vendredi , 11 décembre 2020
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L’économie pourrait être bouleversée par ces 3 événements invraisemblables en 2021

L’année 2020 a été pour le moins chaotique. La pandémie de Covid-19 et ses conséquences sur l’économie ont certainement déjoué les pronostics les plus catastrophistes. Après deux vagues de contaminations, des confinements et couvre-feu imposés aux populations, la chute record de l’activité, la multiplication des plans sociaux et des licenciements… qu’est-ce que 2021 nous réserve? Comme il y a un an, Saxo Banque s’est livrée à plusieurs « prévisions choc » pour l’année à venir.

Des événements qui ont peu de chances de devenir réalité — la banque d’investissement estimant à seulement 1% la probabilité qu’ils se produisent — mais qui pourraient avoir de grandes conséquences si c’était le cas. « La pandémie de la Covid-19 et l’élection présidentielle américaine, particulièrement chaotique, ont précipité l’avènement d’un futur jusqu’alors lointain, accélérant pratiquement toutes les super tendances sociales et technologiques sous-jacentes », estime Steen Jakobsen, le directeur des investissements de Saxo Banque. « Pour faire court, les traumatismes de 2020 signifient qu’en 2021, le futur sera déjà là », ajoute-t-il.

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Alors que les Etats s’endettent à des niveaux records pour financer leur soutien à l’économie et leurs plans de relance, l’établissement financier souligne notamment les risques liés au remboursement de la dette.

Voici trois des « scénarios choc » qu’il envisage en 2021 :

La France ne parvient plus à rembourser ses dettes et demande l’aide de l’Allemagne

Paris, capitale de la France. Free-Photos/Pixabay

Pour faire face au plongeon de l’activité provoqué par les mesures de restrictions sanitaires, la France a engagé un plan de relance de 100 milliards d’euros et multiplié les aides et dispositifs comme le chômage partiel à destination des entreprises. Résultat, le pays est l’un des Etats européens qui affichera l’un des plus hauts niveaux d’endettement dans les prochaines années.

La dette publique devrait passer de près de 100% du PIB avant la pandémie à 120% en 2021. Sans parler de la dette privée qui était déjà « en train de s’envoler » avant la crise, « pour atteindre près de 140% du PIB, un chiffre nettement supérieur à celui observé en Italie (106%) et en Espagne (119%) », souligne Saxo Banque.

Dans ces circonstances, l’établissement financier anticipe qu’une vague de faillites pourrait survenir en France en 2021, affectant en premier lieu le secteur tertiaire, comme la restauration et les entreprises liées au tourisme. Les prêts garantis par l’Etat ne joueraient plus leur rôle de garde-fou, les banques ne parviendraient plus à subvenir aux besoins de l’économie. Leur produit net bancaire, équivalent du chiffre d’affaires dans le secteur, chuterait et les provisions pour pertes de crédit augmenteraient brutalement. Les investisseurs se désengageraient alors massivement des groupes bancaires qui s’effondreraient comme jamais en Bourse.

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« Compte tenu du piètre état des finances publiques et du niveau extraordinairement élevé de la dette publique, la France n’a d’autre choix que de venir demander assistance à l’Allemagne, afin de permettre à la Banque centrale européenne (BCE) d’injecter suffisamment de liquidités pour renflouer massivement le système bancaire et éviter un effondrement systémique », prévoit alors Saxo Banque.

« L’idée qui sous-tend derrière est un quantitative easing [assouplissement quantitatif, ndlr] infini », explique Christopher Dembik, directeur de la recherche macro-économique chez Saxo Banque. Autrement dit, l’Allemagne donnerait son accord pour que la BCE soutienne l’économie française en rachetant des titres de dette de l’Etat et des entreprises tricolores de manière illimitée, dans le temps comme au niveau des montants.

