samedi , 20 avril 2019
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Joachim Son-Forget écope d’un avertissement et se lâche sur LREM

Joachim Son-Forget écope d

POLITIQUE – Depuis son dérapage sexiste du Réveillon visant la sénatrice Esther Benbassa, plus rien ne semble pouvoir interrompre la logorrhée de tweets, d’émoticônes et d’interviews du député LREM Joachim Son-Forget. Pas même les remontrances de son propre parti politique qui, après la désapprobation exprimée par son président de groupe Gilles Le Gendre, a décidé d’infliger au parlementaire un avertissement de conduite en bonne et due forme.

Une « lettre d’avertissement […], en cours de rédaction, va être adressée par le bureau exécutif » de La République En Marche à Joachim Son-Forget, a annoncé ce jeudi à l’AFP le délégué général du mouvement macroniste, Stanislas Guerini. Un acte disciplinaire censé ramener à la raison celui qui, il y a encore un mois, était justement candidat contre lui pour prendre la direction de LREM.

Pas sûr toutefois que les admonestations de ses pairs suffisent à lui faire entendre raison. « Je ne suis pas du tout allé trop loin… J’insiste et j’enfonce même le clou. […] Je n’ai pas de chef et je n’en aurai jamais », assumait-il encore ce jeudi 27 décembre sur RMC. « Je n’ai pas d’ordre à recevoir, d’aucun tribunal moral ou inquisiteur, ou de quelques collègues qui aujourd’hui me honnissent et demain viendront, mielleux, me demander quelque chose dont ils auront besoin », répondait-il la veille à ses détracteurs dans Le Parisien.

Depuis plus de 48 heures, Joachim Son-Forget, qui avait déjà fait parler de lui pour sa défense hasardeuse des propos homophobes du forain Marcel Campion ou ses injures visant le président américain Donald Trump, n’a de cesse de revendiquer ses attaques visant la sénatrice Esther Benbassa, justifiant la teneur de ses propos par une application déroutante de principes inspirés par la « psychologie évolutionniste » et la « psychologie cognitive », le tout afin de démontrer l’absurdité des comportements sur les réseaux sociaux.

« A l’Assemblée, ils sont tous président de quelque chose. Beurk… »

Tweetant en français, en anglais ou en arménien, répondant à toutes les sollicitations, le député des Français résidant en Suisse et au Liechtenstein n’épargne ni son parti ni le monde politique. « Certains de mes collègues [sont] aujourd’hui plus prompts à se draper dans leur morale et leur indignation fictive pour me nuire, qu’à défendre le président quand cela tangue », se désole-t-il dans un très long entretien publié par le site Causeur.

Son président de groupe, Gilles Le Gendre, en prend également pour son grade, accusé de participer à « une escalade et une polarisation de façades d’indignation vertueuse […] qui résulte le plus souvent en une immoralité et un cynisme des protagonistes, en lieu et place de la vertu qu’ils prétendent défendre ».

Sommé de se taire par ses collègues du parti majoritaire, qui se seraient bien passés de cette énième polémique au moment où la crise des gilets jaunes retombe à peine, l’élu conspue leur « hypocrisie dégoulinante » en piétinant les totems de la start-up nation. « Moi je jette mon gant à la tête du manager, et du CEO si je le veux, je n’aime pas les patrons, sauf ceux qui s’imposent naturellement par leur charisme et leur générosité. A l’Assemblée, ils sont tous président de quelque chose. Les types s’appellent monsieur le président, monsieur le député. Beurk… »

Visiblement décidé à ne rien lâcher, Joachim Son-Forget semble même prêt à quitter le navire LREM: « Si le groupe parlementaire décide qu’il faut abattre les gens comme moi, qu’il le fasse, j’irai voir ailleurs et je serai encore plus libre, mais après je comprendrai à ma façon pourquoi le président dit parfois qu’il n’est pas aidé ». Une conclusion qui, pour une fois, mettra tout le monde d’accord.





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