lundi , 19 août 2019
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J’ai décidé d’être heureuse malgré mon endométriose

Après avoir frénétiquement regardé les émissions de Marie Kondo sur Netflix, j’ai passé en revue mon dressing en me demandant si chacun des vêtements me « mettait en joie ».

La réalité, c’est que, depuis que je suis malade, j’ai dû renoncer à ma garde-robe en faveur de leggings confortables. L’avantage, c’est qu’ils se plient bien mieux en rectangles KonMari qu’une veste Prada: il y a réellement un côté positif à tout.

Fin 2017, on m’a diagnostiqué une endométriose et une adénomyose: ce sont des affections de l’utérus et des zones environnantes qui provoquent gonflements et douleurs. Bizarrement, ce diagnostic m’est apparu comme une bénédiction. La douleur invalidante que j’éprouvais depuis plus d’un an n’était pas psychologique. Et puis un diagnostic, c’était quelque chose à quoi je pouvais m’attaquer, au même titre qu’un projet d’écriture ou une rénovation. J’ai décidé que, malgré ma maladie chronique, j’allais apprendre à me confectionner une vie pleine de joie. Voici ce que j’ai découvert jusqu’ici.

Se concentrer sur le positif

Dès l’annonce du diagnostic, j’ai cherché les côtés positifs. Bon, en fait, pas du tout. J’ai commencé par m’apitoyer sur mon sort. Ensuite, j’ai fiévreusement exploré Google et parcouru les ouvrages médicaux dans l’espoir de trouver un traitement. Enfin, j’ai compris que j’allais être coincée avec ce truc un bon moment et que je ferais mieux d’y trouver des avantages.

Le fait d’avoir déjà des enfants m’a épargné l’inquiétude liée au risque de stérilité qui accompagne ce diagnostic. Ayant subi l’année précédente une opération de l’œil qui s’était mal passée, j’étais habituée à fonctionner dans des conditions médiocres. Je suis âgée, donc pas si loin de la ménopause, qui est souvent un remède. Comme ils avaient de plus réussi à retirer une bonne part de l’endométriose lors de l’opération effectuée pour le diagnostic, il y avait de grandes chances que la douleur s’en trouve atténuée. Mon chirurgien avait bon espoir que la progestérone m’aide également. J’avais donc beaucoup de chance par rapport à d’autres femmes dans ma situation, et j’ai essayé de me concentrer là-dessus.

Se réjouir de ce que l’on arrive à faire

J’ai passé l’année dernière à ressasser ce que je ne pouvais pas faire, alors qu’il y a plein de choses que je peux faire. Pendant les six semaines qu’a duré ma convalescence après l’opération, j’ai lu, écrit et regardé des milliards de comédies romantiques. Comme je savais que je serais physiquement diminuée pendant les Fêtes, j’avais effectué tous mes préparatifs à l’avance et j’ai passé un moment beaucoup moins stressant et plus joyeux que les années précédentes. Pour me remonter le moral, j’ai dressé une liste de tout ce que je ferais une fois que je serais rétablie: aller dans une galerie d’art, assister à un ballet et déjeuner ou prendre un café avec une amie. Il y avait en fait plein de choses que je pouvais faire.

Garder le cap dans la tempête

Le pire, dans une maladie chronique, c’est ce sentiment d’impuissance. Un an de projets annulés plus tard, j’ai eu l’impression que je n’irais jamais mieux. Il fallait absolument que je reprenne le contrôle. J’ai découvert qu’un grand nombre de blogueuses et d’instagrammeuses avaient trouvé dans les régimes le moyen de soulager leur souffrance. Renoncer aux produits laitiers, au gluten, à l’alcool, à la caféine, au sucre et à la viande rouge n’est pas simple, mais j’ai eu le sentiment d’exercer un certain contrôle sur ce que je ressentais. En plus, j’ai découvert les bienfaits des lattes décaféinés au lait d’avoine, totalement tendance.

Adopter la spontanéité

Difficile de se projeter quand on ne sait pas comment on va être d’un jour à l’autre. J’hésitais à acheter des billets de concert ou à prévoir un voyage, ce qui était jusqu’alors une source de joie pour moi. Ceux qui m’entourent savent désormais qu’ils peuvent m’appeler à tout moment s’ils ont envie de compagnie ou besoin de remplacer quelqu’un qui leur a fait faux bond. Je suis incapable de savoir si je pourrai honorer un déjeuner dans trois semaines, mais dans dix minutes je suis partante. Moi qui n’ai jamais été spontanée, je commence à en voir les avantages.

Avancer à petits pas

On semble aujourd’hui ne plus jurer que par le pouvoir guérisseur de l’exercice physique, qui a justement été la principale source de mes douleurs. Exécuter le hundred au pilates quand on est au mieux de sa forme, ce n’est déjà pas la joie, mais avec le ventre en feu, c’est carrément insoutenable. Aujourd’hui, je suis contente quand j’arrive à faire une promenade ou des étirements en sachant que je finirai par retrouver ma forme.

Être ouvert à la nouveauté

Bien que l’on s’interroge encore sur un grand nombre de médecines non traditionnelles, beaucoup de gens ne doutent pas de leurs effets. Depuis que j’ai guéri mon rhume en passant une heure dans une grotte de sel, j’y crois. Les huiles essentielles et cristaux que j’ai testés dans le cadre d’une prise en charge personnelle de la douleur et de la fatigue m’ont réussi. J’ai l’intention d’essayer cette année de nouvelles méthodes de soins alternatives comme les ventouses, le reiki et les bols chantants (après avoir consulté mon médecin, bien sûr). À défaut d’autre chose, ça va m’occuper et me distraire.

Se concentrer sur l’âme

Ce n’est pas ce que j’espérais, mais cette maladie s’avère étrangement libératrice. On apprend vraiment à se réjouir des petites choses, et ce que l’on considérait comme acquis devient source de joie. J’ai enfin pu faire un peu de ski après avoir laissé passer quelques saisons et j’ai pris autant de plaisir à descendre des pistes vertes que des pistes olympiques autrefois. Aujourd’hui, l’une de mes occupations favorites consiste à passer du temps avec ma famille, et à regarder la télé. Il ne s’agit plus d’avoir de quoi de se vanter, mais de profiter (et, il faut le reconnaître, les leggings sont bien plus confortables que tout ce que l’on voit dans Vogue). Si une maladie chronique n’est pas tendre pour l’ego, elle est étrangement bénéfique pour l’âme. Cette année, c’est là-dessus que je vais me concentrer.

Ce blog, publié sur le 4Suisse canadien, a été traduit par Catherine Biros pour Fast ForWord.


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