samedi , 19 octobre 2019
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Pour Mario Draghi, le risque d’une récession « a augmenté » pour la zone euro


Pessimisme à Francfort? La Banque centrale européenne (BCE) a dévoilé jeudi des prévisions en berne pour l’économie de zone euro. Un diagnostic justifiant à ses yeux le lancement d’un nouveau paquet de mesures anti-crise. La BCE s’attend à une « faiblesse de plus longue durée » de l’économie en zone euro, a expliqué à la presse son président Mario Draghi.

L’union monétaire souffre de la « faiblesse continue du commerce international dans un environnement d’incertitudes mondiales prolongées », qui affecte particulièrement « le secteur manufacturier », a-t-il détaillé. Le patron de la BCE a dit juger la probabilité de récession « faible », mais prévenu qu’elle avait « augmenté ».

Ces perspectives se reflètent dans les nouvelles prévisions de croissance également annoncées jeudi. L’institution mise désormais sur une hausse du Produit intérieur brut (PIB) de 1,1% cette année (contre 1,2% prévu auparavant) et de 1,2% l’an prochain (contre 1,4% jusqu’ici). Pour 2021, elle continue à miser sur une croissance de 1,4%.

Mesures de relance

Côté inflation, elle a abaissé ses prévisions sur les trois prochaines années, s’éloignant de l’objectif « proche mais inférieur à 2% » qu’elle a en ligne de mire. Elle s’attend à voir les prix progresser respectivement de 1,2%, 1,0% et 1,5%, contre respectivement 1,3%, 1,4% et 1,6% lors de ses précédentes prévisions de juin.

Pour rectifier le tir, l’institution a annoncé une série de mesures de relance, marquée par la réactivation de son programme controversé d’achat de dettes publiques et privées. Elle a aussi annoncé l’abaissement du taux de dépôt frappant les liquidités excédentaires des banques, déjà négatif depuis 2014, pour le porter de -0,40% à -0,50%.

Mario Draghi a appelé les gouvernements dotés de marges budgétaires à « agir de manière efficace et rapide » face à la dégradation de la conjoncture en zone euro. Cette formule semble adressée à l’Allemagne, première économie de la zone euro, qui a entamé cette semaine l’examen de son budget 2020 et accumule les excédents des comptes publics depuis 2014.

Réformes structurelles

« Il y a eu unanimité » au sein du conseil des gouverneurs « sur le fait que la politique budgétaire devrait être le principal instrument » de soutien à l’économie, a insisté le président de la BCE. Par ailleurs, il a réitéré son souhait que les Etats de la zone euro poursuivent leurs réformes structurelles, comme il le martèle depuis des années, une phrase qui vise cette fois plutôt les pays du Sud.

La coordination de la politique monétaire avec celle des Etats est depuis des années un enjeu en zone euro, tant les analystes craignent que la BCE ait épuisé ses cartouches en descendant ses taux à leur plancher historique et en rachetant massivement de la dette. Ce chantier est l’un des principaux laissés à la directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, qui lui succédera en octobre.




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