samedi , 20 avril 2019
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Gilets jaunes: la douche glacée

Gilets jaunes: la douche glacée

Comme une douche glacée.

Après l’illusion lyrique, le constat tragique.

Les gauches politiques toutes tendances confondues, ont soutenu, souvent sans recul, le mouvement des « gilets jaunes ».

Les médias de gauche, les trois premières semaines, ont été sur la même ligne.

Or, à l’arrivée, le verdict est terrible. En cas d’élections, l’extrême droite (Le Pen, Dupont-Aignan, Philippot) atteindrait près de 34%, droite musclée et extrême droite friseraient les 45%, tandis que la gauche devrait se contenter de 28% au grand maximum (France Insoumise chutant à 9%) et les « centristes » de 21% (le PS, qui s’est déshonoré, ne passerait peut-être pas la barre des 5%).

Cela signifie qu’en cas d’élections législatives au scrutin majoritaire, les désistements du deuxième tour et les abstentions à l’extrême gauche aidant, droite Wauquiez et extrême droite pourraient obtenir plus de 60% des sièges avec un énorme contingent lepéniste, le Rassemblement national (ex-FN) étant, grâce à l’affaiblissement des LR, donc maître du jeu. Et, qu’en cas d’élection présidentielle, la victoire d’une Marion Maréchal-Le Pen, par exemple, face à Emmanuel Macron, ne serait pas exclue.

Notons qu’une telle majorité absolue extrême droite – droite dure, bien que non majoritaire en voix, mettrait de nouveau la France dans la rue un an plus tard. Rebelote!

Conclusion évidente: la seule façon d’éviter le pire serait d’instituer un scrutin de type proportionnel.

Alors un gouvernement de coalition, hors des extrêmes, s’imposerait.

On s’est trompé sur la nature composite, à la fois authentiquement populaire et ambiguë, du mouvement « gilets jaunes », c’est-à-dire sur l’incidence concrète d’une colère profonde, portant de nombreuses revendications légitimes, mais charriant des tombereaux de haines suspectes contradictoires. Refusera-t-on d’en regarder en face les conséquences?

Ajoutons cet autre constat: l’une des causes de la crise actuelle c’est qu’un mouvement, qui ne recueillit au départ que 25% des suffrages, a raflé 70% des sièges à l’Assemblée nationale et qu’il tombe, depuis, au-dessous de 20%. Peut-on gouverner encore plus de trois ans dans de telles conditions? A terme, on ne résoudra donc pas la crise sans dissoudre. Mais à condition, pour éviter la catastrophe, d’établir d’urgence un scrutin proportionnel avec la reconnaissance du vote blanc.





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