L’arrivée d’un vaccin entraîne une vague de faillites aux Etats-Unis

Vaccin contre le Covid-19. fernandozhiminaicela/Pixabay

Les annonces de vaccin contre le Covid-19 constituent des nouvelles rassurantes et positives. Gare toutefois à l’excès d’optimisme. Les plans de soutien et d’urgence des gouvernements ont atteint des montants historiques en 2020, jusqu’à 2 200 milliards de dollars mis sur la table aux Etats-Unis au printemps. Et le nouveau président élu Joe Biden souhaite un nouveau plan d’aides équivalent. Les banques centrales, comme la BCE ou la Réserve fédérale (Fed) outre-Atlantique, ont aussi injecté massivement des liquidités dans l’économie ces derniers mois.

« Avec le recul, il s’avère que l’économie a été stimulée à l’excès pendant la pandémie, et la forte reprise post-vaccin met rapidement l’économie en surchauffe », anticipe Saxo Banque. « L’inflation accélère et le taux de chômage chute tellement vite que la Fed laisse les taux longs augmenter, entraînant dans la foulée une hausse des taux des titres de dette plus risqués », poursuit la banque d’investissement. Résultat, alors que l’économie repartait et les entreprises parvenaient à se financer facilement auprès des banques et des investisseurs, les conditions de financement se trouvent brusquement resserrées.

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« Les taux de défaut des entreprises atteignent leur plus haut niveau depuis des années. Les premières à disparaître sont les entreprises surendettées du secteur de la distribution physique, qui éprouvaient déjà des difficultés avant la pandémie », prévoit Saxo Banque. La Fed commettrait donc une erreur stratégique, en relevant ses taux pour limiter l’inflation des prix et des salaires, provoquant par ricochet une nette hausse des taux d’emprunt bancaires et une vague de faillites historique aux Etats-Unis.

Les difficultés rencontrées par la première économie mondiale ne manqueraient pas d’avoir des répercussions sur les autres pays.

Amazon fait de Chypre un paradis fiscal privatisé, l’UE réagit en conséquence

Chypre. dimitrisvetsikas1969/Pixabay

Les géants de la tech américains sont de plus en plus influents et leurs produits incontournables. « On a vu ces dernières années des multinationales devenir plus puissantes que des Etats », souligne Christopher Dembik. Ces entreprises ne lésinent pas sur le lobbying et adoptent parfois des approches « quasi gouvernementales », estime Saxo Banque. Microsoft a par exemple créé un bureau de représentation des Nations Unies à New York et recruté un diplomate pour traiter des affaires gouvernementales européennes.

Facebook a de son côté mis en place une « Cour suprême » pour examiner notamment les réclamations des utilisateurs. En 2021, Saxo Banque anticipe qu’Amazon pourrait aller jusqu’à dicter à Chypre sa politique fiscale. Dans un contexte de pression croissante sur le mastodonte du e-commerce, accusé de nombreux maux dont l’évitement fiscal, Amazon déménagerait son siège social européen du Luxembourg à Chypre.

« Le pays accueille à bras ouverts le géant de la vente en ligne et les recettes fiscales qui lui permettront de réduire son ratio dette/PIB de près de 100% », prévoit la banque danoise. Chypre saisirait cette opportunité après avoir subi les mesures d’austérité imposées par l’Union européenne (UE) durant la crise de la dette souveraine en 2010-2012. Les conseillers d’Amazon aideraient alors l’île à réécrire son code fiscal pour répliquer celui de l’Irlande, « mais avec un taux d’imposition sur les sociétés et des taxes encore plus faibles, pour le plus grand bonheur des dirigeants et de la population, soumis à la manne financière que cela représente ».

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Face à cette situation, l’Union européenne réagirait sans tarder et forcerait l’entreprise de Jeff Bezos à changer ses pratiques. De plus, cet événement enclencherait un mouvement d’harmonisation fiscale, dicté par l’UE. Des règles communes seraient alors adoptées à Chypre et dans l’ensemble des autres Etats membres. « Dans ce scénario, on assisterait plutôt à une harmonisation à la baisse de la fiscalité », explique Christopher Dembik, sans aller jusqu’au niveau de taxation de l’Irlande, particulièrement bas en Europe.

Les Gafa pourraient globalement subir la volonté des Etats de limiter leurs monopoles en 2021, alors que la pandémie de coronavirus n’a pas entamé leur puissance et qu’ils continuent d’étendre leurs activités.

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