lundi , 19 août 2019
Accueil » Santé et Remise en forme » Lariam (méfloquine) : indications, effets secondaires

Lariam (méfloquine) : indications, effets secondaires

Depuis que le chanteur Stromae a accusé le Lariam (méfloquine) de lui avoir provoqué de graves effets secondaires, ce médicament fait polémique. S’il reste un traitement préventif efficace contre une maladie potentiellement mortelle, le paludisme, sa prescription doit être le plus possible limitée.


© iStock

Le paludisme (ou malaria) est une maladie grave, due à un parasite transmis par les piqûres de moustiques. C’est pourquoi un traitement prophylactique est fortement recommandé avant de partir en voyage dans les zones les plus touchées. Certains pays sont concernés sur l’ensemble de leur territoire, d’autres dans certaines régions seulement ou à des périodes précises. Avant de partir, il faut demander conseil à son médecin.

Plusieurs médicaments prophylactiques existent. Ce sont principalement : la méfloquine (Lariam), la doxycycline (Doxypalu) et l’association atovaquone-proguanil (Malarone et génériques).

Disponibles seulement sur ordonnance, ces produits sont prescrits selon le patient, la durée de son séjour et des résistances aux médicaments des parasites présents dans chaque pays. Le Lariam, comme les autres, constituent une protection efficace. Cependant, en raison de ses graves effets indésirables, dont a été notamment victime le chanteur Stromae, il ne doit être envisagé qu’en dernière intention, si le bénéfice est jugé supérieur au risque par le médecin.

Il protège d’une maladie potentiellement mortelle

Chaque année, le paludisme touché plusieurs milliers de personnes en métropole, et une dizaine de décès ont enregistrés. On parle de cas “d’importation” car il s’agit de voyageurs de retour d’une zone endémique, essentiellement l’Afrique subsaharienne. « Pratiquement tous les patients concernés n’avaient pas pris de prophylaxie ou alors ils avaient commencé le traitement et l’avaient interrompu », explique le Pr Sandrine Houzé. Souvent, le risque de contracter le paludisme est sous-estimé.

Il faut quand même se protéger des moustiques

Les traitements prophylactiques sont efficaces en prévention du paludisme mais pas à 100 %.


icon-quotes

« Le médicament n’évite pas l’infection, mais l’expression clinique de la maladie. Il bloque la multiplication du parasite dans le sang », rappelle le Pr Olivier Bouchots, président de la Société de médecine des voyages.

De plus, la prophylaxie antipaludique ne protège pas des autres maladies transmises par les moustiques, telles la dengue ou le Zika. Les mesures de protection antimoustiques restent donc indispensables.

Ses effets secondaires sont mieux connus

Malgré ses effets indésirables (nausées, troubles cardiaques, maux de tête…), le Lariam peut être prescrit aux enfants et aux femmes enceintes.

« À dose préventive, ses effets secondaires sont équivalents aux autres médicaments. Il y a un petit surrisque d’effets secondaires graves mais il est très limité », dit le Pr Bouchots. Selon le Pr Houzé, « les plus préoccupants sont les effets secondaires psychiatriques. Cauchemars et insomnies sont indiqués “très fréquents”, anxiété et dépression “fréquents” ».

A savoir : une réévaluation du profil de sécurité de la méfloquine conduite au niveau européen a conclu en 2017 que son rapport bénéfice/risque n’était pas modifié.

Le Lariam est contre-indiqué chez certaines personnes

  • « Le Lariam est contre-indiqué chez les personnes qui ont des antécédents de maladies cardiaques, neurologiques et psychiatriques : convulsions, dépression grave, schizophrénie, psychose, névrose… », détaille le Pr Bouchots.
  • Le Lariam n’est pas conseillé aux sportifs qui envisagent de pratiquer la plongée ou l’alpinisme lors de leur séjour.

Ces personnes doivent recourir aux autres molécules disponibles.

Il faut le prendre avant, pendant et après le voyage

Pour être efficace, un traitement prophylactique doit être pris avant, pendant et après le séjour dans une zone à risque de paludisme. Le Lariam se prend en comprimé une fois par semaine, à jour fixe. Il est recommandé de commencer au moins dix jours avant le départ, de façon à surveiller l’apparition d’éventuels effets secondaires. Ensuite, on continue au rythme d’un comprimé hebdomadaire pendant le séjour et jusqu’à trois semaines après le retour en France.

Le Lariam n’est pas remboursé par la Sécurité sociale

Le Lariam, comme les autres traitements prophylactiques, n’est pas pris en charge par l’Assurance-maladie, sauf pour les résidents guyanais qui sont amenés à se déplacer en forêt amazonienne. Une boîte de 8 comprimés coûte environ 30 €, correspondant à deux mois de traitement. Parmi les traitements antipaludiques, la doxycycline reste le moins cher.

Un collectif réclame son interdiction

Alertée depuis plusieurs années par des patients qui se plaignent d’effets secondaires après avoir pris du Lariam, l’Association nationale de défense des intérêts des victimes d’accidents de médicaments (Aaavam) a lancé une action pour obtenir le retrait du Lariam dans les pharmacies françaises.

À lire aussi


Première apparition

A lire aussi: