lundi , 24 juin 2019
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La France face à une pénurie de cortisone


Solupred, Cortancyl, Celestene, Kenacort… Ces corticoïdes, traitements à base de cortisone, sont depuis plusieurs semaines rares voire absents dans les pharmacies, et ce sous toutes leurs formes (oraux, infiltrations). Selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les fabricants ont pris du retard dans leur production. Le Laboratoire BMS retirera par exemple le Kénacort 40 mg et 80 mg du commerce dès le 31 juillet 2019, alors que le laboratoire MSD ne pourra redistribuer son Disprostene avant juillet, ou le début de l’année 2020.

Face à la situation, le Syndicat national des médecins rhumatologues (SNMR) alerte ce jeudi 23 mai sur cette pénurie. Dans le même temps, une pétition lancée par les patients et leurs familles a été adressée mercredi à la Ministre de la Santé Agnès Buzyn, pour avertir de besoins qui deviennent de plus en plus urgents. La cortisone est le traitement de base pour de nombreux patients touchés par des maladies inflammatoires, des asthmes sévères, la sclérose en plaques, des problèmes rénaux ou articulaires.

Une dizaine de pharmacies pour trouver son traitement

L’ANSM avait pourtant tenté d’anticiper la pénurie. Le 14 mai, elle assurait après une rencontre avec les fabricants que ceux-ci réapprovisionneraient la France en puisant dans les stocks des pays voisins, non touchés par ces étales vides. Mais la rupture de stock se poursuit, et elle concerne tous les corticoïdes. Si bien que lorsqu’un médicament n’est plus disponible, les patients se reportent tous sur un autre. « Certains patients sont obligés de faire dix pharmacies pour trouver leurs comprimés », se désole le Pr Francis Berenbaum, chef du service de rhumatologie de l’Hôpital Saint-Antoine à Paris interrogé par Franceinfo.

Selon les industriels, l’origine des difficultés d’approvisionnement est principalement liée à des retards pris dans la fabrication des traitements. Le Pr Berenbaum avance quant à lui d’autres raisons : « Les corticoïdes, ce sont des médicaments qui ne coûtent rien : les laboratoires qui les commercialisent n’ont pas un grand intérêt à investir pour qu’il y ait un suivi et un réapprovisionnement rapide de ces spécialités », estime-t-il.

Pour le moment, l’ANSM demande aux médecins de limiter l’utilisation de cortisone aux situations où elles sont médicalement indispensables, et où il n’existe pas d’alternatives. « La cortisone est le traitement de base de l’ensemble des médecins, ça touche des centaines de milliers de patients. C’est donc aberrant de nous demander de réduire nos prescriptions, s’insurge le rhumatologue. Nous, on attend que la cortisone revienne en pharmacie ». De son côté, l’agence assure que la situation devraient revenir prochainement à la normale.

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