jeudi , 22 août 2019
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La maladie de Parkinson pourrait-elle être déclenchée par une infection intestinale ?

Une nouvelle étude publiée par des scientifiques montréalais révèle qu’une infection intestinale peut entraîner une pathologie semblable à la maladie de Parkinson chez des souris dépourvues de gènes liés à la maladie humaine.


© iStock

La maladie de Parkinson est causée par la mort progressive des neurones dopaminergiques, un sous-ensemble de neurones cérébraux. Cette perte de neurones est à l’origine des symptômes moteurs typiques observés chez les patients concernés, notamment les tremblements et la rigidité. Il s’agit de la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente en France après la maladie d’Alzheimer selon le ministère de la Santé, et de la deuxième cause de handicap moteur chez l’adulte. Ce dernier estime qu’environ 200 0000 personnes sont touchées en France et affirme par ailleurs que des facteurs génétiques et environnementaux interagissent entre eux pour augmenter le risque de développer la maladie.

Une nouvelle étude montre qu’une infection intestinale peut mener à une pathologie semblable à la maladie de Parkinson chez la souris, un animal dépourvu de l’un des gènes liés à la maladie chez l’homme. Cette découverte est évoquée à la suite de récents travaux du même groupe de chercheurs suggérant que la maladie comporte une composante immunitaire importante, ouvrant la porte à de nouvelles stratégies thérapeutiques. Ces derniers sont partis du constat que la communauté scientifique ignore toujours ce qui cause la mort des neurones dopaminergiques dont la fonction est de fabriquer et de libérer la dopamine, le neurotransmetteur indispensable au contrôle des mouvements.

Pourquoi les neurones dopaminergiques meurent-ils ?

« La plupart des modèles actuels de maladie de Parkinson sont fondés sur la croyance que les neurones meurent en raison d’une accumulation interne d’éléments toxiques. Mais cela n’explique pas que la maladie se déclenche chez les patients plusieurs années avant l’apparition de symptômes moteurs et toute perte perceptible de neurones », explique Louis-Éric Trudeau de l’université de Montréal. L’étude propose une explication pour ce phénomène, à commencer par le fait qu’environ 10% des cas de maladie de Parkinson sont attribuables à des mutations génétiques affectant des protéines telles que PINK1 et Parkin qui sont associées aux mitochondries (organite produisant l’énergie des cellules).

Les patients présentant ces mutations développent donc plus précocement la maladie. Cependant, « ces mutations ne produisent pas de symptômes chez la souris, ce qui mène les chercheurs à déduire qu’elle pourrait ne pas être un animal idéal pour modéliser la maladie de Parkinson », expliquent les scientifiques. Mais il se trouve que les souris de laboratoire sont maintenues dans des installations exemptes de germes, alors que les humains sont exposés à des microorganismes infectieux. Ainsi, l’équipe a démontré qu’une infection intestinale chez de jeunes souris dépourvues de l’un des gènes liés à la maladie était suffisante pour déclencher des symptômes moteurs à l’âge adulte.

Le système immunitaire joue un rôle primordial

Par ailleurs, ces symptômes disparaissaient temporairement lors de l’administration de lévodopa, un médicament prescrit pour traiter les patients atteints de la maladie de Parkinson, ce qui permet d’établir un lien direct avec la maladie. Chez des souris normales, le système immunitaire a bien répondu à l’infection intestinale mais chez les souris qui présentaient le gène PINK1 associé à la maladie de Parkinson, dites « mutantes », il s’est attaqué à des cellules saines de l’organisme (réaction auto-immune). « Cela suggère que les neurones dopaminergiques ne meurent donc pas en raison d’une accumulation de toxines, mais seraient plutôt détruits par le système immunitaire », ajoutent les chercheurs.

En regardant de plus près les cerveaux de ces souris mutantes, les analyses ont montré que celles-ci présentaient des lymphocytes T toxiques qui peuvent attaquer les neurones sains lorsque cultivés dans des boîtes de Pétri. « Ces résultats suggèrent fortement que certaines formes de la maladie de Parkinson sont auto-immunes et susceptibles de prendre source dans l’intestin plusieurs années avant les premiers symptômes moteurs perceptibles. Cela propose l’existence d’une période propice au traitement préventif », concluent les scientifiques. Actuellement, il n’existe pas de traitement capable de guérir de la maladie de Parkinson : ceux disponibles retardent son évolution et soulagent les symptômes.

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