vendredi , 23 août 2019
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Jeff Koons bat le record de l’œuvre vendue le plus cher par un artiste vivant

TIMOTHY A. CLARY via Getty Images

C’est un des célèbres lapins métalliques de Jeff Koons qui a battu le record avec une vente pour 91,1 million d’euros. 

ART – Une sculpture du plasticien américain Jeff Koons a été vendue mercredi 15 mai pour 91,1 millions de dollars lors d’enchères organisées par la maison Christie’s à New York. Il s’agit record pour un artiste vivant.

Le “Rabbit”, qui représente un moulage en acier d’un lapin gonflable, a battu d’un souffle le tableau “Portrait of an Artist (Pool with Two Figures)” du peintre britannique David Hockney, qui avait atteint 90,3 millions de dollars mi-novembre, déjà chez Christie’s à New York.

La sculpture star de la vente de printemps de Christie’s a été adjugée 80 millions de dollars, soit le même prix au marteau que la toile de Hockney, mais a battu le record en ajoutant commission et frais, avec un prix final de 91,075 millions de dollars. Fait rare pour une oeuvre de ce prix, ce lapin, qui fait partie d’une série de trois effectuée par Jeff Koons en 1986, a été adjugé à une personne se trouvant dans la salle.

La sculpture “la plus importante de la seconde moitié du XXe siècle”

Christie’s n’a rien voulu dévoiler de l’identité de cet acheteur mystère, mais a indiqué que des collectionneurs du monde entier s’étaient positionnés sur l’oeuvre au cours de la vente. Le plasticien de 64 ans a ainsi récupéré le record qu’il détenait avant d’être brièvement détrôné par David Hockney. Le record de son “Balloon Dog (Orange)”, vendu 58,4 millions de dollars en 2013, avait tenu cinq ans.

Le “Rabbit” est l’une des oeuvres les plus connues de l’artiste qui a bousculé les conventions du monde des arts. Haut de 104 cm, il est issu de la collection de S.I. Newhouse, ancien patron du groupe de presse Condé Nast (décédé en 2017), qui comprend les magazines Vanity Fair, Vogue et The New Yorker.

Pour Alex Rotter, président de l’après-guerre et de l’art contemporain chez Christie’s à New York, “Rabbit” est “la pièce la plus importante de Jeff Koons”, avait-il expliqué lors de la présentation des enchères. “J’irais même plus loin, c’est la sculpture la plus importante de la seconde moitié du XXe siècle”, avait-il ajouté. “C’est la fin de la sculpture. C’est l’anti-David, comme je l’appelle”, disait-il, en référence au chef d’oeuvre de Michel-Ange (1501-04). Pour Alexander Rotter, “vous ne pouvez pas aller plus loin du David tout en restant figuratif et dans la sculpture traditionnelle”.

Du commerce, du sexe et des controverses

C’est un nouveau triomphe pour le plasticien controversé, qui a suscité des conversations sans fin, depuis son émergence durant les années 80, sur la valeur artistique et marchande d’une oeuvre. Commercial hors pair, il a régulièrement soulevé des controverses, notamment avec ses tableaux et sculpture dans lesquels il copulait avec l’ancienne star italienne du cinéma la Cicciolina, qu’il épousera en 1991 (avant de divorcer en 1994).

Il a néanmoins déjà trouvé sa place dans les musées. En 2014, le Whitney Museum de New York et le Centre Pompidou à Paris lui avaient consacré une grande rétrospective, qui avait voyagé des États-Unis vers la France. “Vous pouvez penser de Koons ce que vous voulez, ceci était sa plus belle oeuvre”, a commenté, après la vente, Alexander Rotter.

La vente de mercredi chez Christie’s a été soutenue, avec un record à 88,8 millions de dollars pour le tableau “Buffalo II” (1964) du peintre américain Robert Rauschenberg (décédé en 2008), considéré comme l’un des précurseurs du pop art. Autre temps fort, les 32 millions de dollars atteint par “Spider”, l’araignée géante (3 m de haut, 7 de large) de Louise Bourgeois (décédée en 2010), un record pour l’artiste franco-américaine.

“Avant cette semaine, il y avait des questions sur la vitalité du marché de l’art”, a expliqué le PDG de Christie’s, Guillaume Cerruti, après la vente. “Mais nous savions que notre offre était fantastique.” Les grandes ventes de printemps se poursuivent ce jeudi 16 mai avec une soirée dédiée à l’art contemporain chez Sotheby’s.


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