mercredi , 20 novembre 2019
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Pour entrer à la Commission européenne, Thierry Breton a bien cédé la totalité de ses actions


Le candidat français à la Commission européenne, Thierry Breton, a cédé toutes ses parts dans Atos, qu’il a dirigé pendant 11 ans, et dans son ex filiale Worldline afin d’éviter les risques de conflits d’intérêt. C’est ce qui ressort de sa déclaration d’intérêts au Parlement européen, dont l’AFP a obtenu copie.
    
Thierry Breton, qui n’est plus PDG d’Atos depuis le 1er novembre, « ne détient plus aucune action, dans aucune société », est-il précisé dans ce document destiné aux élus chargés de valider sa candidature.
    
Selon la documentation disponible auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF), il disposait de 579.705 actions Atos (40 millions d’euros bruts au cours actuel) et 104.734 actions de l’ancienne filiale Worldline (environ 5,7 millions d’euros bruts). D’après son entourage, il sera taxé « à hauteur de 62% » sur ces cessions.
    
« Le produit de ces liquidations a été affecté à des produits d’épargne en mandat de gestion exclusif, afin d’exclure tout risque de conflit d’intérêt », est-il précisé dans la déclaration d’intérêts.

Un très vaste portefeuille

L’ancien ministre de l’Economie (2005-2007), en passe de devenir le premier grand patron promu commissaire européen, renoncerait par ailleurs, si sa nomination était confirmée, aux actions gratuites dont il aurait pu bénéficier en 2020 et 2022 grâce aux performances de son ancienne entreprise.
    
Il annonce enfin qu’il compte se récuser « automatiquement de toute décision de gestion financière, contractuelle ou assimilée qui concernerait directement Atos ou l’une de ses entités ».
  
Désigné par Emmanuel Macron pour siéger dans l’exécutif européen à compter du 1er décembre, Thierry Breton brigue un très vaste portefeuille comprenant la politique industrielle, le marché intérieur, le numérique, la défense et l’espace.

Ce portefeuille comprend notamment l’intelligence artificielle, les supercalculateurs ou encore la cybersécurité, autant de sujets en lien direct avec Atos.
    
La semaine prochaine, les eurodéputés analyseront d’abord sa déclaration d’intérêt, avant de l’auditionner si cette première étape est franchie.

Thierry Breton, franco-sénégalais

Prenant les devants, Thierry Breton a déjà annoncé avoir quitté les mandats qu’il exerçait au sein des conseils d’administration de Worldline, Carrefour, de l’opérateur téléphonique sénégalais Sonatel et d’une filiale française de Bank of America.
    
Il précise aussi n’avoir jamais présidé un « Comité des sages » dont la vocation aurait été d’assurer, via une fondation, la pérennité du groupe de luxe LVMH « en cas de décès accidentel » de son président Bernard Arnault, dont il est proche. « Cette structure n’ayant jamais été constituée, ces informations (de presse, ndlr) sont donc nulles et non avenues », est-il précisé.
    
Thierry Breton, qui assure par ailleurs dans sa déclaration s’être vu « conférer la nationalité sénégalaise » en 2015, a engrangé près de 26 millions d’euros bruts de rémunération comme PDG d’Atos, qui s’ajoutent aux quelque 28 millions d’euros bruts d’actions Atos et Worldine cédées depuis 5 ans, selon les documents de l’AMF. Il gagnerait 20.000 euros mensuels nets en tant que commissaire.




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