dimanche , 25 août 2019
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Le binge drinking modifie le cerveau


Boire beaucoup en un minimum de temps pour atteindre l’ivresse. Le binge drinking, ce comportement adopté par nombre d’adolescents en soirée, est néfaste pour le foie, pour la santé osseuse, comme l’ont déjà démontré des travaux. La santé mentale serait aussi mise en danger par cette consommation excessive d’alcool. Des chercheurs de l’université de l’Illinois aux Etats-Unis montrent que cette pratique suivie à l’adolescence peut altérer durablement le cerveau. Elle serait associée plus tard à un risque accru de troubles mentaux et à des problèmes d’alcool.

Le phénomène est décrit dans la revue Translational Psychiatry. Le binge drinking à l’adolescence entraînerait des changements épigénétiques (changements d’activités des gènes sans modifier les gènes eux-mêmes) qui modifient l’expression d’une protéine essentielle à la formation et au maintien de connexions neurales dans l’amygdale (partie du cerveau impliquée dans les émotions, la peur et l’anxiété).

Les modifications épigénétiques sont impliquées dans le développement normal du cerveau, mais elles peuvent être influencées par des facteurs environnementaux, voire sociaux, tels que l’alcool et le stress, rappelle Science daily. Ces types d’altérations épigénétiques ont été associés à des changements de comportement et à des maladies.

L’étude s’est basée sur l’analyse de tissus cérébraux humains post-mortem. Les échantillons analysés par les chercheurs provenaient du cerveau de 11 consommateurs excessifs d’alcool avant l’âge de 21 ans, considérés comme des buveurs précoces. 11 personnes étaient des buveurs tardifs, qui avaient commencé à boire sérieusement après l’âge de 21 ans; et 22 personnes sans antécédents de trouble lié à la consommation d’alcool. L’âge moyen du décès des personnes était de 58 ans pour les personnes ne présentant pas de trouble lié à l’alcool; 55 ans pour les buveurs précoces; et 59 pour buveur tardif.

Les amygdales du groupe des consommateurs d’alcool précoces a présenté moins de BDNF, une protéine en cause dans la croissance cérébrale et cruciale pour la formation normale et le maintien des synapses dans tout le cerveau. Ces changements n’ont pas été observés dans l’amygdale des consommateurs d’alcool tardifs (qui ont commencé à boire après 21 ans).

Le cerveau impacté même au repos

"Le BDNF est nécessaire au développement normal du cerveau et à la formation de connexions entre neurones", a expliqué Subhash Pandey, professeur de psychiatrie et directeur du Centre de recherche en alcool de l’épigénétique de l’université de l’Illinois à Chicago. "Si les niveaux sont abaissés en raison de l’exposition à l’alcool, le cerveau ne se développera pas normalement".

Ce n’est pas la première fois que l’impact du binge drinking sur le cerveau est pointé du doigt. En 2017, des chercheurs de l’université de Minho au Portugal ont suggéré que ce comportement altérait chez les adolescents la structure des cerveaux même au repos (sans être concentré sur une tâche).

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