mardi , 22 octobre 2019
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L’Europe reste le premier exportateur agroalimentaire mondial


L’Europe, une nouvelle fois, ne cède pas sa place. En 2018, l’Union européenne conserve sa position de premier exportateur mondial de produits agroalimentaires, écoulant près de 140 milliards d’euros de marchandises dans le monde. Les Etats-Unis restent sur la deuxième marche du podium, devant le Brésil, confirme le rapport annuel de la Commission européenne publié cette semaine. Le secteur agroalimentaire, qui affiche un excédent commercial de 22 milliards d’euros, représente aujourd’hui 7% de la valeur total des biens exporté par l’UE.

« Nos efforts ont porté leurs fruits », assure Phil Hogan, commissaire européen à l’Agriculture et au développement rural, qui évoque la multiplication des accords commerciaux signés, ou sur le point de l’être, par Bruxelles. Japon, Singapour, Mexique, Corée du Sud, Vietnam, Canada, Mercosur: les Européens accumulent les traités de libre-échange pour gagner de nouvelles parts de marché – et parmi ceux-ci, l’agriculture en est souvent l’un des points les plus attendus. Des négociations sont en cours avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Chili, et pourraient reprendre avec la Malaisie.

Boissons alcoolisées au sommet

L’UE, importatrice nette jusqu’en 2009, est passée de l’autre côté de la barrière l’année suivante. Et depuis, dans la dernière décennie, « son excédent dans le commerce agroalimentaire a été multiplié par huit », assure la Commission européenne, qui note 880 millions supplémentaires ajoutés à cet excédent en 2018. C’est notamment la diversification, par rapport à des géants agricoles comme le Brésil, qui caractérise ses exportations: l’Europe expédie hors de ses frontières des produits primaires (34% des exportations), le blé par exemple, mais surtout des produits finis directement consommables (56%). Le solde est constitué de produits en partie transformés.

Ce sont les boissons alcoolisées qui s’accaparent les meilleures places: les vins et le vermouth trônent au sommet, les spiritueux et les liqueurs à leurs pieds, dont les Américains sont friands. Vins et spiritueux représentent, cumulés, près de 20% des exportations européennes à eux seuls. À la troisième place viennent les aliments pour nourrissons: l’Europe a vendu 7,5 milliards d’euros d’aliments infantiles dans le monde en 2018. Pour ces trois catégories de produits, « les cinq principales destinations absorbent plus de 50% des exportations » européennes, précise le rapport de Bruxelles.

Quatre marchandises sur dix sont en effet vendues aux Etats-Unis, en Chine, en Suisse, au Japon ou en Russie. Les Etats-Unis ne perdent pas leur statut de premier partenaire commercial de l’Europe, soit 22 milliards d’euros d’exportations en 2018, le double de la Chine (11,1 milliards d’euros). Il faudrait néanmoins y ajouter Hong Kong (3,7 milliards d’euros), porte d’entrée de la Chine continentale. « Les exportations à destination de la Chine ont augmenté de façon spectaculaire depuis 2007, faisant de la Chine la deuxième destination d’exportation depuis 2015 », observe-t-on dans le rapport annuel.

Deuxième fournisseur de la Chine

L’UE est aujourd’hui le deuxième fournisseur de la Chine (12,6% des importations chinoises), devant les Etats-Unis (11,7%), dont les exportations se sont écroulées de 39% d’une année à l’autre dans un contexte de guerre commerciale. La Chine consomme, en grande quantité, une gamme précise des produits européens: outre les aliments infantiles, la viande de porc et les abats représentent près de 20% des exportations européennes vers la Chine. Cette dernière, par ailleurs, est de plus en plus demandeuse de vin (+25% d’une année à l’autre).

La Suisse, à qui l’Europe a envoyé 8,6 milliards d’euros de produits agroalimentaires l’année dernière, est son troisième marché, devant le Japon et la Russie (6,6 milliards chacun). À noter de très fortes hausses dans certains marchés secondaires en 2018, comme l’Algérie (+9,8%) ou l’Ukraine (+13,8%). « Dans le cas de l’Ukraine, les taux de croissance élevés des exportations au cours des dernières années indiquent que l’accord de libre-échange UE-Ukraine a réussi à stimuler les échanges bilatéraux », se félicite la Commission européenne.




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