vendredi , 23 août 2019
Accueil » Santé et Remise en forme » Le bisphénol S serait plus dangereux que le bisphénol A

Le bisphénol S serait plus dangereux que le bisphénol A

Dans une étude scientifique menée sur le porcelet, des chercheurs toulousains affirment que le bisphénol S est plus dangereux que le bisphénol A, qu’il a remplacé du fait de son effet perturbateur endocrinien.


© istock

Ce n’était sans doute qu’une question de temps. Depuis que le bisphénol A (BPA) a été interdit en 2015 dans tous les contenants alimentaires, et souvent remplacé par son proche cousin le bisphénol S (BPS), des voix s’élevaient pour alerter sur la ressemblance chimique entre ces deux substances, utilisées dans les contenants alimentaires en plastique ou encore dans les tickets de caisse.

Une étude scientifique toulousaine publiée mercredi 17 juillet dans la revue Environmental Health Perspectives, et menée par l’école nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) en collaboration avec l’INRA, semble confirmer ces craintes. Elle suggère en effet que le bisphénol S serait au final bien plus dangereux que le BPA.

Les recherches menées par l’équipe chez le porcelet montrent que la quantité de BPS ingérée qui accède à la circulation sanguine générale est environ 100 fois supérieure à celle du BPA”, indique l’INRA dans un communiqué. “La biodisponibilité orale (soit la proportion d’une substance qui atteint la circulation sanguine sous forme inchangée, ndlr) du BPS qui en résulte (57%) très supérieure à celle du BPA (0.50%), associée à sa plus lente élimination de la circulation sanguine (environ 3.5 fois inférieure) ,conduit à des concentrations de BPS dans le sang environ 250 fois supérieures à celles du BPA”, déplore encore l’Institut national de la recherche agronomique.

Etant donné les ressemblances des fonctions gastro-intestinales du porc et de l’homme, ces résultats suggèrent, selon les auteurs, que le remplacement du BPA par le BPS pourrait “conduire à augmenter l’exposition de l’homme à un composé hormonalement actif”. Car comme le bisphénol A, le bisphénol S serait en effet un perturbateur endocrinien : il aurait une activité oestrogénique, comparable à celle des oestrogènes, hormones sexuelles qui interviennent dans plusieurs systèmes du corps humain.

Utilisé dans certains plastiques rigides et résines, le bisphénol A a été classé par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) sur la liste des “substances extrêmement préoccupantes” en juin 2017. Interdit en France dès 2011 dans les biberons et dès 2015 dans les autres contenants alimentaires, il a très vite été remplacé par les industriels par le bisphénol S, notamment du fait de sa ressemblance avec le BPA et de l’absence d’études préoccupantes à son sujet.

Sources : France 3 ; communiqué INRA

À lire aussi


Première apparition

A lire aussi: