lundi , 28 septembre 2020
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Le spécialiste de mode pour enfant Kidiliz (Catimini, Absorba, Z…) placé en redressement judiciaire


Les difficultés continuent de se multiplier dans le secteur de l’habillement en France. Le groupe Kidiliz, spécialisé dans la mode pour enfant, et notamment propriétaire des marques Z ou Catimini, a été placé en redressement judiciaire jeudi 10 septembre, comme annoncé par son PDG Patrick Puy. Arrivé à la tête du groupe cet été, celui qui est dans le même temps président du groupe Vivarte (Caroll, Minelli) et qui vient de piloter le sauvetage partiel de La Halle, y a trouvé une « situation financièrement insupportable ».

Kidiliz, ex-groupe Zannier, compte dix marques de mode enfantine : Absorba, Beckaro, Catimini, Chipie, DIM, G-Star Raw, Kenzo Kids, Paul Smith Junior, 3 pommes, Z. Le groupe emploie à l’heure actuelle 2 600 salariés, dont 1 600 en France. Selon Patrick Puy, il aurait été « géré de façon un peu sous-optimale jusqu’à sa cession » en 2018 au groupe chinois Semir, qui malgré son statut de numéro 2 mondial du secteur n’a depuis « pas fait grand chose pour en améliorer le fonctionnement ». « La Covid est arrivé par dessus ça et a engendré des résultats à prévoir catastrophiques, puisque le chiffre d’affaires va passer cette année à quelque chose comme 260 millions d’euros », a-t-il expliqué, contre près de 400 millions un an plus tôt.

‘Des raisons d’espérer’ pour le groupe Kidiliz

« La restructuration apparaissait finalement assez facile sur le papier, mais nécessitait que l’actionnaire finance une trentaine de millions d’euros, en fonction de quoi aurait été accordé un prêt garanti par l’État d’une cinquantaine de millions d’euros », a-t-il exposé. « Mais l’actionnaire n’a pas voulu mettre ces 30 millions d’euros, de sorte que le plan de restructuration ne peut être financé ».

Malgré tout, « il y a des raisons d’espérer » parce que Kidiliz détient « une vraie position de leader et pourra séduire d’autres acteurs, avec de très belles marques », et « beaucoup de gens s’intéressent à nous, avec une appétence assez rare dans le monde du retail », a encore estimé Patrick Puy, qui précise en outre que l’endettement de l’entreprise reste peu élevé.

Selon lui, les emplois les plus à risques en France sont les 600 emplois chez Z, qui « a manifestement des difficultés à susciter de l’intérêt » auprès d’éventuels repreneurs. En revanche, Patrick Puy a relevé « une évidente appétence pour l’ensemble du groupe, hors Z ». En terme de calendrier, le dirigeant s’attend à une date limite de dépôts d’offre vers la mi-octobre pour une décision du tribunal « fin octobre ou début novembre au plus tard ».

André, La Halle, Camaïeu, Naf Naf aussi en difficultés

Le cas de Kidiliz témoigne une nouvelle fois de la difficulté pour des entreprises déjà fragiles de surmonter le trou d’air causé par l’épidémie de coronavirus, y compris sur des segments porteurs comme la mode pour enfant, plutôt dynamique depuis la sortie du confinement, ou le bio, avec le placement en redressement judiciaire de Bio C’Bon annoncé mardi 8 septembre par l’entreprise.

Les distributeurs textiles, fragilisés par la baisse drastique de la consommation de vêtements et de chaussures neufs depuis plus d’une décennie, font partie des entreprises qui ont payé le plus lourd tribut social à l’épidémie de coronavirus.

En France, le chausseur André a été repris au prix d’une sévère cure d’amaigrissement (licenciement de 188 salariés, maintien de 221 emplois), comme l’enseigne de chaussures et de vêtements La Halle (60% des 5 500 emplois sauvés), ou les enseignes de prêt-à-porter Camaïeu (2 659 emplois sauvés sur 3 100) et Naf Naf (75% des 1 170 emplois sauvés).

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