mardi , 18 juin 2019
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Gilets jaunes: moins de 6000 manifestants en France à la mi-journée de l’acte XVI

POLITIQUE – Les gilets jaunes manifestent samedi 2 mars de nouveau en France pour un acte 16 présenté comme un prélude à un « gros mois » de mobilisation afin de marquer la fin du grand débat national et les quatre mois de ce mouvement social inédit. Mais à 14 heures, le ministère de l’Intérieur ne comptabilisait que 5600 manifestants dans toute la France, dont 1320 à Paris, soit deux fois moins que pour l’acte XV. La semaine dernière à la même heure, 11.600 personnes dont 4000 dans la capitale, avaient été récensées.

À Paris, quelques milliers de « gilets jaunes », dont les figures Éric Drouet et Maxime Nicolle, défilent dans le calme depuis la mi-journée sur un parcours de 12 km placé sous haute surveillance policière. Selon la préfecture de police, neuf personnes avaient été interpellées en début d’après-midi.

Le cortège, très disloqué, est pour la première fois encadré par des gilets jaunes faisant la sécurité à moto, porteurs d’un brassard jaune. Une centaine de manifestants ont brièvement insulté des invités du défilé de Vivienne Westwood à l’occasion de la Fashion Week, avant de rejoindre le cortège. « On est moins nombreux que d’habitude mais on est là quand même et c’est l’essentiel, on ne lâchera pas parce que la situation ne va pas s’améliorer on en est sûr », juge Murielle, retraitée de Seine-et-Marne.

Des gilets jaunes manifestent aussi aux quatre coins du pays, à Nice, Strasbourg, Lille ou Nantes, où des échauffourées ont éclaté peu après le départ de la manifestation régionale. Ils sont plusieurs milliers à Bordeaux et Toulouse, deux places fortes de la contestation.

Dans la rue à Toulouse pour le seizième samedi consécutif et avec « toujours la même motivation », Pierre Rivière, artisan, assure que la mobilisation « ne faiblira pas avant la fin du grand débat ». A Bordeaux, où la gare a été brièvement envahie, des manifestants ont accroché une banderole proclamant « 16 mars, l’Aquitaine envahit Paris ultimatum saison 2 ».

Focus sur la fin du grand débat

Le 16 mars coïncide avec la fin du grand débat national lancé le 15 janvier par Emmanuel Macron, qui avait estimé vendredi que le mouvement n’était « plus compréhensible par bon nombre de citoyens ». Cette date marque aussi les quatre mois de la fronde.

La consultation nationale sans précédent, de deux mois, pour tenter de répondre à la colère en recueillant les doléances des Français, a suscité 10.000 réunions en France et plus d’un million de contributions sur internet. Elle est qualifiée de « mascarade » et de « campagne de communication » par de nombreux gilets jaunes. « Leur grand débat c’est de l’enfumage pour fadas », estime Marco, 27 ans, manifestant à Alès. « C’est la seizième sommation à un pouvoir qui ne veut rien entendre et reste aux services des puissants, des banques et des multinationales qui tuent nos territoires », estime le jeune homme.

« La fin du grand débat sera la fin du grand enfumage, on continuera de se battre car ce mouvement va changer la face du quinquennat de Macron et de la France durablement », affirme Alexandre Chantry à Lille, où quelques Belges ont joint le cortège.

Plusieurs figures des « gilets jaunes » prévoient une forte reprise de la mobilisation les prochains samedis. « On a un très grand 16 mars qui arrive, plus organisé que jamais, plus motivé que jamais avec beaucoup de régions, beaucoup de pays qui vont monter sur Paris », avait lancé Eric Drouet, dans une vidéo postée vendredi. « Vous allez avoir un mois de mars où vous allez pas beaucoup dormir », a-t-il ajouté en s’adressant au Président.

A Colmar, des manifestants ont habillé la réplique de la statue de la Liberté d’un long gilet jaune. « Macron tu sors », proclame une pancarte à proximité.


Première apparition

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