la plus efficace et la plus rapide », assure Société Générale.

« L’ancrage territorial, la proximité et la réactivité sont des éléments importants pour les clients Crédit du Nord, ils les retrouveront dans notre modèle, mais ils auront plus parce que l’un des éléments de force de Société Générale, c’est une avance dans le domaine numérique, qui demain sera mise à disposition des clients de Crédit du Nord », précise Sébastien Proto.

Des coûts réduits de 450 M€ en 2025

Sur le plan financier, cette fusion conduira à d’importantes réductions de coûts en particulier grâce à l’utilisation d’un système informatique unique d’ici le premier semestre 2023, à l’optimisation du maillage d’agences ainsi qu’au regroupement des fonctions centrales.

Le groupe vise pour l’entité combinée une réduction nette de la base de coûts de plus de 350 millions d’euros en 2024 et d’environ 450 millions en 2025 par rapport à 2019. À l’inverse, il prévoit pour mener à bien le projet une facture estimée entre 700 et 800 millions d’euros, dont l’essentiel sera payé l’an prochain.

En parallèle, il prévoit de poursuivre le développement de sa banque en ligne Boursorama, qui compte plus de deux millions de clients et devra dépasser le cap des quatre millions d’ici 2023 et 4,5 millions en 2025. À la clé, cette filiale prévoit de dégager un bénéfice net autour de 100 millions d’euros en 2024 et d’environ 200 millions en 2025. Une phase accélérée d’acquisition de nouveaux clients occasionnera toutefois une perte cumulée d’environ 230 millions d’euros dans un premier temps.

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