lundi , 24 juin 2019
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la politique de Bolsonaro menace les droits de l’Homme, alerte Amnesty International


Dans un  rapport publié ce mardi, Amnesty International affirme que le président d’extrême droite, Jair Bolsonaro, a pris lors de ses cinq premiers mois passés à la tête du Brésil des mesures menaçant les droits de l’Homme.

« Nous avons observé avec attention son gouvernement et malheureusement, nos inquiétudes commencent à être justifiées: il a pris des mesures qui menacent le droit à la vie, à la santé, à la liberté et à la terre », affirme la directrice d’Amnesty au Brésil, Jurema Werneck, citée dans le rapport.

« Malheureusement, le discours contraire aux droits de l’Homme est en train de se transformer en politique officielle », a-t-elle insisté en conférence de presse.

Hausse possible des homicides à venir

Pour l’ONG, deux décrets qui assouplissent les critères d’attribution de permis de détention ou de port d’armes « peuvent contribuer à l’augmentation du nombre d’homicides » dans un pays qui est déjà l’un des plus violents au monde, avec près de 64.000 personnes tuées en 2017. D’autant plus que le taux d’homicide frôle déjà les 31 pour 100.000, trois fois supérieur au seuil de violence endémique défini par l’ONU.

Amnesty critique également le projet de loi anti-criminalité soumis au Congrès par le ministre de la Justice et de la Sécurité publique Sergio Moro, qui, selon Jurema Werneck, « rend légitime une politique sécuritaire basée sur l’usage de la force létale ».

Une de ces mesures élargit notamment la notion de légitime défense pour les policiers. Si cette loi était votée, les agents des forces de l’ordre pourraient ne pas être poursuivis s’ils font l’usage de leur arme en raison « de la peur, de la surprise ou d’une émotion violente ».

Des « populations vulnérables en danger »

Autre sujet d’inquiétude de l’ONG: les droits des indigènes. Elle insiste sur le fait que « de nombreuses communautés ancestrales dont les territoires n’ont pas encore été reconnus sont en danger ».

« Nous demandons au gouvernement de remplir son devoir de protéger ces populations vulnérables », a affirmé Jurema Werneck. Amnesty rappelle qu’une des premières décisions du gouvernement Bolsonaro avait été d’octroyer la responsabilité de la délimitation des terres réservées aux indigènes au ministère de l’Agriculture, ce qui reviendrait pour ses détracteurs à livrer ces territoires à l’agro-négoce. Cette décision prise sous forme de décret à effet immédiat doit encore être approuvée par le Congrès pour être adoptée définitivement.

Le rapport fait aussi part d’une préoccupation face à des mesures visant à limiter l’autonomie des ONG, attribuant notamment au ministère du Secrétariat au gouvernement la mission de « superviser et coordonner les actions » de ces organisations non-gouvernementales.




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