dimanche , 27 septembre 2020
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Les entreprises françaises n’ont jamais distribué aussi peu d’argent aux actionnaires depuis 10 ans


Conséquence de la crise sanitaire et économique, les grandes entreprises ont drastiquement réduit leurs dividendes au deuxième trimestre de l’année 2020. C’est notamment le cas en Europe. Selon le dernier rapport de Janus Henderson, dévoilé lundi 24 août, ils ont chuté de 44,5% en Europe continentale et jusqu’à 54,2% au Royaume-Uni, pays qui a subi le plus fort recul de son produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre en Europe (-20,4%). Mais la France, premier payeur de dividendes sur le Vieux Continent, affiche une baisse plus importante encore.

Les versements aux actionnaires s’y sont effondrés de 65,4%, passant de 38,4 milliards de dollars (32,4 milliards d’euros) au deuxième trimestre 2019 à 13,3 milliards de dollars (11,2 milliards d’euros) d’avril à juin 2020. « Le trimestre s’est avéré particulièrement difficile pour la France, où le montant total des dividendes a atteint son niveau le plus bas depuis au moins une décennie », précise Janus Herderson, qui publie son indice sur les dividendes depuis 2009. « Une partie des revenus versés par les entreprises françaises sera récupérée plus tard en 2020 », ajoute toutefois la société de gestion d’actifs londonienne.

Un tiers de la baisse lié aux banques

Plusieurs entreprises aidées par l’Etat via des plans de soutien ou le chômage partiel, à l’image de Renault ou d’Air France, ont décidé de supprimer leurs dividendes en 2020. D’autres ont fini par céder seulement sous la pression des régulateurs, comme les banques à l’appel de la Banque centrale européenne (BCE). Mais BNP Paribas et le Crédit Agricole se réservent la possibilité de procéder à des distributions aux actionnaires plus tard dans l’année.

« Un tiers de la baisse (des dividendes, ndlr) est lié aux banques françaises mais les sociétés des secteurs de la consommation et de l’industrie ont également été fortement touchées », souligne Janus Henderson. Au total, huit sociétés françaises sur dix ont réduit ou annulé leurs dividendes, précise le gérant de fonds. Au sein du CAC 40, seules sept entreprises ont maintenu leurs dividendes, sans en diminuer le montant. Certaines comme le laboratoire pharmaceutique Sanofi, qui pâtissent peu voire profitent financièrement de la crise sanitaire, ont même décidé de relever leurs versements.

« Les dividendes du secteur de la santé et des communications ont augmenté au cours du deuxième trimestre », relève ainsi Janus Henderson au niveau mondial.

Chute jusqu’à 23% au niveau mondial en 2020

En Europe, outre la France et le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie et la Suède accusent une très forte baisse des versements aux actionnaires, tandis que les dividendes ont peu diminué en Allemagne et sont restés stables en Suisse par rapport au deuxième trimestre 2019.

Outre-Atlantique, les dividendes ont même progressé de 4,1% au Canada, pays moins touché que d’autres par la pandémie de Covid-19. Ils ressortent quasiment stables aux Etats-Unis. « Les prévisions pour l’Amérique du Nord au quatrième trimestre, lorsque les paiements sont annoncés pour les quatre prochains trimestres, restent la plus grande zone d’incertitudes », pointe toutefois l’étude.

Janus Henderson parle déjà de la « pire année pour les dividendes mondiaux depuis la crise financière mondiale ». La société de gestion anticipe une chute jusqu’à 23% des paiements versés en 2020, après un plongeon de 22% enregistré au deuxième trimestre.

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