samedi , 29 février 2020
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L’activité industrielle en zone euro subit une forte contraction, qui ne devrait qu’aller en s’accentuant


Les derniers indices laissaient présager une contraction importante de l’activité manufacturière en zone euro. Elle se confirme aujourd’hui avec la publication des enquêtes mensuelles de IHS Markit auprès des directeurs d’achat du secteur dans leurs versions définitives.

L’activité en zone euro a ainsi enregistré en septembre sa contraction la plus marquée depuis près de sept ans, avec un indice PMI qui ressort à 45,7, tout juste au-dessus de l’estimation « flash » publiée en cours de mois, qui le donnait à 45,6, et après 47 en août.

L’indice n’avait jamais été aussi bas depuis octobre 2012. Septembre marque en outre le huitième mois de baisse consécutif.

« La détérioration de la conjoncture s’est accélérée en septembre dans le secteur manufacturier de la zone euro, les dernières données PMI indiquant en effet la plus forte contraction du secteur depuis près de sept ans et annonçant des perspectives de plus en plus inquiétantes pour le quatrième trimestre », a commenté Chris Williamson, chef économiste d’IHS Markit.

Allemagne : indice au plus bas depuis juin 2009

Cette contraction est alimentée par l’amplification des difficultés en Allemagne, pays d’Europe le plus exposé aux effets néfastes de la guerre commerciale sino-américaine. L’indice PMI allemand s’est replié à son plus bas niveau depuis 2009, à 41,7 après 43,5 en août.

« La tendance à la baisse des nouvelles commandes, qui enregistrent leur recul le plus marqué depuis plus de dix ans, est particulièrement préoccupante et continue d’alimenter la réduction de la production, des effectifs et des prix », souligne Phil Smith, économiste d’IHS Markit.

Comme depuis plusieurs mois, la France sauve les meubles.
Certes, l’indice recule à 50,1 (contre 51,1 en août) mais demeure au-dessus de la barre des 50. L’activité est donc encore en expansion mais pour combien de temps encore ? « Après deux brèves reprises de la croissance en juin et août derniers, la production manufacturière française est repartie à la baisse en septembre, s’inscrivant ainsi dans la continuité de la tendance observée depuis douze mois », a expliqué Eliot Kerr, économiste à IHS Markit, cité dans le communiqué. 

« Il est en outre fort probable que le malaise s’accentue dans les mois à venir, comme le suggèrent les nouveaux replis des indicateurs prospectifs (tel que le ratio nouvelles commandes/stocks des achats) ainsi que la détérioration des perspectives d’activité des entreprises. Préoccupés par les guerres commerciales, les signes de ralentissement de la croissance économique mondiale et par les tensions géopolitiques (notamment liées à la montée des incertitudes entourant le Brexit et ses répercussions possibles), les fabricants de la zone euro ont en effet affiché leur plus faible degré de confiance depuis près de sept ans », souligne Chris Williamson.

On notera enfin que le PMI britannique progresse sur un mois, passant de 47,4 à 48,3, faisant mieux que la première estimation à 47,0. Il s’agit de son plus haut en quatre mois, mais ce regain s’explique essentiellement par la nouvelle augmentation des stocks des entreprises à l’approche de la sortie du pays de l’Union européenne, toujours prévue le 31 octobre.




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